MANIFESTE POUR UNE RURALITÉ CONQUÉRANTE

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Les révolutions industrielles des 19ème et 20ème siècles ont consacré le progrès technique dans nos sociétés. De ce fait, et du fait du développement économique qui s’en est suivi, les populations, les activités, les flux et les capitaux se sont concentrés dans des zones urbaines de plus en plus étendues.

Aujourd’hui, notre modèle de consommation mortifère, le risque d’effondrement et la crise climatique rebattent les cartes et questionnent notre rapport global à la nature ainsi que notre place dans l’écosystème.

La question du vivant remplace la question de la machine. Le respect de ce vivant et des écosystèmes, la collaboration plutôt que la compétition, les synergies et la recherche de terrains d’entente sont autant de nouveaux référentiels.

La nature nous fait vivre, nous avons eu tendance à l’oublier…

La nature et les êtres humains, leurs interactions, tel est le lieu de la ruralité.

Et si, après deux siècles centrés sur le technique, les clés du progrès au 21ème siècle se trouvaient dans le monde rural pour une révolution non plus industrielle mais écologique ?

C’est ici que sont les sources d’énergies nouvelles, le vent, le soleil, la chaleur de la terre et la force des cours d’eau.
C’est ici que des femmes et des hommes cultivent la terre et élèvent des bêtes en osmose avec une nature dont ils connaissent les caprices et la puissance.
C’est ici que l’on sait faire tout avec peu, dans une sobriété de moyens et une ingéniosité toute rurale.

C’est ici que sont beaucoup de nos grandes industries qui cherchent à s’adapter aux nouvelles exigences d’un monde qui change.
C’est ici que l’autonomie alimentaire se construit en coopération avec les villes et les métropoles voisines, en répondant à leurs attentes.
C’est ici que la transition écologique doit prendre tout son sens.

Reconsidérer le rôle que jouent les espaces ruraux dans la nouvelle définition du progrès ;
Faire de la transition écologique l’opportunité d’un nouveau développement social, environnemental et économique ;

C’est ça la ruralité conquérante.

Faire de notre agriculture le pivot de cette transition, en valorisant des productions de haute qualité, les services environnementaux comme le stockage carbone, la protection de la biodiversité et la préservation de nos paysages ;
Accueillir les industries et les productions manufacturières nouvelles ;
Investir massivement dans des projets scientifiques ruraux d’avenir ;

C’est ça la ruralité conquérante.

Ne plus subir, ne plus être nommés « zones défavorisées », « zones à revitaliser », « déserts médicaux », mais se vivre comme des espaces à haut potentiel, prêts à répondre à ces défis vitaux grâce à notre créativité rurale ;

Faire du maillage de nos villages et de la proximité qu’ils suscitent une force dans cette transition et un laboratoire d’expérimentations citoyennes innovantes ;

Devenir une destination de prédilection pour tous ceux qui cherchent un cadre de vie sain, à dimension humaine et au rythme apaisé ;

C’est ça la ruralité conquérante.

Un monde est à inventer, nous devons changer notre façon d’habiter la terre.

Nous croyons que la bataille écologique sera locale et citoyenne.

Nous nous engageons pour que notre pays, fort d’un modèle rural original, unique au monde, devienne un précurseur dans « la refonte d’un pacte territorial autour de nos terres arables, de nos mers et de nos forêts » (Jean Viard)

Nous voulons, avec toutes les forces vives en présence, devenir le fer de lance de cette ruralité conquérante !

Premiers signataires :
Yolaine de Courson, députée ;
Jean Jouzel, climatologue ;
Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France ;
Jean-Marc Borello, président du groupe SOS ;
Jean Viard, sociologue ;
Bernard Pecqueur, Professeur des universités ;
Barbara Pompili, députée, Présidente de la commission développement durable et aménagement du territoire ;
Roland Lescure, député, Président de la commission des affaires économiques ; Philippe Bertrand, journaliste ;
Patrice Joly, sénateur, Président de Nouvelles ruralités ;
François Patriat, sénateur ; 
Brice Lalonde, ancien ministre ;
Jean-Jacques Lozach, sénateur, président du groupe d'études Ruralités au Sénat ;
René Souchon, ancien ministre ;
Joël Giraud, député ;
Jean-René Cazeneuve, député, président de la délégation aux collectivités territoriales ;
Etienne Jobard, député-suppléant ;
Christophe Euzet, député ;
Monique Limon, députée ;
Nathalie Sarles, députée ;
Jennifer de Temmerman, députée ;
Anne-Laure Cattelot, députée ;
Caroline Janvier, députée ;
Damien Pichereau, député ;
Fadila Khattabi, députée;
Barbara Bessot-Ballot, députée
Brigitte Bourguignon, députée, Présidente de la commission des affaires sociales;