HALTE A L'EPANDAGE AGRICOLE DES COMPOSTS-POUBELLES ISSUS DE TMB

Le problème

Vallée de la Galaure - Drôme

Depuis quelques temps sont apparus dans les champs de notre vallée d'étranges monticules composés de résidus issus du traitement des ordures ménagères. Le terme technique pour ces matières est TMB, du nom du process industriel qui en est à l'origine (Traitement Mécano-Biologique). Ils sont aussi appelés « composts » même si ce terme est très inapproprié, comme nous l'expliquons plus loin. Le centre producteur est le Centre de Valorisation Organique des déchets ménagers (CVO) de Saint Barthélémy de Vals dans le Nord de la Drôme, géré par le SYTRAD (SYndicat de TRaitement des déchets Ardèche Drôme).

Après avoir été déversés en tas, les produits TMB sont épandus en plein champ en tant qu'amendement organique, avant labour de la terre. Ceux qui vivent dans le voisinage savent déjà que ces épandages s'accompagnent d'une odeur particulièrement désagréable, voire insoutenable, qui perdure pendant plusieurs jours dans l'air. Difficile à qualifier, entre le lisier et la poubelle oubliée dehors par temps de canicule, elle n'a en tous cas rien d'une odeur naturelle qu'on s'attend à trouver en campagne.

Vus de près, ces tas entreposés dans les champs avant épandage, sont de couleur globalement sombre. Ils se composent de matières finement broyées, pour partie d'origine organique et pour le reste constituées de très nombreux petits fragments de déchets non organiques (plastiques, verres, métaux, fragments de câbles électrique,...).

Prendre une poignée de ce soi-disant « compost » et la humer est une expérience qu'on oubliera pas, l'odeur qui s'en dégage étant, presque à proprement parler, « à vomir ». Elle n'est en rien comparable à celle d'un vrai compost, c'est-à-dire un produit issu exclusivement de déchets organiques biodégradables, qui s'apparente à du terreau. Parler de « compost » pour des produits issus des résidus broyés d'ordures ménagères (c'est-à-dire le tout-venant des poubelles) est donc tout à fait injustifié, voire même mensonger.

D'ailleurs, la norme française pour ces produits issus de TMB le confirme puisqu'elle autorise 5 kg de verre et de métaux et 2,75 kg de plastiques par mètre cube de « compost », sans compter les métaux dangereux et tous les autres substances potentiellement polluantes présentes dans les ordures banales (antibiotiques, Composés Traces Organiques, perturbateurs endocriniens, résidus de piles, ...). Les analyses obligatoires sont au nombre de 4 par an seulement et les échantillons sont prélevés par les industriels producteurs (donc pas de contrôle réellement indépendant).

Ces produits sont mis gratuitement à disposition des agriculteurs, sauf le coût du transport. Certains agriculteurs s'en méfient, ne voulant pas, à juste raison, hypothéquer leur outil de travail, c'est-à-dire la terre. Mais d'autres y voient l'opportunité d'un amendement bon marché et acceptent de les répandre sur leurs terres.

Pourtant plusieurs organismes officiels se sont prononcés contre l'utilisation de ces produits en agriculture. Ainsi, le collectif France Nature Environnement (FNE), représentant 3500 associations de protection de la nature et de l'environnement, milite résolument contre et dans un communiqué récent affirme que « du compost avec du plastique dedans, ce n’est pas du compost ! ». FNE se mobilise pour que l’Union Européenne n’encourage pas le pseudo-compost issu de nos poubelles, et ne lui retire pas son statut de déchets.

Le CNIID, Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets, estime à propos du TMB que  « c'est un leurre de croire qu'il pourrait être considéré comme un moyen efficace et privilégié de produire du compost normé utilisable en agriculture. » Il préconise plutôt la collecte sélective des bio-déchets fermentescibles.

L'ADEME a quant à elle émis un avis réservé précisant que « les impacts environnementaux des composts actuellement normés issus de TMB n’ont pas été évalués... ». Elle a rappelé « la nécessaire vigilance à avoir sur les critères d’innocuité (teneurs en ETM, CTO) » de ces produits.

Par ailleurs, les oppositions locales à ces projets d'usine TMB et d'épandage sont de plus en plus nombreuses dans toute la France, et sont initiées par les riverains écœurés par les odeurs et inquiets des risques à court et long terme de ces épandages. Ainsi en est-il à Saint Barthélémy de Vals dans la Drôme, où le maire a pris un arrêté le 19 novembre 2015 pour interdire tout épandage des pseudo-composts issus du CVO situé sur son territoire.

La terre et l'eau appartiennent à tous, et surtout aux générations futures. Mélanger durablement de tels produits, que sont les TMB, à la terre agricole, support vivant des cultures et source de l'alimentation humaine, nous semble une solution « antinaturelle », au sens où l'entendait l'écrivain Jean Giono, fervent défenseur du monde paysan.

En effet, qu'en serait-il demain si on continuait sur cette voie ? Essayons d'imaginer ce que deviendrait une terre cultivable qui aurait subi de tels épandages pendant des années ou des décennies ? Assurément, elle ne serait plus une terre naturelle, un milieu favorable à la vie, mais bien plutôt une matrice inerte, polluée de résidus plastiques et autres déchets à dégradation très lente, intoxiquée par les poisons de toutes sortes accumulés au fil du temps et diffusant lentement vers les nappes phréatiques et les rivières.

Par conséquent, pour toutes les raisons ci-avant exposées, et soucieux de voir appliquer le principe constitutionnel de précaution, NOUS, signataires de la présente, habitants ou solidaires des habitants de la vallée de la Galaure, mais aussi des autres territoires concernés par cette problématique :

- Déclarons ne pas vouloir d'une terre et d'une eau durablement viciées, pour nos enfants demain. Par conséquent, nous refusons catégoriquement l'épandage des produits issus du TMB des déchets ménagers sur les terres agricoles, qui les nourriront demain. Nous ne voulons pas, ni pour eux ni pour nous, voir expérimenter plus longtemps dans les champs cette fausse solution, totalement antinaturelle. Nous réfutons cette appellation trompeuse de « composts » pour qualifier ces produits.

- Demandons que soit autant que possible privilégiée la solution de la collecte séparée des bio-déchets exclusivement organiques, en vue d'un compostage à même de fournir de vrais composts valorisables en jardinage ou en agriculture

- Demandons à tous les responsables publics et au monde agricole de cesser de jouer avec le feu avec notre santé et notre environnement, en stoppant ou faisant interdire sans délai la dissémination de tels produits dans la nature, et ce tant que leur innocuité totale sur la santé humaine et l'environnement n'aura pas été formellement démontrée. Nous leur demandons de nous informer dans la plus grande transparence de toutes les décisions prises à ce sujet.

- Enfin et surtout, demandons aux maires des communes, de la Galaure et d'ailleurs, à l'instar de la commune de Saint Barthélémy de Vals, de prendre des arrêtés interdisant totalement sur leurs territoires l'épandage agricole des composts-poubelles issus de TMB, dans l'attente d'un moratoire à plus grande échelle ou de l'évolution de la réglementation spécifique concernant ces produits.

Collectif HEACP – Halte à l'Epandage Agricole des Compots-Poubelles stop.epandage.compost.tmb@gmail.com

« Ce n'est pas pour rien que depuis un moment, à propos de la civilisation technique je traîne ce mot désagréable d'antinaturelle. Mais il dit bien ce que je veux dire et il dit bien ce que cette civilisation est en vérité. Car dans son territoire, cette civilisation essaye de dominer la nature, de la contraindre, de l'obliger, au fond de la combattre, de la vaincre, et, dans le secret des cœurs, inconnu des cœurs même, de la détruire. Et c'est dans le même esprit qu'elle essaye d'intervenir dans la paysannerie, se croyant encore dans son propre territoire alors qu'elle est dans le territoire d'une civilisation d'esprit totalement opposé au sien. C'est qu'il ne s'agit plus ici de combattre, de vaincre et de détruire ! Il s'agit de collaborer, il s'agit de travailler ensemble et, en vérité, on ne sait pas qui est le plus paysan, du paysan ou de la terre. » Extrait de « Le poids du ciel » de Jean Giono

Cette pétition avait 389 signataires

Le problème

Vallée de la Galaure - Drôme

Depuis quelques temps sont apparus dans les champs de notre vallée d'étranges monticules composés de résidus issus du traitement des ordures ménagères. Le terme technique pour ces matières est TMB, du nom du process industriel qui en est à l'origine (Traitement Mécano-Biologique). Ils sont aussi appelés « composts » même si ce terme est très inapproprié, comme nous l'expliquons plus loin. Le centre producteur est le Centre de Valorisation Organique des déchets ménagers (CVO) de Saint Barthélémy de Vals dans le Nord de la Drôme, géré par le SYTRAD (SYndicat de TRaitement des déchets Ardèche Drôme).

Après avoir été déversés en tas, les produits TMB sont épandus en plein champ en tant qu'amendement organique, avant labour de la terre. Ceux qui vivent dans le voisinage savent déjà que ces épandages s'accompagnent d'une odeur particulièrement désagréable, voire insoutenable, qui perdure pendant plusieurs jours dans l'air. Difficile à qualifier, entre le lisier et la poubelle oubliée dehors par temps de canicule, elle n'a en tous cas rien d'une odeur naturelle qu'on s'attend à trouver en campagne.

Vus de près, ces tas entreposés dans les champs avant épandage, sont de couleur globalement sombre. Ils se composent de matières finement broyées, pour partie d'origine organique et pour le reste constituées de très nombreux petits fragments de déchets non organiques (plastiques, verres, métaux, fragments de câbles électrique,...).

Prendre une poignée de ce soi-disant « compost » et la humer est une expérience qu'on oubliera pas, l'odeur qui s'en dégage étant, presque à proprement parler, « à vomir ». Elle n'est en rien comparable à celle d'un vrai compost, c'est-à-dire un produit issu exclusivement de déchets organiques biodégradables, qui s'apparente à du terreau. Parler de « compost » pour des produits issus des résidus broyés d'ordures ménagères (c'est-à-dire le tout-venant des poubelles) est donc tout à fait injustifié, voire même mensonger.

D'ailleurs, la norme française pour ces produits issus de TMB le confirme puisqu'elle autorise 5 kg de verre et de métaux et 2,75 kg de plastiques par mètre cube de « compost », sans compter les métaux dangereux et tous les autres substances potentiellement polluantes présentes dans les ordures banales (antibiotiques, Composés Traces Organiques, perturbateurs endocriniens, résidus de piles, ...). Les analyses obligatoires sont au nombre de 4 par an seulement et les échantillons sont prélevés par les industriels producteurs (donc pas de contrôle réellement indépendant).

Ces produits sont mis gratuitement à disposition des agriculteurs, sauf le coût du transport. Certains agriculteurs s'en méfient, ne voulant pas, à juste raison, hypothéquer leur outil de travail, c'est-à-dire la terre. Mais d'autres y voient l'opportunité d'un amendement bon marché et acceptent de les répandre sur leurs terres.

Pourtant plusieurs organismes officiels se sont prononcés contre l'utilisation de ces produits en agriculture. Ainsi, le collectif France Nature Environnement (FNE), représentant 3500 associations de protection de la nature et de l'environnement, milite résolument contre et dans un communiqué récent affirme que « du compost avec du plastique dedans, ce n’est pas du compost ! ». FNE se mobilise pour que l’Union Européenne n’encourage pas le pseudo-compost issu de nos poubelles, et ne lui retire pas son statut de déchets.

Le CNIID, Centre National d'Information Indépendante sur les Déchets, estime à propos du TMB que  « c'est un leurre de croire qu'il pourrait être considéré comme un moyen efficace et privilégié de produire du compost normé utilisable en agriculture. » Il préconise plutôt la collecte sélective des bio-déchets fermentescibles.

L'ADEME a quant à elle émis un avis réservé précisant que « les impacts environnementaux des composts actuellement normés issus de TMB n’ont pas été évalués... ». Elle a rappelé « la nécessaire vigilance à avoir sur les critères d’innocuité (teneurs en ETM, CTO) » de ces produits.

Par ailleurs, les oppositions locales à ces projets d'usine TMB et d'épandage sont de plus en plus nombreuses dans toute la France, et sont initiées par les riverains écœurés par les odeurs et inquiets des risques à court et long terme de ces épandages. Ainsi en est-il à Saint Barthélémy de Vals dans la Drôme, où le maire a pris un arrêté le 19 novembre 2015 pour interdire tout épandage des pseudo-composts issus du CVO situé sur son territoire.

La terre et l'eau appartiennent à tous, et surtout aux générations futures. Mélanger durablement de tels produits, que sont les TMB, à la terre agricole, support vivant des cultures et source de l'alimentation humaine, nous semble une solution « antinaturelle », au sens où l'entendait l'écrivain Jean Giono, fervent défenseur du monde paysan.

En effet, qu'en serait-il demain si on continuait sur cette voie ? Essayons d'imaginer ce que deviendrait une terre cultivable qui aurait subi de tels épandages pendant des années ou des décennies ? Assurément, elle ne serait plus une terre naturelle, un milieu favorable à la vie, mais bien plutôt une matrice inerte, polluée de résidus plastiques et autres déchets à dégradation très lente, intoxiquée par les poisons de toutes sortes accumulés au fil du temps et diffusant lentement vers les nappes phréatiques et les rivières.

Par conséquent, pour toutes les raisons ci-avant exposées, et soucieux de voir appliquer le principe constitutionnel de précaution, NOUS, signataires de la présente, habitants ou solidaires des habitants de la vallée de la Galaure, mais aussi des autres territoires concernés par cette problématique :

- Déclarons ne pas vouloir d'une terre et d'une eau durablement viciées, pour nos enfants demain. Par conséquent, nous refusons catégoriquement l'épandage des produits issus du TMB des déchets ménagers sur les terres agricoles, qui les nourriront demain. Nous ne voulons pas, ni pour eux ni pour nous, voir expérimenter plus longtemps dans les champs cette fausse solution, totalement antinaturelle. Nous réfutons cette appellation trompeuse de « composts » pour qualifier ces produits.

- Demandons que soit autant que possible privilégiée la solution de la collecte séparée des bio-déchets exclusivement organiques, en vue d'un compostage à même de fournir de vrais composts valorisables en jardinage ou en agriculture

- Demandons à tous les responsables publics et au monde agricole de cesser de jouer avec le feu avec notre santé et notre environnement, en stoppant ou faisant interdire sans délai la dissémination de tels produits dans la nature, et ce tant que leur innocuité totale sur la santé humaine et l'environnement n'aura pas été formellement démontrée. Nous leur demandons de nous informer dans la plus grande transparence de toutes les décisions prises à ce sujet.

- Enfin et surtout, demandons aux maires des communes, de la Galaure et d'ailleurs, à l'instar de la commune de Saint Barthélémy de Vals, de prendre des arrêtés interdisant totalement sur leurs territoires l'épandage agricole des composts-poubelles issus de TMB, dans l'attente d'un moratoire à plus grande échelle ou de l'évolution de la réglementation spécifique concernant ces produits.

Collectif HEACP – Halte à l'Epandage Agricole des Compots-Poubelles stop.epandage.compost.tmb@gmail.com

« Ce n'est pas pour rien que depuis un moment, à propos de la civilisation technique je traîne ce mot désagréable d'antinaturelle. Mais il dit bien ce que je veux dire et il dit bien ce que cette civilisation est en vérité. Car dans son territoire, cette civilisation essaye de dominer la nature, de la contraindre, de l'obliger, au fond de la combattre, de la vaincre, et, dans le secret des cœurs, inconnu des cœurs même, de la détruire. Et c'est dans le même esprit qu'elle essaye d'intervenir dans la paysannerie, se croyant encore dans son propre territoire alors qu'elle est dans le territoire d'une civilisation d'esprit totalement opposé au sien. C'est qu'il ne s'agit plus ici de combattre, de vaincre et de détruire ! Il s'agit de collaborer, il s'agit de travailler ensemble et, en vérité, on ne sait pas qui est le plus paysan, du paysan ou de la terre. » Extrait de « Le poids du ciel » de Jean Giono

Les décisionnaires

Mesdames et Messieurs les Maires de la Galaure
Mesdames et Messieurs les Maires de la Galaure
Monsieur le Président de la Communauté de Communes Porte de Drôme Ardèche
Monsieur le Président de la Communauté de Communes Porte de Drôme Ardèche
Monsieur le Préfet de la Drôme
Monsieur le Préfet de la Drôme

Mises à jour sur la pétition