
La récente diffusion d’un document d’auto justification de Crédit Mutuel Arkéa à destination des administrateurs appelle de notre part quelques réflexions.
Ce document glorifiant la politique scissionniste comporte erreurs, approximations et appelle rectification et mise au point.
Tout d’abord au moins une autre banque a son siège en région : la BFCM reste implantée à Strasbourg, elle reste fidèle à son siège historique.
Plus proche de nous, nous pourrions aussi citer la Caisse Fédérale du Crédit Mutuel de Laval et la Caisse Fédérale du Crédit Mutuel Océan.
L’adossement de la fédération de Lille à Alliance Fédérale résulte d’une décision de son conseil d’administration qui, en toute indépendance, a estimé que c’était la meilleure solution pour assurer la pérennité de l’entreprise.
Il ne s’agissait nullement d’une volonté centralisatrice de la Confédération ou de Strasbourg.
La situation de la Bretagne est bien différente.
En quoi est-il anormal d’imposer la marque Crédit Mutuel pour toutes les activités financières de nos Caisses ?
Les sociétaires ont acquis des parts sociales de Caisses de Crédit Mutuel et non pas d’une entité Arkéa. Crédit Mutuel Arkéa est encore membre de la Confédération du Crédit Mutuel et doit donc en respecter les règles.
Un avis confédéral sur les investissements les plus importants est un gage de sécurité pour les épargnants.
À l’heure actuelle, jamais un investissement représentant 5 % des capitaux propres n’a été réalisé par Crédit Mutuel Arkéa.
La Confédération ne s’est jamais opposée à un projet de Crédit Mutuel Arkea, l'avis confédéral sur les produits et services se résume simplement à un contrôle de conformité.
Crédit Mutuel Arkéa parle beaucoup de solidarité mais commence par vouloir casser la solidarité nationale.
Il y a une réelle contradiction : Crédit Mutuel Arkéa déclare sa passion pour ses territoires et son enracinement dans les régions et commence par choisir un président parisien qui n’a nulle intention de s’enraciner dans une de nos régions.
Il disposera simplement d’un appartement de fonction en Bretagne.
Sa conversion au mutualisme est très récente : ce président n’était même pas sociétaire d’une caisse avant de prétendre à la fonction qu’il occupe aujourd’hui.
Il existe une deuxième contradiction : Crédit Mutuel Arkéa dénonce la volonté centralisatrice des organes de régulation mais espère obtenir de ces mêmes instances l’autorisation de faire éclater le groupe Crédit Mutuel.
Enfin que penser de la rupture conventionnelle que serait en train de négocier Jean Pierre Denis ?
Il a décidé volontairement d’abandonner ses mandats et se retrouve en position de quémander une indemnité tel qu’il est précisé dans le document, où est la logique ?
D’autant que cet ancien président dispose d’un point de chute fort bien rémunéré chez Paprec et reste président de la filiale viticole de Suravenir !
Nous entendons les appels au dialogue de Crédit Mutuel Arkéa mais comment croire à une volonté réelle d’apaisement lorsque ses dirigeants maintiennent une volonté de rupture et de scission ?