Guyane : pour l'enseignement des langues maternelles à l'école

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Sur le papier, tout le monde semble aujourd’hui d’accord : l’enseignement des langues maternelles à l’école est un facteur de réussite pour les élèves.

Les linguistes l’ont écrit depuis longtemps, le ministère l’a acté, le projet académique l’affirme clairement : la formation d’enseignants locuteurs des langues de Guyane est une priorité, avec en perspective l’ouverture de filières et d’écoles bilingues, à parité horaire entre le français et la langue maternelle, le long des fleuves Maroni et Oyapock en particulier.

Pourtant, les intervenants en langue maternelle (ILM) qui exercent dans le primaire depuis des années, voire parfois des décennies, ne sont toujours pas considérés à leur juste place. Ils et elles enseignent les langues amérindiennes (kali’na, wayana, teko, wayãpi, parikwaki), businenge (nenge(e) tongo, saamaka tongo), hmong ou portugais, ils et elles ont participé comme leurs collègues professeurs de créole à la création des méthodes d’apprentissage, d’outils didactiques, de dictionnaires, ils et elles favorisent, au sein des équipes pédagogiques, l’entrée de milliers d’enfants dans les apprentissages chaque année...

On leur a promis un parcours de formation afin d’accéder aux concours (CRPE) et à la titularisation. Pourtant, en cette rentrée, aucune visibilité de la part du Rectorat. Pas de budget débloqué, pas d’information, et même pas de réponse à leur courrier adressé au Recteur il y a déjà deux mois. En attendant, ils et elles continuent de travailler dans des conditions précaires, sans statut clairement défini, souvent sans matériel, et même parfois sans salle de classe attitrée…

De plus, le poste d’Inspecteur en Langues de Guyane qui aurait du être créé l’année dernière n’est toujours pas là. Le même bricolage qui dure depuis des années risque de décourager les collègues les plus motivés et dévoués, au moment où leur travail est proche de porter ses fruits. Une nouvelle génération d’enseignants plurilingues, expérimentés, formés et désireux de travailler dans leur commune est en effet en train d’émerger, alors que justement on manque de professeurs dans de nombreuses classes.

C’est pourquoi nous demandons au Recteur et au Ministre une réponse dans les meilleurs délais, afin de débloquer les moyens promis pour la formation des ILM et pour l’Inspection en Langues de Guyane.

Nous nous tenons prêts à passer à l’action si le Rectorat persistait dans son silence coupable.

Au moment où les conditions de travail et de formation des enseignants et des personnels administratifs se dégradent dangereusement, au moment où la hiérarchie nous culpabilise alors que la gouvernance fait gravement défaut, au moment où l’enseignement du créole guyanais devrait être consolidé, nous déclarons que la situation des ILM et des professeurs des écoles locuteurs bilingues nous concerne tous et toutes !

Nous nous adressons à tous les enseignants et personnels de l’éducation, aux parents d’élèves, aux élus, aux associations et à toutes celles et ceux qui ont aspiré en mars-avril 2017 à l’émergence d’une Guyane nouvelle, respectueuse de toute sa richesse culturelle et fière de tous ses enfants :

 Respect de la parole donnée ! Egalité entre tous nos élèves !



Journée d'action pour les Langues de Guyane compte sur vous aujourd'hui

Journée d'action pour les Langues de Guyane a besoin de votre aide pour sa pétition “Monsieur le Recteur: Guyane : pour l'enseignement des langues maternelles à l'école”. Rejoignez Journée d'action pour les Langues de Guyane et 2 572 signataires.