NUNI NEEN La Culture est notre arme de construction massive


NUNI NEEN La Culture est notre arme de construction massive
Le problème
- Alibeta, Artiste Pluridisciplinaire • La culture est notre arme de construction massive !
"Une parole qui rassemble ,
Des ancêtres aux compagnons ,
De notre génération d’humains , à celles d’après !
Une parole pour résister ,
Debout , face aux vents de la dépossession et de l’oubli ...
Une voix parmi d’autres… un chant de luttes, des polyphonies sérères ,
Une parole pour manifester, faire advenir le meilleur des possibles,
Un appel aux miens et aux autres, à tous ces bâtisseurs d’utopies actives.
Un appel à nous Unir autour de l’Essentiel, Ensemble malgré nos divergences,
pour accomplir notre mission, notre ultime responsabilité face à l’Afrique et au Monde !
Au cœur de cet appel, le pouvoir de nos Cultures et de nos Arts, pour bâtir une union porteuse et constructive et faire face aux défis de notre temps. Au détour de plusieurs questions tissées dans une série de rencontres et de discussions , avec des hommes et des femmes, bâtisseurs et alchimistes artistes de tout genre et de tout âge. Témoins et acteurs de cette génération de transition, qui inspirent et donnent force à beaucoup d’entres nous. Tous ensemble nous tentons d’articuler un chant commun, à différentes voix, avec l’ultime intention de nous motiver, de nous nourrir, de nous éclairer, de nous donner l’énergie de faire-ensemble, pour bâtir nos propres pyramides dont les fondations sont ancrées dans nos imaginaires, pour enfin surgir et prendre forme dans notre réel ! Car cela est nécessaire, à la hauteur de notre contribution à l’œuvre humaine.
Un appel aux gardiens des bois sacrés, détenteurs des secrets de l’énergie suprême,
Aux poètes et artisans des peuples Libres, pour ré-enchanter le Monde.
Aux bâtisseurs de pyramides, la force vitale manifestée et canalisée,
Aux envoyés de demain, racines du Futur, héritiers des temps présents
Il est encore temps pour nous de nous libérer de l’illusion de l’individualisme, nourri par un système capitaliste consumériste, celui de la compétition au nom de « l’avoir plus » … qui place l’homme dans une posture égotique et autocentrée. Ce système qui divise, isole, délie le corps social pour mieux affaiblir et contrôler, en niant le besoin de l’ÊTRE de se relier à soi, à l’autre et à l’ultime vivant
De nos jours, l’Afrique est à la mode, elle fascine autant qu’elle est devenu « sexy », le continent de l’avenir et tout le monde y projette sa réussite, la nouvelle terre à conquérir et à exploiter, pour toujours faire du profit. L’Afrique, une épice dans toutes les sauces ? De quelles Afriques parlons-nous ?
Pendant ce temps, quel est le projet qui réunit ces enfants d’ici et d’ailleurs ?
Comment faire-ensemble pour mener à bien ce vieux projet de construction d’autonomie,
et proposer au Monde un nouveau projet civilisationnel ?
Cette jeunesse qui en constitue la force vive, est-elle assez consciente des enjeux actuels ?
L’enjeu ultime de se réunir autour de l’essentiel ? L’un des défis de notre génération.
Comment se libérer de ce système capitaliste qui nous consomme, pour proposer un système de vie beaucoup plus fort car beaucoup plus juste et soucieux des équilibres de tout ordre ?
Car au cœur de ce projet qui est commun à l’humanité, l’apport de l’Afrique est toujours d’actualité,
toujours aussi important et crucial.
Et pour cela, il nous faut savoir faire ensemble, pouvoir nous unir autour d’un projet commun d’émancipation et de construction, poser un acte qui nous ressemble et nous rassemble !
N’est ce pas un acte de décolonisation ? Dépasser nos propres intérêts individuels, et nous mettre au service du tout, de tous, de ce qui nous dépasse et nous unit. Ce qui fait de nous une communauté de destin, un même destin pour toute l’Afrique. Pour apporter notre part, renouveler nos outils civilisationnels vers une véritable montée en humanité. Cela passe bien sûr par nous repenser nous même, pour arriver à vivre et incarner cela dans nos actes quotidiens, dans nos différents territoires de vie.
Agir pour transformer notre réel. Repenser nos relations à nous, aux autres et à l’univers entier !
Œuvrer pour faire corps, relié à notre âme et à notre esprit .
La culture comme cordon ombilical, notre ultime « arme de construction massive » !
Au commencement est la culture, car au commencement est la parole,
notre être au monde est façonné par elle , elle est notre système immunitaire.
Sa beauté est de nous faire accéder à l’universel par l’expérience du singulier, une somme de connaissances, de pratiques et d’expériences locales et ancestrales, qui forgent notre vision de nous-mêmes de génération en génération, établissent des relations avec les autres et tissent des liens avec le monde qui nous entoure, le monde qui nous porte.
Elle est cet héritage vivant, dynamique et en mouvement, ayant traversé des générations millénaires, pour s’offrir au présent dans un éternel recommencement, ce grenier que nos ancêtres ont bien voulu nous léguer en nous offrant le droit de trier dans tous ces savoirs, de réadapter les connaissances, dans divers domaines de la vie.
C’est aussi cette somme de réponses existentielles, qu’ils ont vécues et expérimentées,
ils nous donnent la possibilité d’y rajouter nos trouvailles contemporaines, de nous en servir, de l’enrichir avec nos expériences, pour enfin la léguer à nos enfants .
Car la culture, c’est aussi des ressources, un sac à provisions pour notre voyage sur terre .
Elle nous modèle et nous donne des outils, en forgeant notre sensibilité d’Être et de Faire, elle nourrit notre présence au monde. La rend singulière à travers l’expérience de chacun, selon sa culture, sa langue. Et toute sa grandeur est d’être une porte vers l’universel en partage.
Chaque peuple y imprime son âme et y consigne ses vérités, sa vision de ce qu’est L’HUMAIN, depuis ses récits cosmogoniques, ses imaginaires, ses connaissances et son histoire, ces outils de gestion du pouvoir, spirituel, politique, social et environnemental.
Chaque peuple y conserve ses héritages, de génération en génération .
Elle est, ce substrat vivant et authentique, malgré les tentatives de dépossession et de négation, ce patrimoine qui a réussi à faire une synthèse de divers éléments culturels en un tissage solide, un tissage qui résiste encore aux vents destructeurs. Ces valeurs qui fondent notre personnalité, forgent notre regard et notre système d’organisation, de relation au Monde, cette capacité de transformation de notre réalité en y intégrant influences et acquis civilisationnels. Ce qui constitue de nos jours, notre plus grande force !
Le colonialisme s’était donné comme mission de couper le cordon ombilical : la culture, ce qui relie les colonisés à leur terre, à leur être profond, à leur sensibilité de vie, pour mieux pouvoir les dominer .
Prendre contrôle du système de représentation de soi et du monde, imposer leur langue, assiéger nos imaginaires, en associant nos langues à ce qui a de plus bas, en les dévalorisant, pour faire de la leur celle de la victoire, du succès de la réussite, de la connaissance… Au final langue incontournable, dans ce système mondialisé, un héritage à des générations d’hommes et de femmes qui s’expriment avec la langue du colon et tente tant bien que mal, de l’habiter avec leur propre vision du Monde.
Il est donc fondamental de nous réapproprier nos langues et leur pouvoir créateur, le pouvoir de nommer nos mondes, nos expériences de vies et agir librement sur notre réel et préparer ces possibles.
à faire advenir, en expérimentation dans le corps social. Pour ce faire promouvoir et recentrer nos langues dans nos espaces d’éducation, de connaissances et de travail, en intégrant de nouveaux concepts et outillages, sans être fermé aux autres langues de l’humanité… Bien commun de tous !
Aux racines du réel, réinvestir nos imaginaires pour donner corps aux potentialités.
Étudier, identifier, explorer le pouvoir de nos imaginaires sur nos actions quotidiennes, revisiter notre patrimoine immatériel, faire circuler dans la fabrique de la conscience collective, des mythes et légendes, des savoirs, sagesses, croyances et pratiques qui participent à faire ensemble, dans la transformation quotidienne de nos réalités.
Face à notre histoire coloniale, notre culture comme arme de combat et de résilience, ces savoirs qui nous permettent d’embrasser notre âme et nous libérer du joug post-colonial, cette bête qui continue d’œuvrer dans nos sociétés africaines contemporaines.
Pour guérir du trauma, aux sources des réels, scruter notre psyché-collective, nos imaginaires, nos rêves, nos récits, nos images et symboles.
Identifier les imaginaires en actions, leur force et mécanismes, oser décoloniser ceux d’entre eux qui freinent notre marche, renforcer d’autres qui sont essentiels, primordiaux, en faire des point d’ancrage d’actions collectives au service de la communauté.
Produire des actions qui résonnent avec nos territoires cosmiques et politiques, pour manifester un faire ensemble à la hauteur de nos héritages, et en phase avec nos capacités face aux défis actuelles, locaux , régionaux et internationaux .
Interpeler nos dirigeants africains, au plus haut sommet des hiérarchies, commençant par l’État , aux autorités traditionnelles, spirituelles et religieuses détentrices de savoirs, donc de pouvoir. Les interpeler sur les différentes questions liées à notre ultime souveraineté, qui est avant tout une souveraineté culturelle et spirituelle, pour enfin être politique et économique et sociale. Les inviter à recentrer nos projets de sociétés autour de nos CULTURES , au sens le plus large du terme .
Sur la nécessité de recentrer notre regard et nos priorités sur nous-mêmes, notre autonomie, notre vision du monde, nos savoirs et connaissances millénaires au service de l’œuvre humaine, un chemin que les précurseurs ont déjà tracé, achever le travail de l’autodétermination, des indépendances et de la décolonisation pour ouvrir une nouvelle page dans l’histoire du vieux continent, mais aussi du Monde.
Œuvrer pour la mise en place par nos États de véritables politiques culturelles, transversales à tous les domaines de connaissance, de savoir, de pratique. Cela passe obligatoirement par l’utilisation de nos langues locales, porteuses de visions fécondes. En somme, ne pas la réduire la culture au divertissement. Nous devons oser une véritable rupture civilisationnelle, avec l’assurance d’avoir les ressources humaines et culturelles nécessaires, la conscience d’être accompagné dans tous les domaines de la vie, par des hommes et des femmes de valeurs et de savoirs, d’expérience et de clairvoyance suffisantes .
D’engagement et de détermination. D’un engagement sincère et profond pour l’Afrique .
Aux populations encore et toujours ..
De prendre conscience de leur capacité à faire bouger les lignes par leur prise de conscience des enjeux et de l’engagement à s’autodéterminer, malgré les difficultés quotidiennes en étant une véritable sentinelle de l’autonomie et de la justice, pour un vivre ensemble harmonieux ! Car tout ceci n’est pas possible sans la participation collective de bout en bout, le socle de toutes les actions libératrices et constructives .
Enfin aux artistes et au monde de la Culture ,
L’art de de faire ensemble, une urgence vitale !
Nous sommes héritiers des alchimistes, faire de l’or avec de la boue. Il est donc de notre responsabilité, artistes, chercheurs, entrepreneurs culturels, promoteurs, activistes nous hommes et femmes de la culture de prendre conscience de notre pouvoir, de jouer pleinement notre partition dans cet espace politico-sociale, afin d’être un rempart, une force de proposition, des bâtisseurs, tout en étant agents de veille et de continuité du travail que des femmes et hommes intègres ont entamé depuis des millénaires.
À nous de renouveler les imaginaires pour agir sur le réel en construction, et assumer pleinement cette posture dans nos différents espaces de vies.
Car la culture est génératrice de pouvoirs, elle est cette « ressource » qui permet à l’homme d’agir sur une réalité, grâce à cet outillage de lecture et d’interprétation, de savoirs et de connaissances des êtres et des choses, lui permettant de traduire sa volonté en actes.
La culture est de ce fait un système d’organisation, facteur de performances. Nous nous devons donc d’étudier sérieusement l’impact économique de toute cette industrie de la culture, en vue de structurer, orienter et utiliser a bon escient les flux économiques qu’elle génère.
Il est donc urgent et primordial de s’engager pour la reconnaissance du statut de l’artiste au Sénégal et en Afrique en général , battons-nous pour que le cadre légal évolue, et que les lois issues de cet engagement commun soit mises en pratique. L’Art de s’unir autour de l’essentiel, car nous sommes les acteurs incontournables dans le processus de création d’un nouveau projet civilisationnel .
Penser et Agir pour tisser les liens de la communauté, articuler un chorégraphie d’actions libératrices.
Relever le challenge de cette génération, se libérer de l’illusion de l’individualisme et former de grands ensembles, revenir au véritable pouvoir de l’unité sincère et féconde, articuler nos actions et se soutenir.
Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise, nous sommes une même communauté de destin, une invitation à chacun de revisiter ses différents cercle d’appartenance, partir de soi (qui est déjà un monde) à sa famille, sa communauté, sa nation, son continent et le Monde .
L’art et la culture, pour nourrir et challenger les sociétés, pour semer et cultiver une transformation qualitative de la vie humaine, un espace fécond pour cultiver le type d’hommes que nous voulons, pour reconquérir nos espaces vitaux longtemps assiégés, explorer les recoins de notre créativité et faire resurgir ce génie créateur en mouvement dans les labyrinthes de notre conscience collective.
Investir l’en commun pour construire un vivre ensemble harmonieux, respectueux de liens sociaux, politiques, religieux, environnementaux, et surtout, capable d’accueillir l’humanité toute entière.
Pour ce faire, ce manifeste prend corps dans un espace à la croisée des chemins , K E N U un lab’Oratoire au cœur de notre territoire et de nos terroirs de vie à Ouakam-Comico. Un espace pour étudier, expérimenter, produire, faire circuler et diffuser à travers des actions, des contenus en réponses aux problématiques de notre cercle de vie, partir de ce qui est là, dans une exploration participative avec la communauté de Ouakam, pour apporter notre contribution, joindre nos voix au chant de l’aube, aux artisans de la mémoire passée, présente et à venir, nous ceux de Kaam ! "
----- (Extrait de la contribution) -----
- Sandrine LEMARE, Enseignante Sociologue • TABAX NITTE, bâtir l'Humain
"Nous devons repenser la façon d’organiser et de transmettre la connaissance. Pour cela, il est grand temps de décoloniser nos savoirs, de revenir à notre fondement l’Humain, d’abattre les cloisons entre les disciplines et de concevoir comment relier ce qui a été jusqu’ici séparé."
----- (Extrait de la contribution) -----
- Mamadou DIA , Fondateur de l'ONG HAHATAY ( Gandiol) • KATNAATAL XARNU BI, les énergies du retour
"J'étais parti chercher l’eldorado, qui m'attendait chez moi. Retourner chez soi, n’est qu’une nouvelle migration. De nouveau incertains, mais inspirés par les vagues, les temps et les cultures. En quête spirituelle, je retourne chez moi. Dans ma racine prêt à défier les orages, qui font et forgent la vie. Mon espoir me fleurit et me berce."
----- (Extrait de la contribution) -----
- Fatou Kandé SENGHOR, Cinéaste • BACC BEUT, "sort de ce corps"...
"J’avais imaginé un temps où les cinéastes de ma sphère, donc sénégalais et autres africains (territoires qui influent le plus directement ma vie) travailleraient à la réinvention d’un cinéma de leur temps. Un cinéma d’une autre texture, avec des saveurs et senteurs surprenantes. "
----- (Extrait de la contribution) -----
- Sadrak PONDI, Artiste Écrivain • Veilleurs des jours Fragiles
"Profitons de cette Terre jeune.
Vivons chacun.e,
autant que faire se peut, au plus proche de lui-même
sur ce continent aux ressources culturelles et artistiques extraordinaires.
Faisons le saveur...
Par don...
Nous voulûmes dire : faisons le savoir...
Ne plus croire quoi que ce soit.
Oui !
Par don...
Brûler toutes les croyances, c'est d'utilité publique en Afrique noire à l'heure-ci.
Par don à soi-même, faire table rase de toutes les idoles de pacotille.
Brûler tout ça et...
Voir !
Oui, oser faire ça...voir !
Juste voir au présent.
Voir et agir en conséquence..."
----- (Extrait de la contribution) -----
- Ibaaku, Artiste Pluridisciplinaire • EULEUK , Ensemble , nourrir le futur
"Qu’est ce qui nourrit mon âme et mon esprit.
De la les réponses coulent de source, la culture, l’art, la spiritualité ,
sont essentiels pour irriguer les graines d’aujourd’hui arbres de demain.
La production de pensée, la réflexion qui nous permet d’analyser notre présent,
puis de se projeter afin de spéculer sur les possibles."
----- (Extrait de la contribution) -----

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Le problème
- Alibeta, Artiste Pluridisciplinaire • La culture est notre arme de construction massive !
"Une parole qui rassemble ,
Des ancêtres aux compagnons ,
De notre génération d’humains , à celles d’après !
Une parole pour résister ,
Debout , face aux vents de la dépossession et de l’oubli ...
Une voix parmi d’autres… un chant de luttes, des polyphonies sérères ,
Une parole pour manifester, faire advenir le meilleur des possibles,
Un appel aux miens et aux autres, à tous ces bâtisseurs d’utopies actives.
Un appel à nous Unir autour de l’Essentiel, Ensemble malgré nos divergences,
pour accomplir notre mission, notre ultime responsabilité face à l’Afrique et au Monde !
Au cœur de cet appel, le pouvoir de nos Cultures et de nos Arts, pour bâtir une union porteuse et constructive et faire face aux défis de notre temps. Au détour de plusieurs questions tissées dans une série de rencontres et de discussions , avec des hommes et des femmes, bâtisseurs et alchimistes artistes de tout genre et de tout âge. Témoins et acteurs de cette génération de transition, qui inspirent et donnent force à beaucoup d’entres nous. Tous ensemble nous tentons d’articuler un chant commun, à différentes voix, avec l’ultime intention de nous motiver, de nous nourrir, de nous éclairer, de nous donner l’énergie de faire-ensemble, pour bâtir nos propres pyramides dont les fondations sont ancrées dans nos imaginaires, pour enfin surgir et prendre forme dans notre réel ! Car cela est nécessaire, à la hauteur de notre contribution à l’œuvre humaine.
Un appel aux gardiens des bois sacrés, détenteurs des secrets de l’énergie suprême,
Aux poètes et artisans des peuples Libres, pour ré-enchanter le Monde.
Aux bâtisseurs de pyramides, la force vitale manifestée et canalisée,
Aux envoyés de demain, racines du Futur, héritiers des temps présents
Il est encore temps pour nous de nous libérer de l’illusion de l’individualisme, nourri par un système capitaliste consumériste, celui de la compétition au nom de « l’avoir plus » … qui place l’homme dans une posture égotique et autocentrée. Ce système qui divise, isole, délie le corps social pour mieux affaiblir et contrôler, en niant le besoin de l’ÊTRE de se relier à soi, à l’autre et à l’ultime vivant
De nos jours, l’Afrique est à la mode, elle fascine autant qu’elle est devenu « sexy », le continent de l’avenir et tout le monde y projette sa réussite, la nouvelle terre à conquérir et à exploiter, pour toujours faire du profit. L’Afrique, une épice dans toutes les sauces ? De quelles Afriques parlons-nous ?
Pendant ce temps, quel est le projet qui réunit ces enfants d’ici et d’ailleurs ?
Comment faire-ensemble pour mener à bien ce vieux projet de construction d’autonomie,
et proposer au Monde un nouveau projet civilisationnel ?
Cette jeunesse qui en constitue la force vive, est-elle assez consciente des enjeux actuels ?
L’enjeu ultime de se réunir autour de l’essentiel ? L’un des défis de notre génération.
Comment se libérer de ce système capitaliste qui nous consomme, pour proposer un système de vie beaucoup plus fort car beaucoup plus juste et soucieux des équilibres de tout ordre ?
Car au cœur de ce projet qui est commun à l’humanité, l’apport de l’Afrique est toujours d’actualité,
toujours aussi important et crucial.
Et pour cela, il nous faut savoir faire ensemble, pouvoir nous unir autour d’un projet commun d’émancipation et de construction, poser un acte qui nous ressemble et nous rassemble !
N’est ce pas un acte de décolonisation ? Dépasser nos propres intérêts individuels, et nous mettre au service du tout, de tous, de ce qui nous dépasse et nous unit. Ce qui fait de nous une communauté de destin, un même destin pour toute l’Afrique. Pour apporter notre part, renouveler nos outils civilisationnels vers une véritable montée en humanité. Cela passe bien sûr par nous repenser nous même, pour arriver à vivre et incarner cela dans nos actes quotidiens, dans nos différents territoires de vie.
Agir pour transformer notre réel. Repenser nos relations à nous, aux autres et à l’univers entier !
Œuvrer pour faire corps, relié à notre âme et à notre esprit .
La culture comme cordon ombilical, notre ultime « arme de construction massive » !
Au commencement est la culture, car au commencement est la parole,
notre être au monde est façonné par elle , elle est notre système immunitaire.
Sa beauté est de nous faire accéder à l’universel par l’expérience du singulier, une somme de connaissances, de pratiques et d’expériences locales et ancestrales, qui forgent notre vision de nous-mêmes de génération en génération, établissent des relations avec les autres et tissent des liens avec le monde qui nous entoure, le monde qui nous porte.
Elle est cet héritage vivant, dynamique et en mouvement, ayant traversé des générations millénaires, pour s’offrir au présent dans un éternel recommencement, ce grenier que nos ancêtres ont bien voulu nous léguer en nous offrant le droit de trier dans tous ces savoirs, de réadapter les connaissances, dans divers domaines de la vie.
C’est aussi cette somme de réponses existentielles, qu’ils ont vécues et expérimentées,
ils nous donnent la possibilité d’y rajouter nos trouvailles contemporaines, de nous en servir, de l’enrichir avec nos expériences, pour enfin la léguer à nos enfants .
Car la culture, c’est aussi des ressources, un sac à provisions pour notre voyage sur terre .
Elle nous modèle et nous donne des outils, en forgeant notre sensibilité d’Être et de Faire, elle nourrit notre présence au monde. La rend singulière à travers l’expérience de chacun, selon sa culture, sa langue. Et toute sa grandeur est d’être une porte vers l’universel en partage.
Chaque peuple y imprime son âme et y consigne ses vérités, sa vision de ce qu’est L’HUMAIN, depuis ses récits cosmogoniques, ses imaginaires, ses connaissances et son histoire, ces outils de gestion du pouvoir, spirituel, politique, social et environnemental.
Chaque peuple y conserve ses héritages, de génération en génération .
Elle est, ce substrat vivant et authentique, malgré les tentatives de dépossession et de négation, ce patrimoine qui a réussi à faire une synthèse de divers éléments culturels en un tissage solide, un tissage qui résiste encore aux vents destructeurs. Ces valeurs qui fondent notre personnalité, forgent notre regard et notre système d’organisation, de relation au Monde, cette capacité de transformation de notre réalité en y intégrant influences et acquis civilisationnels. Ce qui constitue de nos jours, notre plus grande force !
Le colonialisme s’était donné comme mission de couper le cordon ombilical : la culture, ce qui relie les colonisés à leur terre, à leur être profond, à leur sensibilité de vie, pour mieux pouvoir les dominer .
Prendre contrôle du système de représentation de soi et du monde, imposer leur langue, assiéger nos imaginaires, en associant nos langues à ce qui a de plus bas, en les dévalorisant, pour faire de la leur celle de la victoire, du succès de la réussite, de la connaissance… Au final langue incontournable, dans ce système mondialisé, un héritage à des générations d’hommes et de femmes qui s’expriment avec la langue du colon et tente tant bien que mal, de l’habiter avec leur propre vision du Monde.
Il est donc fondamental de nous réapproprier nos langues et leur pouvoir créateur, le pouvoir de nommer nos mondes, nos expériences de vies et agir librement sur notre réel et préparer ces possibles.
à faire advenir, en expérimentation dans le corps social. Pour ce faire promouvoir et recentrer nos langues dans nos espaces d’éducation, de connaissances et de travail, en intégrant de nouveaux concepts et outillages, sans être fermé aux autres langues de l’humanité… Bien commun de tous !
Aux racines du réel, réinvestir nos imaginaires pour donner corps aux potentialités.
Étudier, identifier, explorer le pouvoir de nos imaginaires sur nos actions quotidiennes, revisiter notre patrimoine immatériel, faire circuler dans la fabrique de la conscience collective, des mythes et légendes, des savoirs, sagesses, croyances et pratiques qui participent à faire ensemble, dans la transformation quotidienne de nos réalités.
Face à notre histoire coloniale, notre culture comme arme de combat et de résilience, ces savoirs qui nous permettent d’embrasser notre âme et nous libérer du joug post-colonial, cette bête qui continue d’œuvrer dans nos sociétés africaines contemporaines.
Pour guérir du trauma, aux sources des réels, scruter notre psyché-collective, nos imaginaires, nos rêves, nos récits, nos images et symboles.
Identifier les imaginaires en actions, leur force et mécanismes, oser décoloniser ceux d’entre eux qui freinent notre marche, renforcer d’autres qui sont essentiels, primordiaux, en faire des point d’ancrage d’actions collectives au service de la communauté.
Produire des actions qui résonnent avec nos territoires cosmiques et politiques, pour manifester un faire ensemble à la hauteur de nos héritages, et en phase avec nos capacités face aux défis actuelles, locaux , régionaux et internationaux .
Interpeler nos dirigeants africains, au plus haut sommet des hiérarchies, commençant par l’État , aux autorités traditionnelles, spirituelles et religieuses détentrices de savoirs, donc de pouvoir. Les interpeler sur les différentes questions liées à notre ultime souveraineté, qui est avant tout une souveraineté culturelle et spirituelle, pour enfin être politique et économique et sociale. Les inviter à recentrer nos projets de sociétés autour de nos CULTURES , au sens le plus large du terme .
Sur la nécessité de recentrer notre regard et nos priorités sur nous-mêmes, notre autonomie, notre vision du monde, nos savoirs et connaissances millénaires au service de l’œuvre humaine, un chemin que les précurseurs ont déjà tracé, achever le travail de l’autodétermination, des indépendances et de la décolonisation pour ouvrir une nouvelle page dans l’histoire du vieux continent, mais aussi du Monde.
Œuvrer pour la mise en place par nos États de véritables politiques culturelles, transversales à tous les domaines de connaissance, de savoir, de pratique. Cela passe obligatoirement par l’utilisation de nos langues locales, porteuses de visions fécondes. En somme, ne pas la réduire la culture au divertissement. Nous devons oser une véritable rupture civilisationnelle, avec l’assurance d’avoir les ressources humaines et culturelles nécessaires, la conscience d’être accompagné dans tous les domaines de la vie, par des hommes et des femmes de valeurs et de savoirs, d’expérience et de clairvoyance suffisantes .
D’engagement et de détermination. D’un engagement sincère et profond pour l’Afrique .
Aux populations encore et toujours ..
De prendre conscience de leur capacité à faire bouger les lignes par leur prise de conscience des enjeux et de l’engagement à s’autodéterminer, malgré les difficultés quotidiennes en étant une véritable sentinelle de l’autonomie et de la justice, pour un vivre ensemble harmonieux ! Car tout ceci n’est pas possible sans la participation collective de bout en bout, le socle de toutes les actions libératrices et constructives .
Enfin aux artistes et au monde de la Culture ,
L’art de de faire ensemble, une urgence vitale !
Nous sommes héritiers des alchimistes, faire de l’or avec de la boue. Il est donc de notre responsabilité, artistes, chercheurs, entrepreneurs culturels, promoteurs, activistes nous hommes et femmes de la culture de prendre conscience de notre pouvoir, de jouer pleinement notre partition dans cet espace politico-sociale, afin d’être un rempart, une force de proposition, des bâtisseurs, tout en étant agents de veille et de continuité du travail que des femmes et hommes intègres ont entamé depuis des millénaires.
À nous de renouveler les imaginaires pour agir sur le réel en construction, et assumer pleinement cette posture dans nos différents espaces de vies.
Car la culture est génératrice de pouvoirs, elle est cette « ressource » qui permet à l’homme d’agir sur une réalité, grâce à cet outillage de lecture et d’interprétation, de savoirs et de connaissances des êtres et des choses, lui permettant de traduire sa volonté en actes.
La culture est de ce fait un système d’organisation, facteur de performances. Nous nous devons donc d’étudier sérieusement l’impact économique de toute cette industrie de la culture, en vue de structurer, orienter et utiliser a bon escient les flux économiques qu’elle génère.
Il est donc urgent et primordial de s’engager pour la reconnaissance du statut de l’artiste au Sénégal et en Afrique en général , battons-nous pour que le cadre légal évolue, et que les lois issues de cet engagement commun soit mises en pratique. L’Art de s’unir autour de l’essentiel, car nous sommes les acteurs incontournables dans le processus de création d’un nouveau projet civilisationnel .
Penser et Agir pour tisser les liens de la communauté, articuler un chorégraphie d’actions libératrices.
Relever le challenge de cette génération, se libérer de l’illusion de l’individualisme et former de grands ensembles, revenir au véritable pouvoir de l’unité sincère et féconde, articuler nos actions et se soutenir.
Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise, nous sommes une même communauté de destin, une invitation à chacun de revisiter ses différents cercle d’appartenance, partir de soi (qui est déjà un monde) à sa famille, sa communauté, sa nation, son continent et le Monde .
L’art et la culture, pour nourrir et challenger les sociétés, pour semer et cultiver une transformation qualitative de la vie humaine, un espace fécond pour cultiver le type d’hommes que nous voulons, pour reconquérir nos espaces vitaux longtemps assiégés, explorer les recoins de notre créativité et faire resurgir ce génie créateur en mouvement dans les labyrinthes de notre conscience collective.
Investir l’en commun pour construire un vivre ensemble harmonieux, respectueux de liens sociaux, politiques, religieux, environnementaux, et surtout, capable d’accueillir l’humanité toute entière.
Pour ce faire, ce manifeste prend corps dans un espace à la croisée des chemins , K E N U un lab’Oratoire au cœur de notre territoire et de nos terroirs de vie à Ouakam-Comico. Un espace pour étudier, expérimenter, produire, faire circuler et diffuser à travers des actions, des contenus en réponses aux problématiques de notre cercle de vie, partir de ce qui est là, dans une exploration participative avec la communauté de Ouakam, pour apporter notre contribution, joindre nos voix au chant de l’aube, aux artisans de la mémoire passée, présente et à venir, nous ceux de Kaam ! "
----- (Extrait de la contribution) -----
- Sandrine LEMARE, Enseignante Sociologue • TABAX NITTE, bâtir l'Humain
"Nous devons repenser la façon d’organiser et de transmettre la connaissance. Pour cela, il est grand temps de décoloniser nos savoirs, de revenir à notre fondement l’Humain, d’abattre les cloisons entre les disciplines et de concevoir comment relier ce qui a été jusqu’ici séparé."
----- (Extrait de la contribution) -----
- Mamadou DIA , Fondateur de l'ONG HAHATAY ( Gandiol) • KATNAATAL XARNU BI, les énergies du retour
"J'étais parti chercher l’eldorado, qui m'attendait chez moi. Retourner chez soi, n’est qu’une nouvelle migration. De nouveau incertains, mais inspirés par les vagues, les temps et les cultures. En quête spirituelle, je retourne chez moi. Dans ma racine prêt à défier les orages, qui font et forgent la vie. Mon espoir me fleurit et me berce."
----- (Extrait de la contribution) -----
- Fatou Kandé SENGHOR, Cinéaste • BACC BEUT, "sort de ce corps"...
"J’avais imaginé un temps où les cinéastes de ma sphère, donc sénégalais et autres africains (territoires qui influent le plus directement ma vie) travailleraient à la réinvention d’un cinéma de leur temps. Un cinéma d’une autre texture, avec des saveurs et senteurs surprenantes. "
----- (Extrait de la contribution) -----
- Sadrak PONDI, Artiste Écrivain • Veilleurs des jours Fragiles
"Profitons de cette Terre jeune.
Vivons chacun.e,
autant que faire se peut, au plus proche de lui-même
sur ce continent aux ressources culturelles et artistiques extraordinaires.
Faisons le saveur...
Par don...
Nous voulûmes dire : faisons le savoir...
Ne plus croire quoi que ce soit.
Oui !
Par don...
Brûler toutes les croyances, c'est d'utilité publique en Afrique noire à l'heure-ci.
Par don à soi-même, faire table rase de toutes les idoles de pacotille.
Brûler tout ça et...
Voir !
Oui, oser faire ça...voir !
Juste voir au présent.
Voir et agir en conséquence..."
----- (Extrait de la contribution) -----
- Ibaaku, Artiste Pluridisciplinaire • EULEUK , Ensemble , nourrir le futur
"Qu’est ce qui nourrit mon âme et mon esprit.
De la les réponses coulent de source, la culture, l’art, la spiritualité ,
sont essentiels pour irriguer les graines d’aujourd’hui arbres de demain.
La production de pensée, la réflexion qui nous permet d’analyser notre présent,
puis de se projeter afin de spéculer sur les possibles."
----- (Extrait de la contribution) -----

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Pétition lancée le 22 décembre 2020