Actualización de la peticiónLiu Xiaobo est mort, n'abandonnez pas Liu Xia !30 août, journée internationale des victimes de disparition forcée
Béatrice DESGRANGESFrancia
30 ago 2017
Il y a 49 jours décédait Liu Xiaobo. En Chine c’est le jour sacré où prend fin le rituel du deuil. Encore une fois, Liu Xia n’aura pas eu le droit de rendre hommage à son époux comme l’exige la tradition… Ses deux dernières apparitions sur YouTube (cf. les mises-à-jour précédentes) sont à l’évidence le fruit d’une grossière manipulation : pourquoi choisirait-elle d’envoyer un message à ses amis et à sa famille sur une plateforme vidéo bloquée en Chine ? comment même le ferait-elle, privée qu'elle est d'ordinateur, d'Internet, de téléphone et de tout moyen de communication ? Selon Hu Jia, Liu Xia aurait été emmenée de force à Dali, dans le Yunnan. Les autorités l’auraient informée qu’il n’était pas question qu’elle soit libérée avant la fin du Congrès de l’Assemblée du Peuple, en mars 2018, et que son cas pourrait être alors être réexaminé… Une vague déclaration qui n'engage à rien et qui laisse craindre le pire... Mais ce 30 août est aussi la journée internationale des victimes de disparition forcée et le cas de Liu Xia est emblématique de cette tragédie. Comme on peut le lire aujourd’hui sur le site de Reporters sans Frontières, les « enlèvements d’État » sont une solution de plus en plus couramment utilisée « pour s’affranchir de la loi ». « La pratique de l’enlèvement permet aux dirigeants de contourner les dispositifs qui garantissent les droits de la défense : code de procédure, information des proches, présence d’un avocat, examen médical, durée limitée de détention. En Chine, Liu Xia, la veuve du prix Nobel de la paix Liu Xiaobo, est officiellement libre de ses mouvements. Les autorités la retiennent pourtant prisonnière dans un lieu secret, une situation qui a obligé son avocat à porter plainte à l’ONU pour “disparition forcée” le 3 août dernier [une précision : Liu Xia n’a pas d’avocat en Chine, Jared Genser s’est auto-désigné comme tel à l’ONU]. Il y a longtemps que le régime de Pékin a pris l’habitude d’offrir des “vacances forcées” à certains opposants dans la station balnéaire de Hainan (sud), notamment à la veille d'événements risquant de leur offrir une tribune : Jeux Olympiques, sommet du G20, commémorations de Tian’anmen, Congrès du Parti Communiste… Cette pratique “soft” ne s’applique malheureusement qu’aux personnages protégés par leur notoriété internationale. Pour les anonymes, les “vacances” s’effectuent au cachot et s’accompagnent d’actes de torture et de privation de soins qui rendent souvent les victimes méconnaissables. Depuis l’accession du président Xi Jinping à la tête de l’État chinois, en 2013, l’enlèvement est devenu une pratique systématique en ce qui concerne les défenseurs des droits de l’homme et de la liberté de l’information. L’an dernier, le couple de journalistes citoyens Lu Yuyu et Li Tingyu, lauréats du prix RSF 2016, qui recensaient dans un blog les mouvements sociaux dans le pays, a ainsi été enlevé brutalement par des hommes en civils et détenus au secret plusieurs semaines avant d’être officiellement arrêtés. » https://rsf.org/fr/actualites/journee-internationale-des-victimes-de-disparition-forcee-ces-etats-qui-font-disparaitre-les
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