RETRAITE DES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU

0 a signé. Prochain objectif : 5 000 !


   TRAITEMENT INÉGALITAIRE DES SPORTIFS DE HAUT NIVEAU

Générations passionnées,

                      générations dévouées,

                                                   mais générations sacrifiées !!!

Madame La Ministre,

Nous, femmes, hommes, anciens sportifs de haut niveau ressentons justement une profonde injustice et un profond manque de reconnaissance de la part de l’État français. En effet en 2012, le Ministère des sports a mis en place un dispositif visant la validation des droits à la retraite pour les sportifs de haut niveau (16 trimestres).

Ce système doit compenser le décalage lié à l’entrée tardive des sportifs de haut niveau sur le marché de l’emploi par la prise en compte de périodes d’inscription sur la liste ministérielle pour l’ouverture de droits à la retraite. Cependant, une ombre au tableau subsiste : ce dispositif n’est pas rétroactif !

Madame la ministre, nous sommes des femmes, des hommes, tous anciens athlètes de haut niveau et nous avons arrêté nos carrières avant 2012. Parmi nous, certains ont réussi leur reconversion de manière immédiate, d’autres plus tardivement à force de sueur et de travail, mais certains sont encore dans une situation de devenir et peinent à assurer leur avenir. « Entraide et prospérité mutuelle » ne sont là que des mots sans substance ni sens !

Madame la ministre, nous ne vous apprendrons rien en vous disant que tous les sportifs de haut niveau ne sont pas des stars internationales avec des salaires mirifiques ! Beaucoup vivent avec de faibles revenus tout en maintenant une pratique très exigeante de leur sport.

Nos années d’entraînement en haut niveau ne valent-elles pas celles des athlètes après les Jeux Olympiques de Londres ? Notre travail dans l’ombre, jour après jour, année après année, ne mérite-t-il pas la même reconnaissance que celle accordée à nos cadets ?

Pourtant, nous aussi avons participé au rayonnement du sport français et, de fait, nous avons reculé notre entrée sur le marché du travail. Sans compter que pour quelques succès éclatants, il y a aussi beaucoup d’échecs et surtout de nombreux sacrifices :

  •  Les effets délétères d’une pratique intensive dès l’adolescence, 
  • Un corps usé avant l’âge et des problèmes de santé précoces que personne ne veut reconnaître,
  • Des troubles du comportement alimentaire et parfois une relation compliquée au corps dans certaines disciplines,
  • Une santé physique et mentale fragilisée par la répétition de phases de surentraînement, 
  • Des troubles psychologiques graves liés aux blessures et à la baisse inéluctable des performances qui mettent fin à une carrière sportive, 
  • Une rupture totale en fin de carrière avec le monde réel et la vie professionnelle.

S’il est vrai que le Ministère des Sports a récemment amélioré les conditions des athlètes de haut niveau avec la loi de 2015 (reconnaissance du statut de Haut Niveau), loi qui accorde aux sportifs un ensemble de dispositifs (couverture accident et maladie, reconnaissance des maladies professionnelles, accès aux formations à distance facilité, responsabilité accrue des fédérations dans le suivi socio-professionnel, recours aux conventions d’insertion professionnelle, etc….), pour les générations précédentes c’est la double peine. Nous n'avons pas pu bénéficier de ces dispositifs durant notre carrière d’athlète de haut niveau et nos années d’entraînement ne sont pas comptabilisées pour nos retraites !

Madame la Ministre, vous avez également été athlète de haut niveau et vous connaissez les conséquences psychologiques et physiques du sport de haut niveau sur les jeunes athlètes. Pour la plupart d’entre nous, nos carrières se sont achevées à l'aube de la trentaine (pour les plus résistants) le plus souvent sans argent et déconnectés de la vie civile. Dès lors, il nous a fallu entamer une reconversion professionnelle tardive. Vous en conviendrez, ce décalage dans la vie active nous a condamné à ne jamais remplir les conditions (les trimestres non cotisés) pour prétendre à une retraite digne.

C’est pour cela, que nous demandons la reconnaissance de nos années d’entraînement au même titre que la « Génération Retraite Sportive 2012 ».

Madame la ministre, rappelez-vous : “L’éducation est une arme puissante pour faire évoluer les mentalités et transcender les différences, et le sport est une source d’inspiration, de dépassement, de tolérance et d’apprentissage du respect de la jeunesse. Ces deux éléments participent à créer une société plus juste et fraternelle.” (Nelson Mandela)

Ne pensez-vous pas qu'il est de votre devoir et de votre responsabilité en qualité d'ancienne sportive de haut niveau, de ministre des sports de tendre vers plus de justice, de justesse et de fraternité ?

Myriam BOCEIRI