Petition updateLiu Xiaobo est mort, n'abandonnez pas Liu Xia !Un amour à faire pleurer les oiseaux du Ciel
Béatrice DESGRANGESFrance
Aug 27, 2017
La Chine célèbre aujourd'hui la Fête des Amoureux, ou plutôt les Amants séparés - le bouvier et la tisserande -, victimes d'une cruelle Reine céleste, se pleurant l'un l'autre sur les rives opposées la Voie Lactée. Mais le miracle de leur amour émeut jusqu'aux oiseaux du Ciel. Le septième jour du septième mois, au premier croissant de lune, les pies, montant à tire-d’aile jusqu'au Firmament, se tiennent les unes les autres par la queue, construisant de leurs corps un pont qui enjambe le Fleuve céleste. Le bouvier et la tisserande s'y rejoignent pour célébrer, à jamais, l'amour persécuté... Vous pourrez lire cette belle légende, dans son intégralité sur mon site http://zhongguowenhua.free.fr/phpBB3/viewtopic.php?f=21&t=79 Mais je vous invite surtout à lire la lettre ouverte que j'ai écrite ce matin au Président de la République pour lui demander de sortir de son silence complice et d'exiger la libération de Liu Xia. "Monsieur le Président de la République, Vous vous revendiquez volontiers de votre formation philosophique. C’est donc en philosophe que je vous interpelle aujourd’hui. Votre discrétion sur l’agonie du Prix Nobel de la Paix Liu Xiaobo derrière les barreaux (non, je ne parle pas par métaphore, les fenêtres de sa chambre d’hôpital à Shenyang étaient bel et bien munies de barreaux), votre silence sur la sinistre mascarade de ces funérailles maritimes qui le privaient à jamais de sépulture, votre mutisme sur la séquestration de sa veuve, Liu Xia, sont indignes de la philosophie dont vous vous réclamez. Comme l’écrivait Sartre dans "Les Temps Modernes" en 1945, « serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action ». Interrogé par un journaliste chinois lors de votre conférence de presse sur les relations franco-chinoises le 13 juillet, vous avez préféré saluer en Xi Jinping un « grand leader » que d’évoquer le décès d’un homme dont toute la pensée était nourrie de la philosophie des Lumières et des idéaux du 14 juillet. En vous contentant d’un tweet de condoléances, comme vous l’avez fait dans la soirée, vous avez ajouté la grossièreté d’un Donald Trump à la faute morale et politique qu’était déjà cet acte d’allégeance à Xi Jinping ! Sans doute pourriez-vous invoquer « l’éthique de la responsabilité », qui obtient des résultats au mépris des principes, contre « l’éthique de la conviction », intransigeante sur les principes au risque de conséquences dramatiques. Sans doute le sort de Liu Xia, qui paye le Prix Nobel décerné à son mari en Octobre 2010 de sa propre liberté, vous donnerait-il apparemment raison. Mais si la Norvège n’avait pas sacrifié Liu Xiaobo au commerce du saumon et si nos démocraties n’avaient pas baissé pavillon devant Pékin, aurions-nous à le déplorer aujourd’hui ? La diplomatie à pas feutrés a fait la preuve de son échec. A force de réserver la question des droits de l’homme au secret des ambassades pour ménager la susceptibilité de la Chine, on a livré les dissidents chinois à l’enfer de la prison, de la torture et de la mort dans l’indifférence de l’opinion mondiale. Nos démocraties ont naïvement cru que la conversion de Pékin au libéralisme économique entraînerait, mécaniquement, sa conversion au libéralisme politique. Oubliant Tian’Anmen et la terrible répression du Tibet en 2008, elles ont donné les Jeux Olympiques à la Chine, accéléré le transfert de technologies vers « l’atelier du monde », promu la Chine au rang de deuxième puissance internationale. Et c’est le contraire qui s’est produit. Loin de se convertir aux valeurs démocratiques, la Chine a fait de sa Constitution, qui reconnaît les Droits de l’homme depuis 2004, un chiffon de papier. Elle affirme aujourd’hui, à travers Zhou Qiang, le magistrat suprême du pays, « lever le glaive » contre les « idées erronées de l’Ouest de démocratie constitutionnelle, de séparation des pouvoirs et d’indépendance de la justice » qui « menacent le rôle dirigeant du Parti » ! Forte de sa puissance financière et de notre dépendance, elle musèle une à une les voix étrangères qui osent encore s’élever contre l’arbitraire et la violence. On ne compte plus les entreprises et les institutions académiques qui se plient à ses diktats : c’est Lancôme annulant un concert de Denise Ho, coupable de sympathies démocratiques à Hong Kong, c’est Sciences-Po déprogrammant une visite du Dalaï-Lama, c’est les Presses Universitaires de Cambridge supprimant des centaines d’articles de son corpus en ligne pour complaire à Pékin ! Chacune de nos reculades donne de nouvelles forces à la Chine contre la démocratie et contre les avocats chinois des droits de l’homme, odieusement réprimés. Xi Jinping, qui soustrait l’épouse du Prix Nobel de la Paix à la vue du monde ou l’exhibe dans de cyniques vidéos de propagande, est aujourd’hui le « maître des horloges ». Si la France ne pèse pas de tout son poids sur la Chine pour obtenir la libération du Liu Xia, elle portera le fardeau de son silence et de sa lâcheté devant l’Histoire. Monsieur le Président de la République, de grâce, vous ne pouvez plus vous taire, vous ne pouvez pas, comme si de rien n’était, faire jouer à votre épouse le jeu de la « diplomatie des pandas », exigez la libération immédiate de Liu Xia ! Béatrice Desgranges" Message posté ce matin sur http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/ et n'oubliez pas de signez ma pétition à la Mairie de Paris https://www.change.org/p/mme-hidalgo-après-la-mort-de-liu-xiaobo-paris-doit-afficher-son-soutien-à-liu-xia
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