Réforme du collège : NON au massacre des langues vivantes !


Réforme du collège : NON au massacre des langues vivantes !
Le problème
SILENCE, ON TUE... LES LANGUES VIVANTES.
Le 10 avril a été votée, dans l'urgence, la réforme du collège. La communication gouvernementale incite à penser que les langues vivantes sont mises à l'honneur. Or, aucun investissement réel n'est consenti pour promouvoir les langues. Au contraire, il s'agit « d'étaler » les heures en dépit de tout bon sens pédagogique et supprimer les « classes » européennes et bilangues.
Le but de cette réforme est donc essentiellement comptable. A la rentrée 2016, le collège public perdra les classes où les langues étrangères étaient pratiquées avec sérieux et un minimum d'ambition. Avec trois conséquences prévisibles : un moindre niveau des élèves en espagnol, la disparition à court terme de l'allemand, de l'italien, du russe..., et une fuite massive des bons élèves vers l'enseignement privé.
Les réformateurs n'ont jamais travaillé au collège, mais ils savent compter… et surfer sur les effets d'annonce. La réforme du collège veut mettre les langues vivantes à l'honneur avec deux langues dès la cinquième. Chouette. Ce qui est laissé dans l'ombre, c'est que les heures introduites en cinquième seront enlevées aux classes de quatrième et de troisième.
De plus, les options bilangues et européennes seront supprimées.
Est-ce si grave ? Oui. Voici un petit aperçu des effets prévisibles de cette réforme.
Des effets comptables
Le nombre d'heures d'enseignement aujourd'hui affecté aux élèves non-bilangues reste quasiment stable. Les heures affectées aux options bilangues et européennes disparaissent, ce qui représente une économie. Bravo.
Les enseignants en langues seront en règle générale « baladés » sur trois établissements et ne pourront plus s'investir dans les voyages et les échanges. C'est la vie.
Des effets pédagogiques
Le passage de trois à deux heures trente en quatrième et en troisième ne sera certainement pas anodin. Enlever du temps de pratique hebdomadaire, c'est empêcher que ne se fixent les enseignements dans l'esprit de l'élève. Il en va des langues vivantes comme d'un avion en bout de piste : seule une certaine poussée, ici une pratique régulière, permet de décoller. On ne construit pas une progression sérieuse à moins de trois heures par semaine. Ni en cinquième, ni en quatrième, ni en troisième. Nos voisins européens sont meilleurs que nous en langues, c'est connu. Ils pratiquent quatre à cinq heures par semaine dans des classes équivalentes.
Des effets « sociologiques »
Un des aspects dramatique de la réforme qui arrive, c'est le déclassement à moyen terme du collège public. Les « classes » bilangues et européennes, souvent décriées comme des classes élitistes, permettent aujourd'hui de concentrer, dans certains cours, des élèves doués et motivés. Cela permet dans une certaine mesure à nombre de collèges publics de soutenir la comparaison avec le privé, sans nuire à la mixité (il n'existe pas de « classe bilangue », c'est un mensonge, on trouve toujours des classes avec des élèves bilangues et non-bilangues).
La suppression des options bilangues et européennes aura de ce point de vue des conséquences dramatiques pour le collège public, car une majorité d'établissements a aujourd'hui recours à ce type de dispositifs (ce n'est pas un hasard). La sélection à l'entrée, dont le privé bénéficie, instaurera donc définitivement un enseignement à deux vitesses, ce que l'on veut, paraît-il, éviter.
Pour compléter le tableau, il faut évoquer la disparition du choix de la langue apprise. Aujourd'hui déjà, le choix d'une langue n'est plus un motif de dérogation. L'enseignement de langues comme l'allemand, l'italien, le russe etc ... qui repose souvent sur l'existence des groupes bilangues, sera sans doute remis en cause à court terme, ne laissant qu'un choix, celui de l'anglais et de l'espagnol pour tout le monde. Ce sera sans doute le cas de nombreux collèges et on voit se profiler un appauvrissement dramatique de la diversité linguistique dans les collèges publics, au mépris des débouchés professionnels qu'ouvrent des langues comme l'allemand, au mépris de l'histoire. C'est la fin de toute notion de parcours différencié au sein du collège, au nom du sacro-saint "collège unique" qui n'en finit pas de faire des dégâts. Dans le même temps, les professeurs sont abreuvés de concepts creux, avec de jolis couplets sur la "pédagogie différenciée". La seule langue relativement épargnée par la réforme sera l'anglais, promue au rang de « super langue étrangère ». Mais à moyen terme, face à l'anglais tout-puissant, combien de temps le français lui-même résistera-t-il, sachant que l'enseignement du latin est lui aussi menacé de disparition ?
Nous ne voulons pas d'une réforme qui se paye de mots tout en organisant la disparition de nombreuses langues étrangères et anciennes du collège. L'enseignement public doit offrir un choix linguistique réel et un apprentissage sérieux, de manière à rester attractif, même pour les meilleurs. Nous appelons donc toutes les bonnes volontés à nous rejoindre pour obtenir que soit discutée, avec des gens de terrain, la réforme dans ses modalités et ses objectifs.
Le collectif « Langues en colère »
Le problème
SILENCE, ON TUE... LES LANGUES VIVANTES.
Le 10 avril a été votée, dans l'urgence, la réforme du collège. La communication gouvernementale incite à penser que les langues vivantes sont mises à l'honneur. Or, aucun investissement réel n'est consenti pour promouvoir les langues. Au contraire, il s'agit « d'étaler » les heures en dépit de tout bon sens pédagogique et supprimer les « classes » européennes et bilangues.
Le but de cette réforme est donc essentiellement comptable. A la rentrée 2016, le collège public perdra les classes où les langues étrangères étaient pratiquées avec sérieux et un minimum d'ambition. Avec trois conséquences prévisibles : un moindre niveau des élèves en espagnol, la disparition à court terme de l'allemand, de l'italien, du russe..., et une fuite massive des bons élèves vers l'enseignement privé.
Les réformateurs n'ont jamais travaillé au collège, mais ils savent compter… et surfer sur les effets d'annonce. La réforme du collège veut mettre les langues vivantes à l'honneur avec deux langues dès la cinquième. Chouette. Ce qui est laissé dans l'ombre, c'est que les heures introduites en cinquième seront enlevées aux classes de quatrième et de troisième.
De plus, les options bilangues et européennes seront supprimées.
Est-ce si grave ? Oui. Voici un petit aperçu des effets prévisibles de cette réforme.
Des effets comptables
Le nombre d'heures d'enseignement aujourd'hui affecté aux élèves non-bilangues reste quasiment stable. Les heures affectées aux options bilangues et européennes disparaissent, ce qui représente une économie. Bravo.
Les enseignants en langues seront en règle générale « baladés » sur trois établissements et ne pourront plus s'investir dans les voyages et les échanges. C'est la vie.
Des effets pédagogiques
Le passage de trois à deux heures trente en quatrième et en troisième ne sera certainement pas anodin. Enlever du temps de pratique hebdomadaire, c'est empêcher que ne se fixent les enseignements dans l'esprit de l'élève. Il en va des langues vivantes comme d'un avion en bout de piste : seule une certaine poussée, ici une pratique régulière, permet de décoller. On ne construit pas une progression sérieuse à moins de trois heures par semaine. Ni en cinquième, ni en quatrième, ni en troisième. Nos voisins européens sont meilleurs que nous en langues, c'est connu. Ils pratiquent quatre à cinq heures par semaine dans des classes équivalentes.
Des effets « sociologiques »
Un des aspects dramatique de la réforme qui arrive, c'est le déclassement à moyen terme du collège public. Les « classes » bilangues et européennes, souvent décriées comme des classes élitistes, permettent aujourd'hui de concentrer, dans certains cours, des élèves doués et motivés. Cela permet dans une certaine mesure à nombre de collèges publics de soutenir la comparaison avec le privé, sans nuire à la mixité (il n'existe pas de « classe bilangue », c'est un mensonge, on trouve toujours des classes avec des élèves bilangues et non-bilangues).
La suppression des options bilangues et européennes aura de ce point de vue des conséquences dramatiques pour le collège public, car une majorité d'établissements a aujourd'hui recours à ce type de dispositifs (ce n'est pas un hasard). La sélection à l'entrée, dont le privé bénéficie, instaurera donc définitivement un enseignement à deux vitesses, ce que l'on veut, paraît-il, éviter.
Pour compléter le tableau, il faut évoquer la disparition du choix de la langue apprise. Aujourd'hui déjà, le choix d'une langue n'est plus un motif de dérogation. L'enseignement de langues comme l'allemand, l'italien, le russe etc ... qui repose souvent sur l'existence des groupes bilangues, sera sans doute remis en cause à court terme, ne laissant qu'un choix, celui de l'anglais et de l'espagnol pour tout le monde. Ce sera sans doute le cas de nombreux collèges et on voit se profiler un appauvrissement dramatique de la diversité linguistique dans les collèges publics, au mépris des débouchés professionnels qu'ouvrent des langues comme l'allemand, au mépris de l'histoire. C'est la fin de toute notion de parcours différencié au sein du collège, au nom du sacro-saint "collège unique" qui n'en finit pas de faire des dégâts. Dans le même temps, les professeurs sont abreuvés de concepts creux, avec de jolis couplets sur la "pédagogie différenciée". La seule langue relativement épargnée par la réforme sera l'anglais, promue au rang de « super langue étrangère ». Mais à moyen terme, face à l'anglais tout-puissant, combien de temps le français lui-même résistera-t-il, sachant que l'enseignement du latin est lui aussi menacé de disparition ?
Nous ne voulons pas d'une réforme qui se paye de mots tout en organisant la disparition de nombreuses langues étrangères et anciennes du collège. L'enseignement public doit offrir un choix linguistique réel et un apprentissage sérieux, de manière à rester attractif, même pour les meilleurs. Nous appelons donc toutes les bonnes volontés à nous rejoindre pour obtenir que soit discutée, avec des gens de terrain, la réforme dans ses modalités et ses objectifs.
Le collectif « Langues en colère »
Pétition fermée
Partagez cette pétition
Les décisionnaires
Mises à jour sur la pétition
Partager la pétition
Pétition lancée le 8 avril 2015