
Les dirigeants d’Arkéa s’enferment dans le déni de la réalité.
Leur projet d’indépendance est mort.
Ils ont perdu leurs multiples procès, la justice leur a donné tort, les autorités de supervision refusent de les suivre.
La réforme de l’organe central a été faite : les bretons en avaient critiqué le fonctionnement en 2014, leurs critiques ont été prises en compte et aujourd’hui le rôle de la Confédération Nationale du Crédit Mutuel (CNCM) est incontestable. Elle ne nuit en rien au dynamisme et à la capacité de développement des fédérations et du Crédit Mutuel Arkéa en particulier.
L’appartenance au Crédit Mutuel, la banque préférée des Français, est un atout indéniable, reconnu : les excellents résultats du Crédit Mutuel Arkéa comme de l’ensemble des fédérations le prouvent.
Pourquoi vouloir renier la marque qui a fait la force du CMB et du CMSO ? La solidarité qui relie l’ensemble des fédérations ? Pourquoi trahir l’histoire et la travestir ? Louis Lichou, notre « grand timonier » et Théo Braun ont toujours su dépasser les différents ponctuels, aplanir les conflits naissants, privilégier l’intérêt général sur les querelles futiles.
Ce qui unit leur est toujours apparu plus fort que ce qui divise.
Il est vrai que le président actuel, tout récent sociétaire, ne connaît pas l’histoire du CMB et du CMSO, pas plus que nombre des nouveaux dirigeants.
Ils sont pourtant les héritiers d’un mouvement profondément enraciné dans nos régions, un mouvement où la solidarité au service des personnes et du développement économique n’est pas un vain mot.
Un mouvement qui s’est appuyé sur deux piliers : la démocratie chrétienne imprégnée de la doctrine sociale de l’église et le syndicalisme ouvrier.
Joseph Riot, le directeur de la fédération des Caisses d’Entraide des Côtes-d’Armor avant de devenir le secrétaire général du CMB fut aussi un dirigeant syndical comme l’était Roger Doche, militant de la CGT à l’arsenal de Ruelle en Charente, avant d’être le directeur puis le président du CMSO.
Tous deux, de sensibilités différentes, mais représentant d’une classe ouvrière éclairée, animée d’un esprit mutualiste d’entraide et de coopération, ont su faire vivre un système de solidarité.
Sans être des nostalgiques du passé, nous sommes persuadés que rien de solide ne peut se bâtir en oubliant d’où nous venons, en oubliant les idéaux des fondateurs.
Aujourd’hui notre groupe est puissant, leader dans l’Ouest parce que nous avons toujours su marier les valeurs fondatrices et la volonté d’innovation, source de notre développement.
Cette capacité d’innovation, cet ancrage dans l’économie et la société de nos régions et l’appartenance au groupe du Crédit Mutuel sont les trois piliers qui ont fait le succès d’Arkéa, ils doivent être préservés.
Au lieu de cela, les directrices actuelles semblent s’enferrer dans une logique conflictuelle, destructrice de valeur à terme.
Les énergies doivent être consacrées à la préparation de l’avenir : l’heure n’est plus aux divisions mais à l’action.
L’agriculture bretonne va souffrir de la guerre entre l’Ukraine et la Russie, il faut la soutenir. Il faut accompagner les plus modestes face à l’inflation. Il faut réussir la transition écologique. Il faut faire vivre les réseaux : Arkéa à deux composantes, le CMB et le CMSO : la pérennité de ce dernier et son développement passent par l’amélioration de son assise financière : il n’a gagné que 4 millions d’euros en 2021, l’année de tous les records pour les banques.
Voilà ce qui devrait être les priorités d’Arkéa au lieu de s’épuiser dans de stupides et vaines guerres fratricides.
Son entourage voudrait-il que Julien Carmona ne soit que l’hologramme de Jean-Pierre Denis ? Nous l’appelons à solder les conflits du passé, à acquérir son autonomie pour devenir enfin le leader que mérite le Crédit Mutuel Arkéa au sein du Crédit Mutuel.
PS: Comme l'a écrit Ernest Renan dans Souvenirs d'enfance & de jeunesse:
"Les vrais hommes de progrès sont ceux qui ont pour point de départ un respect profond du passé".
Que cette pensée puisse inspirer nos nouveaux dirigeants.