LETTRE OUVERTE AU MINISTERE : POUR DES CONDITIONS DE TRAVAIL DECENTES EN STAPS !


LETTRE OUVERTE AU MINISTERE : POUR DES CONDITIONS DE TRAVAIL DECENTES EN STAPS !
Le problème
Doctorant.e.s en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives du Laboratoire Valeurs, Innovations, Politiques, Socialisations et Sports (VIPS²) de l’Université Rennes 2
A : Madame la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Monsieur le ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports, Messieurs et Mesdames les recteurs d’Académies
Copie à : Présidence des universités et direction des UFR STAPS et des unités de recherche
Rennes, le lundi 15 novembre 2021,
Objet : Manque évident de moyens humains, financiers et matériels en STAPS : témoignage alarmant
Madame la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Monsieur le ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports, Messieurs et Mesdames les recteurs d’Académies.
Le Code de l'éducation, article L123-2 modifié par LOI n°2020-1674 du 24 décembre 2020 - art. 41, stipule que le service public de l'enseignement supérieur a pour mission de contribuer d’une part « à la réussite de toutes les étudiantes et de tous les étudiants » et d’autre part « au développement de la recherche, support nécessaire des formations dispensées, à la diffusion des connaissances dans leur diversité et à l'élévation du niveau scientifique, culturel et professionnel de la nation et des individus qui la composent ».
L’ensemble des UFR STAPS de France partage actuellement le constat d’un manque évident de moyens (humains, matériels et financiers) ne permettant pas d’assurer ces deux missions de service public. Si elle est révélatrice d’une problématique touchant de nombreuses filières universitaires, la situation actuelle des STAPS fait état d’un abandon alors même que l’effectif d’étudiant.e.s dans cette filière a été multiplié par deux en 10 ans[1].
A titre d’exemple, il est inacceptable d’observer la fermeture d’un département STAPS en 2015, conséquence de difficultés financières d’une université[2], ou en 2019, faute de moyens supplémentaires suite à l’augmentation des effectifs[3]. L’inquiétude augmente chez de nombreux et nombreuses étudiant.e.s alors même que nos enseignant.e.s sont pris dans des charges insensés. L’origine de cette situation est désormais connue : manque de moyens davant être compensés par un engagement s’apparentant à un sacrifice, diminution du nombre de postes d’enseignant.e-chercheur.euse[4], absence d’ouverture de postes aux concours d’enseignement de l’EPS, des formations nécessairement assurées par des enseignant.e.s vacataires, etc.
Aussi, nous faisons le constat d’une réelle mise en danger de la santé psychique et physique de nos enseignant.e.s face à cette impossibilité de répondre à la démultiplication des tâches avec lesquelles ils doivent composer. Nous sommes très affecté.e.s par le contexte actuel, voyant nos enseignant.e.s, nos directrices et directeurs de thèse, nos collègues, se donner « corps et âme » dans l’exercice de leur métier. Leur surinvestissement mène à un nombre croissant de consultations à la médecine du travail, et ce conséquemment à cette situation de pénurie[1].
Alors même que la santé de nos enseignant.e.s est en danger, il est urgent de réagir. Cette situation s’aggrave chaque année et crée désormais un enlisement. Les conditions humaines et matérielles se dégradent et nous déplorons le peu d’écoute et de considération dont font l’objet les étudiant.e.s, au même titre que leurs enseignant.e.s en STAPS.
Si le parcours doctoral constitue un rite de passage, enrichissant, formateur, stimulant, et parfois sinueux et semé d’embûches, il ne devrait nullement rimer avec des angoisses, et devenir une source d’appréhension quant à notre avenir professionnel. A quoi bon devenir enseignant.e.s-chercheurs.euses quand le manque de moyens occulte les missions essentielles, que sont l’enseignement et la recherche ? Si nous restons passionné.e.s par nos activités quotidiennes, scientifiques et pédagogiques, le peu de considération et de soutien dont nous faisons l’objet de la part de l’Administration nous laissent perplexes et profondément inquiets.ètes concernant les emplois de demain à ce niveau de diplôme.
Dans un contexte où le président de la République et plusieurs ministres proclament la volonté de « faire de la France une vraie nation sportive », avec un objectif de 3 millions de pratiquants supplémentaires[2], comment peut-on justifier l’abandon dont fait objet la filière STAPS depuis des années ? Comment refuser à des milliers de jeunes l’accès à cette filière formant les encadrant.e.s sportifs.ves de demain ? Comment laisser péricliter les nombreuses activités de recherche et d’enseignement ? Ces activités répondent pourtant à d’importants enjeux contemporains relevant du bien commun : la lutte contre la sédentarité, le sport-santé, l’éducation de la jeunesse, l’inclusion des personnes vulnérables, l’organisation du mouvement sportif et des grands évènements, ou encore l’optimisation de la performance des sportifs.ves de haut niveau, etc.
Il est grand temps de redonner un nouvel élan, un second souffle à la filière STAPS sur le plan national pour insuffler sens, passion et engagement aux étudiant.e.s et à leurs enseignant.e.s. Nous espérons que ce témoignage suscite chez vous une sérieuse prise de compte de la gravité de la situation et de la nécessité d’agir. Le rôle essentiel des avancées scientifiques et pédagogiques relatives aux activités physiques et sportives est pourtant chaque année unanimement célébré, plébiscité et souligné dans les discours et rapports ministériels.
En vous remerciant de votre attention, nous comptons sur vous pour agir face à cette situation extrêmement alarmante pour l’avenir des STAPS.
Les doctorant.e.s du VIPS².

Le problème
Doctorant.e.s en Sciences et Techniques des Activités Physiques et Sportives du Laboratoire Valeurs, Innovations, Politiques, Socialisations et Sports (VIPS²) de l’Université Rennes 2
A : Madame la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Monsieur le ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports, Messieurs et Mesdames les recteurs d’Académies
Copie à : Présidence des universités et direction des UFR STAPS et des unités de recherche
Rennes, le lundi 15 novembre 2021,
Objet : Manque évident de moyens humains, financiers et matériels en STAPS : témoignage alarmant
Madame la ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Monsieur le ministre de l’Education Nationale, de la Jeunesse et des Sports, Messieurs et Mesdames les recteurs d’Académies.
Le Code de l'éducation, article L123-2 modifié par LOI n°2020-1674 du 24 décembre 2020 - art. 41, stipule que le service public de l'enseignement supérieur a pour mission de contribuer d’une part « à la réussite de toutes les étudiantes et de tous les étudiants » et d’autre part « au développement de la recherche, support nécessaire des formations dispensées, à la diffusion des connaissances dans leur diversité et à l'élévation du niveau scientifique, culturel et professionnel de la nation et des individus qui la composent ».
L’ensemble des UFR STAPS de France partage actuellement le constat d’un manque évident de moyens (humains, matériels et financiers) ne permettant pas d’assurer ces deux missions de service public. Si elle est révélatrice d’une problématique touchant de nombreuses filières universitaires, la situation actuelle des STAPS fait état d’un abandon alors même que l’effectif d’étudiant.e.s dans cette filière a été multiplié par deux en 10 ans[1].
A titre d’exemple, il est inacceptable d’observer la fermeture d’un département STAPS en 2015, conséquence de difficultés financières d’une université[2], ou en 2019, faute de moyens supplémentaires suite à l’augmentation des effectifs[3]. L’inquiétude augmente chez de nombreux et nombreuses étudiant.e.s alors même que nos enseignant.e.s sont pris dans des charges insensés. L’origine de cette situation est désormais connue : manque de moyens davant être compensés par un engagement s’apparentant à un sacrifice, diminution du nombre de postes d’enseignant.e-chercheur.euse[4], absence d’ouverture de postes aux concours d’enseignement de l’EPS, des formations nécessairement assurées par des enseignant.e.s vacataires, etc.
Aussi, nous faisons le constat d’une réelle mise en danger de la santé psychique et physique de nos enseignant.e.s face à cette impossibilité de répondre à la démultiplication des tâches avec lesquelles ils doivent composer. Nous sommes très affecté.e.s par le contexte actuel, voyant nos enseignant.e.s, nos directrices et directeurs de thèse, nos collègues, se donner « corps et âme » dans l’exercice de leur métier. Leur surinvestissement mène à un nombre croissant de consultations à la médecine du travail, et ce conséquemment à cette situation de pénurie[1].
Alors même que la santé de nos enseignant.e.s est en danger, il est urgent de réagir. Cette situation s’aggrave chaque année et crée désormais un enlisement. Les conditions humaines et matérielles se dégradent et nous déplorons le peu d’écoute et de considération dont font l’objet les étudiant.e.s, au même titre que leurs enseignant.e.s en STAPS.
Si le parcours doctoral constitue un rite de passage, enrichissant, formateur, stimulant, et parfois sinueux et semé d’embûches, il ne devrait nullement rimer avec des angoisses, et devenir une source d’appréhension quant à notre avenir professionnel. A quoi bon devenir enseignant.e.s-chercheurs.euses quand le manque de moyens occulte les missions essentielles, que sont l’enseignement et la recherche ? Si nous restons passionné.e.s par nos activités quotidiennes, scientifiques et pédagogiques, le peu de considération et de soutien dont nous faisons l’objet de la part de l’Administration nous laissent perplexes et profondément inquiets.ètes concernant les emplois de demain à ce niveau de diplôme.
Dans un contexte où le président de la République et plusieurs ministres proclament la volonté de « faire de la France une vraie nation sportive », avec un objectif de 3 millions de pratiquants supplémentaires[2], comment peut-on justifier l’abandon dont fait objet la filière STAPS depuis des années ? Comment refuser à des milliers de jeunes l’accès à cette filière formant les encadrant.e.s sportifs.ves de demain ? Comment laisser péricliter les nombreuses activités de recherche et d’enseignement ? Ces activités répondent pourtant à d’importants enjeux contemporains relevant du bien commun : la lutte contre la sédentarité, le sport-santé, l’éducation de la jeunesse, l’inclusion des personnes vulnérables, l’organisation du mouvement sportif et des grands évènements, ou encore l’optimisation de la performance des sportifs.ves de haut niveau, etc.
Il est grand temps de redonner un nouvel élan, un second souffle à la filière STAPS sur le plan national pour insuffler sens, passion et engagement aux étudiant.e.s et à leurs enseignant.e.s. Nous espérons que ce témoignage suscite chez vous une sérieuse prise de compte de la gravité de la situation et de la nécessité d’agir. Le rôle essentiel des avancées scientifiques et pédagogiques relatives aux activités physiques et sportives est pourtant chaque année unanimement célébré, plébiscité et souligné dans les discours et rapports ministériels.
En vous remerciant de votre attention, nous comptons sur vous pour agir face à cette situation extrêmement alarmante pour l’avenir des STAPS.
Les doctorant.e.s du VIPS².

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Pétition lancée le 14 novembre 2021