NON A L'IMPUNITE ET A LA BANALISATION DU VIOL EN GUINEE

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Le problème

Pour une justice effective, une meilleure protection des victimes et la fin de l’impunité

Le viol est un crime. Pourtant, en Guinée, il continue de détruire des vies dans un climat où les victimes sont trop souvent réduites au silence, culpabilisées ou confrontées à l’impunité. Ces dernières années, notre pays a été marqué par une succession d’affaires de violences sexuelles qui ont profondément choqué l’opinion publique. Parmi les plus marquantes figure celle de M’mah Sylla, décédée en 2021 après avoir subi de multiples viols et plusieurs interventions chirurgicales. Son histoire est devenue le symbole d’un système qui n’a pas suffisamment protégé une victime pourtant en quête de justice.

Mais M’mah Sylla n’est malheureusement pas un cas isolé. Les chiffres officiels sont alarmants :

Selon l’Enquête nationale sur les violences basées sur le genre (EN-VBG 2016), 80,7 % des femmes et des filles âgées de 15 à 69 ans ont subi au moins une forme de violence depuis l’âge de 15 ans. Parmi elles, 29,3 % ont subi des violences sexuelles.  https://guinea.unfpa.org/fr/topics/violences-bas%C3%A9es-sur-le-genre-et-pratiques-n%C3%A9fastes

 La même enquête indique que 11,8 % des femmes ont été victimes d’un viol au moins une fois depuis l’âge de 15 ans, et 6,6 % déclarent en avoir subi un au cours des 12 mois précédant l’enquête. https://guinea.unfpa.org/fr/topics/violences-bas%C3%A9es-sur-le-genre-et-pratiques-n%C3%A9fastes?utm_source=chatgpt.com 

Les données des autorités montrent également l’ampleur du phénomène :

En 2021, les services spécialisés de l’État (OPROGEM et Brigade spéciale de protection des personnes vulnérables) ont enregistré plus de 500 plaintes pour viol, la majorité concernant des victimes mineures. La même année, le service de médecine légale du CHU Ignace Deen a reçu 638 victimes de viol. https://www.amnesty.org/fr/petition/denoncez-les-viols-et-violences-sexuelles-en-guinee/?utm_source=chatgpt.com 

 En 2023, l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) a enregistré 205 cas de viol. Les organisations de défense des droits humains soulignent toutefois que ce chiffre est probablement inférieur à la réalité, de nombreux cas n’étant jamais signalés. https://www.afrobarometer.org/publication/ad783-violence-sexiste-en-guinee-les-victimes-entre-crainte-dhumiliation-et-espoir-en-la-justice/?utm_source=chatgpt.com 

2024 : 212 cas de viol enregistrés (211 filles, 1 garçon) par l'OPROGEM ; dont Aïcha Bah, 8 ans violée, retrouvée sans vie dans les toilettes de son école à Kagbelen , M'Mahawa Camara, 6 ans violée et tuée, retrouvée sans vie dans les toilettes de son école .

Oumou Diallo, 3 ans violée, empoisonnée, tuée en 2025  et Sayon, 10 ans violée par son tuteur, elle a succombé à ses blessures en septembre 2025.

En cette année de 2026, nous avons encore été indigné par un viol collectif à Mandiana, de 3 mineures Par un groupe d’individu au nombre de 5, et les agressions diffusées sur les réseaux sociaux.

Au-delà des statistiques, une réalité demeure inacceptable : certaines personnes continuent de banaliser le viol, de le transformer en sujet de plaisanterie ou de tenter de le justifier par la tenue vestimentaire, le comportement ou l’âge de la victime. La tenue vestimentaire ou le statut social ne doivent jamais être utilisés pour justifier ou minimiser une agression sexuelle. Ces actes répréhensibles sont perpétrés avec une fréquence alarmante, et il est primordial de mettre un terme à cette culture d’impunité en Guinée.

Une tenue vestimentaire ne constitue pas un consentement. Une absence de violence physique ne signifie pas de viol

Nous refusons cette culture de la banalisation.

Aucune tenue ne constitue un consentement.

Aucun comportement ne justifie un viol.

Aucune victime ne devrait avoir honte de demander justice.

Nous demandons aux autorités guinéennes :

  •  D’assurer une application stricte des lois réprimant le viol et les violences sexuelles.
  • De renforcer les enquêtes et les poursuites afin de lutter contre l’impunité.
  •  De garantir une prise en charge médicale, psychologique et juridique gratuite et accessible pour toutes les victimes.
  •  De lancer des campagnes nationales de sensibilisation sur le consentement et la lutte contre les violences sexuelles.
  •  De renforcer les moyens de l’OPROGEM et des structures spécialisées dans la protection des victimes.
  •  De condamner publiquement toute forme de banalisation ou d’apologie du viol, par des sanctions de peine de prison

Nous appelons chaque citoyenne et chaque citoyen à signer cette pétition.

Parce que le silence protège les agresseurs et fait de nous des complices, il est temps que la honte change de camp. Car aucune fille, aucune femme, aucun enfant ne devrait vivre dans la peur.

Ensemble, faisons entendre notre voix pour une Guinée où le viol n’est ni banalisé, ni toléré, mais combattu avec toute la rigueur de la loi.

 

Message aux signataires