
Bonjour à toutes et tous
Voici quelques nouvelles concernant les dernières démarches que j’ai effectuées.
En ce qui concerne le retour des laboratoires, je me suis entretenue longuement avec les trois laboratoires fabriquant les anticorps monoclonaux, soit: novartis, lilly et teva.
Jusqu’à présent Lilly refusait de me donner des explications, après maintes supplications on peut appeler cà ainsi, c’est chose faite et je remercie les trois laboratoires qui m’ont communiqué de façon très claire et transparente où se situe le problème et donc les raisons pour lesquelles les anticorps monoclonaux ne font pas l’objet d’un accord de remboursement.
Bien entendu je dispose de la traçabilité des échanges par mails. Je demande toujours la trace écrite c’est très important.
Concernant la spécialité Emgality commercialisé par le laboratoire Lilly les négociations avec le ministère de la santé sont au point mort, le ministère de la santé se basant sur les recommandations de l’ansm et sur l’avis de la has (haute autorité de santé), celle ci considère que le service médical rendu est insuffisant et que en fonction des traitements dejà à disposition sur le marché pharmaceutique français, la spécialité Emgality n’apporte pas d’amélioration notable sur la maladie, ce qui bien évidemment est faux. Énormément de personnes sont actuellement en France sous couvert de cette spécialité Emgality et ont vu leur qualité de vie considérablement améliorée. L’Emgality reste donc disponible en officine en France au tarif de 245€ l’injection en administration mensuelle. A la charge du patient.
Concernant la spécialité Ajovy commercialisé par le laboratoire Teva, qui diminue considérablement le handicap associé aux crises et permet d’utiliser moins de médicaments à coté, malgré les demandes du laboratoire pour une prise en charge par la sécurité sociale, c’est un refus catégorique, le ministère de la santé se base sur l’avis de la has qui attribue une note défavorable, c’est donc en vente en officine depuis juillet au tarif de 270€ la seringue de 225mg en administration mensuelle. A la charge du patient.
Concernant la spécialité Aimovig du laboratoire Novartis, depuis le 1 er Janvier de cette année il était censé être disponible uniquement dans certaines pharmacies hospitalières, sous réserve d’être éligible à son utilisation, soit être pharmaco resistant et en échec d’au moins 3 traitements, administré à l’hôpital par le neurologue qui vous suit. Il est d’ailleurs noté dans le Vidal dictionnaire médical que c’est le cas. Novartis a à maintes reprises sollicité la has et l’ansm, sans succès, ces instances estiment que celà ne fonctionne pas. Novartis a donc retire tout stock restant en pharmacie hospitalière, leur réponse: seul la France estime que notre spécialité n’est pas efficace, elle est estimée différemment dans toute l’Union européenne et aux usa. Malgré le depot de deux études: la première versus placebo et la deuxième versus comparateur actif c’est toujours un refus. La spécialité Aimovig n’est donc pas en vente en officine en France, les utilisateurs de cette spécialité ne doivent pas se contenter d’aller dans leur pharmacie de quartier pour l’acheter, non il doivent assumer en plus du coût du médicament, le coût du déplacement et les frais inhérents à un voyage hors de France.
J’ai donc une fois que j’ai eu le « son de cloche » des trois laboratoires, contacté le CEPS ( comité économique des produits de santé) ainsi que
l’ UNCAM qui est l’union nationale des caisses d’assurance maladie. Ces deux institutions, m’ont expliqué que malgré le fait qu’une note attribuée ASMR 5 pour les 3 spécialités, le remboursement peut tout de même être effectif.
La décision finale de remboursement relève de la compétence des ministres chargés de la santé et de la sécurité sociale.
Les trois laboratoires m’ont assurés avoir fait leur maximum afin de faire avancer les négociations avec la haute autorité de santé afin que cette dernière emette un avis favorable et qu’ainsi il puisse y avoir un remboursement le plus rapidement possible pour le bénéfice des patients.
L’objectif des trois laboratoires reste inchangé qu’il puisse y avoir un accès aux trois spécialités en France, comme c’est le cas partout en Europe et aux usa, afin que chaque personne puisse être bénéficiaire de cette aide thérapeutique.
Ce qu’il faut savoir: c’est que pour qu’une spécialité fasse l’objet d’un remboursement en France il faut absolument que le SMR service médical rendu soit reconnu.
Ainsi par exemple un service médical rendu important dans une pathologie grave assure un remboursement de 65% le reste étant à charge d’une mutuelle complémentaire.
Si le SMR estimé par l’autorité souveraine la HAS est insuffisant alors celà implique sauf exception, une décision de non remboursement.
Ce qui est actuellement le cas en France.
Seul pays estimant que le SMR est insuffisant.
Même si il y a une note attribuée qui est mauvaise par la HAS les seuls ayant le pouvoir de décision finale sont: les Ministeres chargés de la santé et de la sécurité sociale.
Dans ce cas pour quelle raison en France nous n’y avons pas droit?
Tout simplement parceque le prix des spécialités est fixé par le comité économique des produits de santé, en général par négociations avec les laboratoires exploitants la spécialité, sur la base de l’ASMR et du prix des médicaments à même visée thérapeutique, des volumes de vente envisagés, de la population ciblee et des prix pratiqués à l’étranger.
Comprenons bien qu’en France, les médicaments prescrits pour traiter l’algie vasculaire de la face sont TOUS des traitements qui ne disposent pas d’AMM (autorisation de mise sur le marché) pour traiter la pathologie, et sont TOUS des médicaments dont le coût de la boite n’excede pas une dizaine d’euros.
Partant de là qu’on arrête de dire que ce n’est pas une question de coût STOP.
Comprenons bien également qu’en terme de volume le nombre de personnes potentiellement éligibles à ces traitements ne représente pas un volume qui puisse être suffisamment « rentable » pour les labos. Mais Parcontre suffisamment « important » pour l’état français qui devrait débourser pour traiter les personnes atteintes de la pathologie une somme entre 20 et 50 fois supérieure aux coût des traitements actuellement proposés.
Donc OUI c’est une question de coût que ce soit d’une part ou de l’autre.
Qu’on arrête de nous rabâcher que celà ne fonctionne pas, ils restent sourds et aveugles car même en transmettant à l’ANSM des centaines de témoignages de personnes qui utilisent les anticorps monoclonaux et qui ont vus leur qualité de vie changer du tout au tout c’est toujours un refus.
Je suis sincèrement désolée de la longueur de cette mise à jour, mais j’ai à coeur de vous livrer les choses en toute transparence. J’espère que mes explications sont claires pour toutes et tous, si tel n’est pas le cas laissez moi un commentaire et j’y répondrai comme je le fais toujours.
La semaine prochaine je vous communiquerais de nouvelles informations, je n’aime pas parler avant que les choses soient faites.
Soyez assurés qu’il n’est pas question que la situation reste en l’état, soyez assurés que je ferais mon possible pour porter la voix, la détresse et les témoignages des personnes atteintes, afin qu’une bonne fois pour toutes on arrête d’être nous français, les SEULS qui ne pouvons pas avoir accès à ces traitements remboursés.
Je fais beaucoup de choses différentes en ce moment ce qui me demande une énergie considérable que je n’ai pas forcément tous les jours, mais sachez en tout cas que ce n’est pas parcequ’il n’y a pas de publication que rien n’est fait bien au contraire…
Prenez soin de vous.
Force et courage.
Isabelle