Créer une Culture de la Contribution

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Il n'est pas répandu de penser que toute personne peut vivre décemment de ses propres talents.

Nous avons chacun-e des facilités pour acquérir certains savoir-faire particuliers à découvrir, à développer et à approfondir.
Ces compétences à naître et à faire mûrir nous sont extrêmement spécifiques et naissent de notre intériorité.
Les enseignements qui sont transmis à l'école ne sont pas forcément en adéquation avec la singularité des aspirations des élèves ni avec la temporalité de leurs désirs de réalisation.
Ils procèdent de l'extérieur vers l'intérieur.
Ne serait-il pas temps de construire nos activités professionnelles en partant de nos aspirations les plus profondes ?
Ne serait-il pas temps d'enseigner dans nos écoles, avec les outils d'intériorisation existants et ayant prouvé leur efficacité, à rechercher ce qui nous anime au plus juste de qui nous sommes ?

Ne serait-il pas temps de cesser de chercher à transmettre à un enfant des informations dont il n'aura jamais besoin, qui ne le dispose pas en ouverture d'esprit, qui ne suscite pas sa curiosité à cet instant ?
Ne serait-il pas beaucoup plus efficace de s'harmoniser avec la réalité des motivations de chaque élève et de susciter son enthousiasme en nourrissant ses élans naturels, qu'ils aient lieu sur les plans mentaux, corporels, ou émotionnels ?
La plupart des êtres humains développent des compétences à cheval sur de multiples secteurs.
Or l'enseignement standard, conçu par catégories, contraint à des limitations de développement, sans parler des difficultés à créer des passerelles et à faciliter l'interpénétration disciplinaire. Par ailleurs, de nombreux savoir-faire ne sont pas valorisés.

Au nom du temps qu'il nous faut ensuite pour rétablir notre alignement avec notre véritable contribution dans ce monde, et bien qu'un minimum de formatage semble indispensable à l'intégration d'un savoir-faire, ne vaut-il pas mieux miser dès le début d'une éducation sur la recherche patiente, progressive et déterminée des actions, activités ou contemplations qui procurent aux élèves un réel sentiment d'accomplissement ?
Ne vaut-il pas mieux comprendre que la plupart des enfants d'aujourd'hui créeront leur propre métier ?
La sur-adaptation aux besoins d'une société génère beaucoup d'agressivité et peut conduire à une grande désorientation sur les plans psychologiques. Ne pas trouver sa contribution amène à de grands états de solitude, de frustration et d’impuissance conduisant à la violence ou à la dépression.

Pourquoi le développement personnel est-il réservé et cantonné à un public d'adultes ? 
Ne serait-il pas temps d'inclure dans les programmes scolaires des outils et disciplines permettant aux enfants de développer leur capacité d'intériorisation afin de parfaire leur processus de maturation dans la recherche de leur contribution personnalisée ? Avant de pouvoir vivre en harmonie avec les autres, il est nécessaire de se découvrir et d'entrer en connaissance de ses propres fonctionnements.  

Je suis formatrice en art du clown et il n'est pas un jour où je n'observe à quel point l'intériorisation est le levier des quêtes de sens et des désirs de matérialisations professionnels. Une formation initiale d'ingénieur ne m'a pas empêchée d'œuvrer à nourrir mes aspirations les plus vitalisantes, si éloignées semblaient-elles de mon parcours scientifique. 

Les personnes âgées ont un rôle crucial à jouer dans la recherche de la contribution d'un enfant en leur transmettant le récit et les enseignements vivants de leur propre quête de réalisation. Ne serait-il pas temps de connecter la sagesse des anciens aux interrogations concrètes des élèves de nos écoles ?

En grandissant, nous mettons en place des habitudes de consommation amoindrissant nos réflexes de solidarité qui nous mèneraient à échanger simplement nos savoir-faire et ainsi à reconstituer les "sociétés de don" qui fonctionnaient avant la création de l'argent. En inventant une étape intermédiaire - l'échange d'argent - à cette société de don nous nous assujettissons à la satisfaction de besoins secondaires qui n'ont aucun lien avec notre contribution et nous perdons beaucoup de temps à ne pas nourrir nos élans de fond.

Nous démantelons l'humanisation qui naîtrait de l'interaction directe liée à un échange de savoir-faire et ce faisant défaisons le tissu social et solidaire caractérisant une société de don. Il est temps de retrouver nos réflexes d'entraide et de quitter les états d'esprit monético-dépendant, qui nous font oublier comme il est si simple de contribuer aux projets de tout un chacun en mettant en jeu sa propre contribution. Ce démantèlement affaiblit l'élan à la participation aux événements auxquels nous pourrions justement contribuer.

De plus, dans notre société, transformer sa contribution en métier requiert une implication dans le processus de la démocratie, sans quoi nous nourrissons notre passion sans l'inscrire socialement. Or il n'existe pas d'enseignement à la participation à la vie de la collectivité. Les écoles transmettent un savoir concernant les différentes institutions régissant la collectivité, sans enseigner les manières d'y contribuer et de s'y impliquer.

Initiées par Mickael Tellinger en Afrique du Sud et essaimant dans le monde entier, il existe des aujourd'hui des communautés vivants sur le modèle du"contributionnisme": chaque personne donne au collectif 3h de son temps par semaine en échange de quoi il bénéficie des contributions de chacun-e. Les communautés ainsi formées (en général un millier de personnes) vivent uniquement de ces échanges multiples. Ce modèle fraternel, nommé "Ubuntu", basé sur l'alignement de chaque personne sur ses plus hautes aspirations est opérationnel.

Je milite pour la création d'une culture de la contribution, qui, par ses actions et réflexions, nous fasse progressivement prendre conscience que le seul effort qui soit efficace en matière d'enseignement est celui qui prend en compte et consulte la réalité des affinités d'une personne. L'éducation d'un enfant devrait tenir compte de son développement créatif et personnel.  

Il est nécessaire aujourd'hui d'introduire dans les écoles des disciplines offrant aux élèves l'opportunité de se découvrir de manière joyeuse et désintéressée. Il est tout autant nécessaire d'éduquer à la participation à la vie démocratique pour permettre, plus tard, la transformation de leur passion en métier.

Je demande audience auprès du Ministère de l'Education Nationale pour l'introduction d'artistes-enseignants, de professionnels du développement personnel et de l'inscription sociale dans nos écoles.

Plus nous serons nombreux et plus nous aurons une grande efficacité pour lutter contre la violence générée par ces besoins non comblés.



Lydie compte sur vous aujourd'hui

Lydie Taieb a besoin de votre aide pour sa pétition “Ministre de l'Education Nationale: Créer une Culture de la Contribution”. Rejoignez Lydie et 511 signataires.