Monsieur Blanquer, Ne prenez pas les enseignants pour des pigeons !

Monsieur Blanquer, Ne prenez pas les enseignants pour des pigeons !

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Quand elle atteindra 200 signatures, cette pétition aura plus de chance d'être inscrite comme pétition recommandée !
Michel RODRIGUEZ a lancé cette pétition adressée à Monsieur Blanquer

Monsieur le Ministre, 

Je vous remercie pour la gentille lettre que vous avez adressée à tous les enseignants à la veille d’une journée d’action annoncée de longue date et à laquelle je m'apprêtais à participer.

Heureusement que vous m'avez ouvert les yeux, j'allais commettre une grave erreur moi qui croyais que cette réforme était faite pour économiser une fois de plus des milliards d'euros sur les faibles revenus pour pouvoir les redistribuer à tous ces puissants, tous ces riches, qui n'en ont jamais assez et que votre gouvernement cajole depuis sa nomination …

Trêve de plaisanterie ! Si c'est là ce que vous espérez inspirer comme réaction à vos lecteurs enseignants, c'est que vous avez oublié que les enseignants sont aussi cultivés que vous, que leur profession est une profession intellectuelle, et qu'ils sont donc bien placés pour repérer dans un discours, a fortiori dans un discours écrit, la part d'argumentaire et de raisonnement logique, et celle de la rhétorique, des sophismes ou des vulgaires mensonges.

Votre gouvernement aurait pu éviter cette journée d'action contre le projet :

Il l’aurait évitée si, au lieu de faire le pari d’une opinion publique lasse d’une série de luttes réprimées à grand renfort de grenades de désencerclement, de LBD et  de campagnes médiatiques d’intoxication sur le thème de « la France qu’on prend en otage », le gouvernement avait fait celui d’une analyse objective de la situation : Celle d’une  population dont les 10% les plus riches continuent de s’enrichir pendant que la classe moyenne se paupérise et que la misère s’empare des « petites gens » … Vous savez, ceux-là même que votre Guide Suprême appelait  « les gens qui ne sont rien » pour dire à quel point il veut les défendre …

Ayant lui-même « voulu l'affrontement » en déplaçant le problème sur le champ des régimes spéciaux de manière à démobiliser le reste des salariés et des fonctionnaires et à jeter le discrédit sur les corporations les plus à même de « bloquer le pays » afin de rendre impopulaire le mouvement, le gouvernement se condamne aujourd'hui à l'affronter, ce mouvement. Et il commence à prendre peur en constatant qu'il a sous-estimé la mobilisation ... Alors on essaye tous les contre-feux possibles.

Le vôtre, de contre-feu, serait comique, s'il n'en disait pas pas tant sur la considération que vous portez à vos troupes, et sur votre détermination à protéger les forces qui vous ont mis aux pouvoir contre... les fonctionnaires et les salariés envers lesquels vous avez statutairement le devoir d'assistance !

De ridicule, il en devient désespérant.

Relisons la quand même, cette lettre … pour que vous ne puissiez plus vous imaginer pouvoir nous tromper un jour …

« Mesdames et messieurs les Professeurs,

Le Gouvernement a pour objectif de créer un système universel de retraite qui couvrira tous les Français selon une règle simple et juste : un euro cotisé dans le système apportera les mêmes droits. »

Une règle « Simple » … peut-être, Monsieur le Ministre ... à vrai dire, tant que vous ne l’aurez pas vraiment formulée dans le détail, on ne pourra pas en juger… Mais « juste » ? Monsieur Macron a même osé l’adjectif « égalitaire » …

Sous prétexte qu’un euro cotisé apporterait la même chose  quel que soit le cotisant ?

C’est ça, pour vous l’égalité ???  Ce n’est pas, en tous cas, le sens qu’en ont donné les promoteurs de notre devise républicaine !  Un adjectif plus honnête , si vous aviez vraiment pris cette résolution de manière radicale, aurait été « proportionnelle» , et proportionnelle ne serait déjà ni juste ni égalitaire, car il est largement établi que les emplois permettant le moins de cotisation au bout d’une carrière complète correspondent aux catégories sociales dont l’espérance de vie est la plus basse (l’espérance de vie en bonne santé n’en parlons pas !...)

Mais le comble c’est que la cotisation n’est elle-même pas « égalitaire » selon votre définition ou proportionnelle selon ma correction : Au-delà de 3 SMICs le pourcentage de cotisation sur les hauts salaires passe de 25% à 2,8%... Les plus hauts salaires ne cotiseraient plus « au même taux que les autres » … Sans doute le gouvernement a-t-il encore pitié d’eux … Vive la solidarité... entre riches !

Voyons la suite …

"Alors que nous arrivons à la fin d’une période de concertation engagée début 2018, le Premier ministre a précisé il y a quelques jours certains aspects importants de la réforme : le nouveau système de retraite sera un système de répartition, comme aujourd’hui, basé sur la solidarité entre les générations ;
ce sera un système par points, et nous inscrirons dans la loi la garantie que la valeur du point ne pourra pas baisser ; ainsi nous garantirons le niveau des pensions et le pouvoir d’achat des retraités ;
nous mettrons en place un minimum de pension à 1000 euros par mois pour ceux qui ont une carrière complète."
 

Voilà de bien piètres garanties ! le point ne pourra pas baisser ? La belle affaire… Ne pas l’indexer suffit à garantir que le pouvoir d’achat baissera naturellement comme le gel des salaires a fait baisser notre pouvoir d’achat depuis tant d’années !

Minimum 1000 € assurés ? Waouh ! Quelle confiance ça nous inspire tous ! Et s’il manque un trimestre, là on ne garantit plus rien ?

 

"S’agissant des fonctionnaires, il a confirmé que ce nouveau système de retraite représenterait un progrès dans deux directions : 

ils cotiseront dorénavant sur toute leur rémunération, y compris sur leurs primes ; cela veut dire plus de droits qu’aujourd’hui ; cela veut dire aussi qu’à carrière et rémunération identique, les droits à la retraite seront identiques, ce qui n’était pas le cas aujourd’hui ;
Nous étendrons à la fonction publique la reconnaissance de métiers pénibles, qui n’existait jusque-là que pour le secteur privé. "

… Que de bontés, que de largesses … Et si on parlait du calcul sur l’ensemble de la carrière au lieu de prendre le salaire des 6 derniers mois ? … C’est un détail ça ?... C’est plus de droits qu’aujourd’hui, ça ?

"Pour les enseignants

Du fait du montant plus limité des primes versées aux enseignants par rapport à d’autres fonctionnaires comparables, le Gouvernement s’est engagé à ce que la mise en place du système universel s’accompagne d’une revalorisation salariale permettant de garantir un même niveau de retraite pour les enseignants que pour des corps équivalents de la fonction publique.

Cet engagement a été formulé par le Président de la République et le Premier ministre. Il sera formalisé dans le projet de loi créant le système universel."

Ce dernier argument est le plus admirable : la formulation bien alambiquée de cet engagement … Vous avez dû y réfléchir longtemps pour trouver la phrase idoine !

Vous ne pouviez pas dire tout simplement que « vous vous engagez à ce qu’aucun enseignant n’y perde par rapport au système actuel », puisque votre projet est précisément de distribuer moins de pensions aux retraités et que vous faites la réforme dans ce seul but. Il fallait garantir un niveau qui rassure mais sans vraiment dire lequel pour faire ensuite ce que vous voudrez … Et c’est là qu’arrive les « corps équivalents de la fonction publique » …

C’est quoi le corps équivalent d’un agrégé, auquel vous vous référez, Monsieur le Ministre ? …  Que signifie "équivalent" dans cette phrase ? Dans quels textes de loi cette notion de corps équivalents est-elle définie ? Si vous décidez de faire baisser le niveau de garantie de tous les corps, vous pourrez promettre à chacun de ne pas être plus lésé que son voisin ...

"Je vous tiendrai régulièrement informés de l’avancement des discussions entre le Gouvernement et les organisations syndicales."

Non merci … Je me tiendrai au courant sans votre aide.

"Je vous prie de croire, mesdames et messieurs les Professeurs, en l’assurance de ma considération distinguée."

Non, je n’y crois pas du tout, en votre « assurance », Monsieur le Ministre, encore moins à votre "considération", que j'ai évoquée plus haut …

Mais je vous adresse en retour l’expression de mon absolue conviction du point suivant : Vous ne convaincrez personne que c’est à l’intérêt public que votre gouvernement pense en proposant cette réforme. Il saute aux yeux que c'est plutôt à des "intérêts" qu’il a déjà beaucoup servis depuis sa nomination , et qui sont très, très privés !!!

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