Petition updateNon aux expulsions sans relogement !Pour que personne ne dorme dehors, il faut que personne ne soit expulsé-e sans relogement ! 
DAL 49, en alliance avec PSN49 et l'Assemblée de lutte pour le logement initiée par la Grande Ourse
Feb 27, 2018
La parole d’habitant-e-s du campement des expulsé-e-s : « Nos enfants sont scolarisés et bien intégrés. Nous participons chaque jour avec nos propres moyens à faire le maximum pour leur bien être et leur éducation. Nous rêvons de disposer d’une place tranquille où ne serions pas inquiétés. Car le stress nous est permanent, le stress d’être expulsés d’ici ou d’ailleurs, le stress d’une intervention publique dont on ne sait jamais vraiment pourquoi, le stress du lendemain, le stress d’un avenir incertain. Nous et nos enfants sommes fatigués et nous souhaitons la tranquillité. Nous tenons bon car nous savons que la lutte du campement a permis un changement de situation pour certaines familles. Quelques uns ont recommencé à travailler un peu, mais nous ici, demandeurs d’asile, nous ne bénéficions pas du « CADA » (minimum d’aide et hébergement). Nous manquons parfois de certaines choses mais nous nous débrouillons avec le soutien collectif. Nous n’avons pas le choix, que faire ? Où aller ? Nous pensons surtout à ceux qui survivent dans des conditions pires que nous. Quelques familles sont arrivées depuis un mois, et malgré leur souhait de se poser dans le campement, elles ont respecté le fait de rester à l’extérieur du terrain municipal où nous vivons, à la demande d’un militant, ce petit terrain « visé par une procédure d’expulsion ». Ces familles nous ont raconté leur longue succession de « traumatismes » et malheurs vécus du Kosovo jusqu’à la France où elles vivent maintenant depuis longtemps. Alors, nous aussi, les habitant-e-s militant-e-s du campement essayons d’être au mieux solidaires, comme d’autres personnes le font chaque jour avec nous. Nous partageons donc les accès à l’eau et aux commodités. Et la lutte du campement grossit ses rangs. Le campement, depuis juillet 2017, a vu plus de la moitié de ses occupants partir. Ici, nous sommes déterminés à faire prévaloir notre nécessité de vivre normalement et donc d’avoir un toit. Nous voulons le respect. Nous sommes des êtres humains. La vie au campement se base sur notre auto-organisation. Nous faisons le ménage par roulement et une fraternité s’installe même si nos discussions collectives sont parfois animées. La lutte du campement des expulsé-e-s est notre lutte de tous les jours. Nous voulons d’abord la dignité, la tranquillité, pas de stress, pas de racisme (nous pensons à d’autres réfugiés que nous avons rencontrés en France qu’ils soient d’Afrique ou du Caucase). Nous aimerions tellement un refuge permanent. » Message commun d’habitant-e-s & militant-e-s du campement : Pendant ce temps, le froid se fait ressentir au campement des expulsé-e-s à Angers. Si le bâtiment à proximité ne permettait pas l’accès à l’électricité, les familles ne pourraient pas se chauffer dans leur caravane acquise aussi grâce aux solidarités collectives et actives. Ce froid rappelle l’ingéniosité des familles de l’ancienne auto-réquisition dite « des 3 paroisses » qui, malgré la coupure volontaire d’EDF en plein hiver, avaient réussir à construire des mini poêles à bois pour chauffer chaque chambre. Mais ici, seule une caravane a réussi ce tour de force. Les chauffages électriques d’appoint sont essentiels à la survie des habitant-e-s. Le froid intense empêche de dormir. Quand on vit dehors, le froid est une souffrance. Nous aurons d’ailleurs toujours une pensée pour tous ceux et celles sans distinction, qui en France, dans les gares ou dans les couloirs du métro, à Paris, à Calais, ou ailleurs, sont agressé-e-s dans leur maigre sommeil par des agents d’État ou par quelques agents de surveillance ou de sécurité parce que leur présence dérange. Quelle indignité de constater par exemple à la gare SNCF Montparnasse ou dans les couloirs du métro parisien, les efforts déployés pour traquer les sans abris venu-e-s trouver un peu de sommeil et de chaleur. Quelle ignominie lorsque des témoignages relaient que des agents de sécurité ont réveillé avec un chien sans muselière des personnes SDF. Un courrier via la pétition est envoyé en réaction à cette cruauté. Mais… Pour que personne ne dorme dehors, il faut que personne ne soit expulsé-e sans relogement !  Des vœux du président de la République française pour il n’y ait plus personne à la rue… des vœux du ministre de la cohésion sociale pour que les hébergements d’urgence soient remplacés par des logements… et pourtant on ne compte plus le nombre de décès de personnes sans domicile fixe partout en France actuellement. Ces vœux, nous les crions tous ensemble depuis des années, personnes sans abri, collectifs, associations, bénévoles libres, militant-e-s, activistes. Tous prennent part chaque jour à cet effort, eux, la société des gens de tous les jours qui sont alors les princes et les princesses de la solidarité. Nous en profitons pour saluer tous ceux qui luttent pour leur survie dans la rue, ainsi que ceux qui s’organisent pour aider les autres dans leur malheur, ceux qui participent aux auto-réquisitions, et ceux qui, comme à Angers, sont « Jokers » d’un soir afin de pallier aux carences des politiques publiques en matière d’hébergement d’urgence et de logement. Tous y contribuent pendant que certain-e-s sont criminalisé-e-s par un « délit de solidarité », et alors que les deniers publics servent parfois aux intérêts privés. Pourtant, ce serait si facile de changer les choses. À Angers, on finance le « relogement » des associations, pas le relogement de ceux qui dorment à la rue, à l’instar de la réhabilitation de l’ancien foyer des jeunes travailleurs du quartier de la Roseraie (Mistral) fermé après l’obligation des locataires à quitter les lieux. Également le FJT Alizé à Monplaisir (#balancetaréquisition#), pourrait lui aussi fournir des studios décents pour des centaines de personnes. Et ceux et celles qui ne dorment pas tous à la rue grâce aux auto-réquisitions, seront malheureusement bientôt jeté-e-s à la rue par des expulsions à venir après la trêve hivernale fin mars. La dénonciation des bâtiments publics vides et sans projet pouvant servir d’hébergement et de logement, sous l’action « Balance ta réquisition », initiée par nos amis du DAL (Association Droit au logement) confirme le manque de volonté politique à réquisitionner facilement des lieux vides qui pourraient servir notre devoir sociétal de solidarité et d’assistance. Nous invitons à soutenir cette action du DAL. La lutte du campement des expulsé-e-s la soutient. Et cette lutte s’organise par ces habitant-e-s. D’ailleurs, après l’inauguration de la nouvelle halte de nuit au chemin de traverse, proche du quartier populaire du Grand Pigeon, il est nécessaire de rappeler que certain-e-s dorment toujours à la rue, dans leur voiture, ou des caravanes de fortunes, contrairement à ce qu’a annoncé le Préfet du Maine et Loire. Et même si le plan grand froid motive ponctuellement les services publics, nous interpellons encore une fois les institutions pour une adaptation des créneaux des douches municipales aux heures de scolarisation des enfants à la rue et pour des douches chaudes aux haltes de nuit. Nous sommes d’ailleurs indigné-e-s du refus du rétablissement de l’accès à l’eau dans deux auto-réquisitions (Romanerie et Rose), et de la volonté d’expulsions sans relogement à Angers. Même si la lutte du campement des expulsé-e-s a initié une petite considération par des services Préfectoraux au relogement au cas par cas de quelques familles éligibles, nous considérons l'intérêt pour le plus grand nombre à l'accès au logement et à la dignité. Cette pétition n’a pas vocation à inciter uniquement à pallier aux carences des politiques publiques, même si cet objectif favorise le lien social et enrichit l’humanité. Elle souhaite réveiller les consciences sur une dure réalité. Surtout, elle interpelle pour un changement radical et urgent des politiques publiques en faveur d’une vraie solidarité impartiale. Même si le prix à payer pour protéger des vies humaines est la désobéissance civile, convergeons pour que la société soit conforme à un traitement humain digne, sans condition de papier, de statut administratif, d’origine, de nationalité, comme le préconise la convention internationale des droits de l’enfant. Pour que toute l’année, personne ne soit abandonnée à son triste sort. L’expulsion, c’est l’exclusion ! Un toit, c’est un droit !
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