Mesdames et messieurs les maires du Morvan, Interdisez les pesticides sur vos communes !

0 a signé. Prochain objectif : 5 000 !


Mardi 12 novembre 2019, un apiculteur de Marigny l’Église (58140), a été condamné par le tribunal correctionnel de Nevers à six mois de prison avec sursis, deux ans de mise à l’épreuve et au versement de près de 6 000€. Le 14 juin dernier, il a tiré dans la cuve du pulvérisateur de l’entreprise Gautherin, un producteur de sapins de noël qui répand depuis des années des pesticides sur une parcelle voisine des ruches de l’apiculteur. Depuis des années, les abeilles de Roger meurent et il a fait faillite plusieurs fois.
Avant d’en arriver là, Roger a alerté tous ceux qui pouvaient l’être : le maire, le conseiller départemental, jusqu’au député. Que s’est-il passé ? Rien. Les « traitements » ont continué. Il n’est pas ici question de légitimer l’utilisation d’un fusil pour mettre un terme à un différend, mais de prendre conscience que cela ne serait sans doute jamais arrivé si les pesticides étaient interdits. Vous pouvez agir avant qu’un autre citoyen soit poussé au désespoir par une législation mortifère qui ne sert que les intérêts des multinationales productrices de ces poisons.
Les pesticides sont responsables de la chute dramatique de la biodiversité. Ils tuent les plantes, les insectes, puis les oiseaux et les petits mammifères privés de nourriture. Ils provoquent chez l’homme des maladies qui peuvent être mortelles. Nous le savons tous. Alors que les cultures de sapins de noël dans le Morvan, encouragées par les institutions par le biais de subventions à une association des producteurs, connaissent une croissance exponentielle, nous ne pouvons pas attendre que, peut-être et avec beaucoup d’exceptions, le gouvernement se décide à interdire ces substances.
Des dizaines de maires en France ont déjà pris des arrêtés interdisant les pesticides sur leurs communes. Certains ont été annulés par les tribunaux administratifs, mais jusqu’à ces décisions, ils ont au moins épargné les populations humaines et non humaines. Surtout, vendredi 8 novembre, un tribunal a refusé pour la première fois d’annuler un arrêté, estimant qu’il est légal puisque le maire peut intervenir en cas de « danger grave ou imminent pour la population », selon les termes du communiqué du tribunal.
À vous qui êtes maire d’une commune située de surcroît dans un parc naturel, je vous demande, pour l’intérêt général et la protection de la population qui est votre mission, fort·e de cette dernière décision reconnaissant la légalité de tels arrêtés, d’interdire les pesticides sur votre commune.
Bien sûr, les producteurs de sapins de noël qui utilisent des pesticides ne manqueront pas de faire valoir des problèmes économiques que cela pourrait engendrer. Mais ce sont leurs pratiques qui mettent en péril d’autres entreprises, comme celle de Roger. Il n’est pas admissible que certains soient favorisés au détriment des autres. Ensuite, ils diront qu’ils ne peuvent pas faire autrement. C’est faux. Il y a des producteurs de sapins de noël qui travaillent en agriculture biologique, dans le Morvan aussi. Ils diront qu’ils ne trouvent pas de personnel pour faire à la main ce que les pesticides font d’un coup. C’est faux. Il suffit qu’ils paient correctement, et pas avec les salaires de misère que ce secteur pratique, en utilisant massivement, de plus, des travailleurs détachés.
L’immense majorité de la population veut que cesse l’écocide provoqué par les produits chimiques utilisés en agriculture. Vous avez le pouvoir d’y mettre fin.
Interdisez les pesticides !