MARSEILLE VILLE NON VIOLENTE - INFORMEE SUR LE TRAUMA


MARSEILLE VILLE NON VIOLENTE - INFORMEE SUR LE TRAUMA
Le problème
- Depuis des années l'accent est mis sur la répression.
- A la racine des violences il y a le trauma.
- Changeons ensemble de regard les uns sur les autres et bâtissons une société plus empathique.
- L'accent mis sur la répression n’a pas permis de diminuer la violence. A la racine des violences, il y a le trauma.
- Adressons-nous aux causes, aux traumas, pour faire de Marseille, une VILLE NON VIOLENTE.
- En signant ce manifeste, vous participez à un changement de regard collectif sur la violence.
MANIFESTE POUR UNE VILLE INFORMÉE SUR LE TRAUMA
Marseille est une ville généreuse, solidaire, énergique. Marseille est une ville singulière, ville de la débrouille et de l’entraide. Ici, face à l’adversité, nous restons debout, nous combattons les injustices et les inégalités. Mais Marseille est une ville traversée aussi par de nombreuses violences, tant interpersonnelles que sociales et structurelles.
C’est la ville où il y a le plus de sans-abris en France, où les logements indignes et insalubres atteignent des chiffres records. Les narcotrafics génèrent un nombre inégalé d’homicides, au pied des immeubles, près des écoles. Le centre-ville reste très précaire et les moyens de transport très éloignés des standards des autres villes.
Ces violences sociales amplifient et s’ajoutent au nombre déjà important des violences interindividuelles : les violences faites aux femmes et aux enfants, la violence éducative ordinaire, le harcèlement, la discrimination… mais aussi des événements plus banals comme les accidents de voiture ou un divorce, les violences de voisinage, les incivilités de la voie publique.
Toutes ces violences, quand elles se répètent, risquent de générer des “traumatismes psychiques”. Mais de quoi parle-t-on quand nous utilisons ce mot ? Un traumatisme psychique est un événement vécu comme dangereux que notre cerveau ne parvient pas à complètement intégrer. Le danger qui n’est pourtant plus là continue à nous faire peur et notre système de stress est activé de façon chronique et inadapté.
Le souvenir souvent partiel (voire oublié) de cet évènement s'immisce dans notre présent. Des peurs vécues comme présentes sont en réalité reliées à des événements passés. Nous pouvons parfois avoir des réactions émotionnelles irrationnelles, violentes et souvent inadaptées et difficiles à contrôler. Ces
réactions, quand elles se répètent, abîment nos relations et nous isolent. Et sur le long terme ce stress chronique multiplie les risques d’addictions, de dépressions, de suicides et de nombreuses maladies somatiques chroniques.
Environ 70 % de la population générale déclare se souvenir d’au moins un événement traumatogène dans l’enfance, et une personne sur 8 en déclare 4 ou plus. Il y a une corrélation étroite entre le risque de développer des problèmes de santé chronique durant la vie adulte et le nombre d'événements traumatogènes déclarés dans l’enfance. L’OMS nous alerte sur cette “épidémie cachée” qu’elle identifie comme un des problèmes les plus importants de santé publique (voir par exemple le programme Inspire).
Notre vision est simple : les réponses apportées à la violence sont trop axées sur la répression et le contrôle mais pas sur la racine du problème, c‘est-à-dire les violences et leurs conséquences. Si nous voulons désarmer la culture de la violence, il faut casser la spirale implacable de la violence qui génère des traumas non reconnus qui à leur tour provoquent des violences et des traumas, faute d’avoir été reconnus, accueillis et soignés…
Nous, habitantes et habitants de Marseille, faisons le pari de rendre notre ville plus douce, plus compatissante et moins violente. Nous pensons que c’est possible et faisable.
Marseille est une ville de défi qui refuse la fatalité de la violence. A l’instar d’autres villes telles que Philadelphie, Leeds, Toronto, Oslo qui mènent des politiques innovantes “informées sur le trauma”. Ces politiques permettent de mieux accueillir et de mieux soigner les personnes et/ou de prévenir les violences dans ces villes. Elles rendent les citoyens et citoyennes plus forts et résilients face aux adversités. Elles soutiennent le développement de leurs compétences psycho-sociales.
Nous voulons nous inspirer de ces modèles de politiques publiques locales et participatives. L’intérêt de ces politiques qui partent des villes et de leurs habitants est qu’elles permettent l’implantation de programmes qualifiés de “bonnes pratiques“ : des pratiques éducatives et des soins qui ont fait leur preuve au niveau scientifique et des politiques publiques.
Pour y parvenir, un modèle marseillais spécifique et adapté a progressivement été construit avec les acteurs et actrices de terrain et les institutions. Depuis fin 2022, grâce à de nombreux échanges et rencontres collectives, se dessinent les contours d’un programme durable combinant formations, information, mobilisation collective, actions au niveau micro-local et coopération internationale.
Ce programme s’inspire aussi du modèle construit par les autres villes, modèle dit des 4 R : Réaliser (l’ampleur du problème), Reconnaître (quand une personne, un groupe ou un quartier est traumatisé), Répondre (aux besoins des personnes et de la population), éviter de Retraumatiser (par des réponses ou des actes inadaptés).
Ce qui est en jeu : co-construire une nouvelle politique publique de prévention et promotion de la santé pour enrayer la culture de la violence et développer celle de la confiance.
Les fondations de ce programme sont désormais posées, il s’agit de le faire vivre et de le déployer à grande échelle sur la ville de Marseille, et dans la durée, avec un horizon 2040.
En signant ce Manifeste, nous, citoyens, associations, institutions, nous signifions notre soutien à cette démarche et nous engageons à y contribuer et y participer, chacun dans son rôle, à sa manière et à son échelle.
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Le problème
- Depuis des années l'accent est mis sur la répression.
- A la racine des violences il y a le trauma.
- Changeons ensemble de regard les uns sur les autres et bâtissons une société plus empathique.
- L'accent mis sur la répression n’a pas permis de diminuer la violence. A la racine des violences, il y a le trauma.
- Adressons-nous aux causes, aux traumas, pour faire de Marseille, une VILLE NON VIOLENTE.
- En signant ce manifeste, vous participez à un changement de regard collectif sur la violence.
MANIFESTE POUR UNE VILLE INFORMÉE SUR LE TRAUMA
Marseille est une ville généreuse, solidaire, énergique. Marseille est une ville singulière, ville de la débrouille et de l’entraide. Ici, face à l’adversité, nous restons debout, nous combattons les injustices et les inégalités. Mais Marseille est une ville traversée aussi par de nombreuses violences, tant interpersonnelles que sociales et structurelles.
C’est la ville où il y a le plus de sans-abris en France, où les logements indignes et insalubres atteignent des chiffres records. Les narcotrafics génèrent un nombre inégalé d’homicides, au pied des immeubles, près des écoles. Le centre-ville reste très précaire et les moyens de transport très éloignés des standards des autres villes.
Ces violences sociales amplifient et s’ajoutent au nombre déjà important des violences interindividuelles : les violences faites aux femmes et aux enfants, la violence éducative ordinaire, le harcèlement, la discrimination… mais aussi des événements plus banals comme les accidents de voiture ou un divorce, les violences de voisinage, les incivilités de la voie publique.
Toutes ces violences, quand elles se répètent, risquent de générer des “traumatismes psychiques”. Mais de quoi parle-t-on quand nous utilisons ce mot ? Un traumatisme psychique est un événement vécu comme dangereux que notre cerveau ne parvient pas à complètement intégrer. Le danger qui n’est pourtant plus là continue à nous faire peur et notre système de stress est activé de façon chronique et inadapté.
Le souvenir souvent partiel (voire oublié) de cet évènement s'immisce dans notre présent. Des peurs vécues comme présentes sont en réalité reliées à des événements passés. Nous pouvons parfois avoir des réactions émotionnelles irrationnelles, violentes et souvent inadaptées et difficiles à contrôler. Ces
réactions, quand elles se répètent, abîment nos relations et nous isolent. Et sur le long terme ce stress chronique multiplie les risques d’addictions, de dépressions, de suicides et de nombreuses maladies somatiques chroniques.
Environ 70 % de la population générale déclare se souvenir d’au moins un événement traumatogène dans l’enfance, et une personne sur 8 en déclare 4 ou plus. Il y a une corrélation étroite entre le risque de développer des problèmes de santé chronique durant la vie adulte et le nombre d'événements traumatogènes déclarés dans l’enfance. L’OMS nous alerte sur cette “épidémie cachée” qu’elle identifie comme un des problèmes les plus importants de santé publique (voir par exemple le programme Inspire).
Notre vision est simple : les réponses apportées à la violence sont trop axées sur la répression et le contrôle mais pas sur la racine du problème, c‘est-à-dire les violences et leurs conséquences. Si nous voulons désarmer la culture de la violence, il faut casser la spirale implacable de la violence qui génère des traumas non reconnus qui à leur tour provoquent des violences et des traumas, faute d’avoir été reconnus, accueillis et soignés…
Nous, habitantes et habitants de Marseille, faisons le pari de rendre notre ville plus douce, plus compatissante et moins violente. Nous pensons que c’est possible et faisable.
Marseille est une ville de défi qui refuse la fatalité de la violence. A l’instar d’autres villes telles que Philadelphie, Leeds, Toronto, Oslo qui mènent des politiques innovantes “informées sur le trauma”. Ces politiques permettent de mieux accueillir et de mieux soigner les personnes et/ou de prévenir les violences dans ces villes. Elles rendent les citoyens et citoyennes plus forts et résilients face aux adversités. Elles soutiennent le développement de leurs compétences psycho-sociales.
Nous voulons nous inspirer de ces modèles de politiques publiques locales et participatives. L’intérêt de ces politiques qui partent des villes et de leurs habitants est qu’elles permettent l’implantation de programmes qualifiés de “bonnes pratiques“ : des pratiques éducatives et des soins qui ont fait leur preuve au niveau scientifique et des politiques publiques.
Pour y parvenir, un modèle marseillais spécifique et adapté a progressivement été construit avec les acteurs et actrices de terrain et les institutions. Depuis fin 2022, grâce à de nombreux échanges et rencontres collectives, se dessinent les contours d’un programme durable combinant formations, information, mobilisation collective, actions au niveau micro-local et coopération internationale.
Ce programme s’inspire aussi du modèle construit par les autres villes, modèle dit des 4 R : Réaliser (l’ampleur du problème), Reconnaître (quand une personne, un groupe ou un quartier est traumatisé), Répondre (aux besoins des personnes et de la population), éviter de Retraumatiser (par des réponses ou des actes inadaptés).
Ce qui est en jeu : co-construire une nouvelle politique publique de prévention et promotion de la santé pour enrayer la culture de la violence et développer celle de la confiance.
Les fondations de ce programme sont désormais posées, il s’agit de le faire vivre et de le déployer à grande échelle sur la ville de Marseille, et dans la durée, avec un horizon 2040.
En signant ce Manifeste, nous, citoyens, associations, institutions, nous signifions notre soutien à cette démarche et nous engageons à y contribuer et y participer, chacun dans son rôle, à sa manière et à son échelle.
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Voix de signataires
Pétition lancée le 19 mars 2025