Loi Duplomb2 : des citoyens charentais interpellent la députée Sandra Marsaud

Signataires récents:
francis REDONDO et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Lettre ouverte de citoyens et victimes charentais à l'intention de madame la députée Sandra Marsaud, suite à ses positions publiques concernant la proposition de loi Duplomb 2.

(Cette lettre ouverte sera diffusée à la presse)

Madame la députée,

Le 11 février dernier, lors du débat consacré à la loi Duplomb 2 à l’Assemblée nationale, vous avez déploré « un climat de défiance généralisé où l’émotion et la désinformation prennent le pas sur la raison et l’intérêt général » (1). Ces propos sont doublement inacceptables.

Sur la forme, ils font injure aux plus de deux millions de Français qui ont signé la pétition demandant le retrait de la loi Duplomb 1, dont certains font partie de vos administrés (2). Vous laissez entendre que le jugement de ces personnes est altéré et qu’elles ne sont pas capables de se faire une opinion par elles-mêmes au vu des différents éléments portés à leur connaissance. C’est avoir une bien piètre opinion de vos concitoyens, qui plus est de la part d’une élue. 

Sur le fond, votre position balaie d’un revers de manche les conclusions d’études scientifiques et les alertes lancées par des personnes dont la compétence ne saurait être mise en cause. Vous êtes pourtant bien placée, en tant que députée d’une circonscription agricole, pour savoir que certaines pratiques de culture ont des effets mortifères sur la santé des riverains et sur l’environnement. Consciente des dangers, une partie du monde agricole est d’ailleurs mobilisée contre la proposition de loi Duplomb 2. 

Le rapport commandé par le très peu objectif ministère de l’agriculture à l’Inrae (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), et sur lequel le sénateur se fonde pour attester de l’innocuité de sa loi, a été mis en cause par une trentaine de chercheurs de l’institution qui dénoncent les termes restrictifs de la commande et l’instrumentalisation qui a ensuite été faite de leur travail (3). Parallèlement et de manière inédite, 22 sociétés savantes médicales, le Conseil national de l’ordre des médecins, l’Alerte médicale sur les pesticides et les perturbateurs endocriniens (AMLP), des chercheurs du CNRS et de l’Inserm, ainsi que 1300 médecins et scientifiques français au travers d'une lettre ouverte (4), s'étaient ouvertement opposés à la loi Duplomb quelques mois plus tôt, en dénonçant de manière générale l'impact des pesticides sur la santé humaine.

Quel intérêt les médecins auraient-ils à signaler la fréquence anormalement accrue de cas de cancer constatée lors de leurs consultations ? Ces professionnels de santé n’ont à satisfaire aucun électorat.

Or ils relèvent - sans que des raisons héréditaires ou la consommation de tabac ou d’alcool puissent fournir une explication satisfaisante -, une augmentation significative : 1/des cancers du sein, de la prostate, du pancréas, des cancers du sang tels que les lymphomes, de leucémies ou encore de myélomes ; 2/ de maladies neurologiques telles que les maladies de Parkinson, les démences, ou encore des troubles de la reproduction (infertilité, endométrioses, …). ; 3/ chez les enfants, des leucémies et des lymphomes, mais aussi des troubles du neurodéveloppement tels que des troubles du spectre autistique ou les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). 

Ces constats ne sont pas inventés par les soignants. Ils sont observés et discutés entre pairs, et l’impact des pesticides est souvent suspectée quand il s’agit de professionnels de l’agriculture, de leurs enfants ou de riverains de champs traités avec des pesticides. Ces faisceaux de preuve concernent maintenant l’ensemble de la population. Deux expertises de l’Inserm (2013 et 2021) faisant état de la littérature scientifique mondiale sur trente ans confirment l’imputabilité des pesticides dans les maladies sus-mentionnées, leurs effets étant démultipliés par leur combinaison avec d’autres polluants environnementaux (5). 

A admettre que le doute subsiste, il devrait suffire à écarter la loi Duplomb. Les enjeux de santé publique doivent primer sur toute autre considération. Ils ont d’ailleurs aussi leur coût, si l’on veut s’en tenir cyniquement aux seuls aspects économiques. 

C’est en tant que citoyens, en tant qu’électeurs charentais, que nous resterons particulièrement attentifs à vos prises de position sur ces questions, non seulement lors des prochaines discussions autour des textes de Monsieur Duplomb mais également sur tout autre sujet rejoignant les mêmes problématiques.

Sources:

1) https://vert.eco/articles/ce-nest-que-la-partie-emergee-dun-immense-scandale-le-debat-sur-la-petition-contre-la-loi-duplomb-electrise-lassemblee-nationale

2) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/28/la-petition-contre-la-loi-duplomb-depasse-les-deux-millions-de-signatures_6624818_3244.html

3) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/02/11/loi-duplomb-un-rapport-sur-les-substituts-aux-neonicotinoides-suscite-une-controverse-au-sein-de-l-inrae_6666330_3244.html

4) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/05/05/pesticides-les-agriculteurs-les-riverains-et-les-citoyens-ne-veulent-plus-servir-de-cobayes-alertent-1-200-medecins-et-scientifiques_6603228_3244.html

5) https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/

Les premiers signataires de cette lettre ouverte : 

1) A titre individuel :

Nicole Ausou, citoyenne charentaise et victime. Joëlle Bon, citoyenne charentaise. Amélie Brunet, citoyenne charentaise et proche de victime. Frédérique Cauvin-Doumic, citoyenne charentaise et victime. Yves Couturier, Membre du collectif Vigilance OGM et pesticides 16. Karen Dubois, citoyenne charentaise. Jean-Claude Caraire, citoyen charentais. Isabelle Fouquay, citoyenne charentaise. Laurent Freboeuf, citoyen charentais. Marie Gilg Soit Ilg, citoyenne charentaise. Marie-Line Kasmi Giraud, citoyenne charentaise. Viviane Godineau, citoyenne charentaise. Julien Grandguillot, citoyen charentais. Jean-Jacques Lagleyse, citoyen charentais. Laurence Levy, citoyenne charentaise, victime et proche de victime. Evelyne Martin, citoyenne charentaise. Jackie Merzeau, citoyenne charentaise. Laurie Merigeaud, citoyenne charentaise, proche de victimes. Virginie Moulia-Pelat, citoyenne charentaise, proche de victime. Eugénie Ormsby, citoyenne charentaise. Danielle Paparatti, citoyenne charentaise et proche de victime. Clémence Petit, citoyenne charentaise. Céleste Rafin, citoyenne charentaise. Alain Simard, citoyen charentais. Marie-Jeanne Vian, citoyenne charentaise. Amanda Speed, citoyenne charentaise.

2) A titre associatif et syndical:

Carole Ballu, paysanne et porte parole de la Confédération paysanne de Charente. Louis-Adrien Delarue, médecin porte-parole Charente de Alerte Médicale sur les Pestides et les Perturbateurs endocriniens (AMLP)

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Signataires récents:
francis REDONDO et 19 autres ont signé récemment.

Le problème

Lettre ouverte de citoyens et victimes charentais à l'intention de madame la députée Sandra Marsaud, suite à ses positions publiques concernant la proposition de loi Duplomb 2.

(Cette lettre ouverte sera diffusée à la presse)

Madame la députée,

Le 11 février dernier, lors du débat consacré à la loi Duplomb 2 à l’Assemblée nationale, vous avez déploré « un climat de défiance généralisé où l’émotion et la désinformation prennent le pas sur la raison et l’intérêt général » (1). Ces propos sont doublement inacceptables.

Sur la forme, ils font injure aux plus de deux millions de Français qui ont signé la pétition demandant le retrait de la loi Duplomb 1, dont certains font partie de vos administrés (2). Vous laissez entendre que le jugement de ces personnes est altéré et qu’elles ne sont pas capables de se faire une opinion par elles-mêmes au vu des différents éléments portés à leur connaissance. C’est avoir une bien piètre opinion de vos concitoyens, qui plus est de la part d’une élue. 

Sur le fond, votre position balaie d’un revers de manche les conclusions d’études scientifiques et les alertes lancées par des personnes dont la compétence ne saurait être mise en cause. Vous êtes pourtant bien placée, en tant que députée d’une circonscription agricole, pour savoir que certaines pratiques de culture ont des effets mortifères sur la santé des riverains et sur l’environnement. Consciente des dangers, une partie du monde agricole est d’ailleurs mobilisée contre la proposition de loi Duplomb 2. 

Le rapport commandé par le très peu objectif ministère de l’agriculture à l’Inrae (Institut national de la recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), et sur lequel le sénateur se fonde pour attester de l’innocuité de sa loi, a été mis en cause par une trentaine de chercheurs de l’institution qui dénoncent les termes restrictifs de la commande et l’instrumentalisation qui a ensuite été faite de leur travail (3). Parallèlement et de manière inédite, 22 sociétés savantes médicales, le Conseil national de l’ordre des médecins, l’Alerte médicale sur les pesticides et les perturbateurs endocriniens (AMLP), des chercheurs du CNRS et de l’Inserm, ainsi que 1300 médecins et scientifiques français au travers d'une lettre ouverte (4), s'étaient ouvertement opposés à la loi Duplomb quelques mois plus tôt, en dénonçant de manière générale l'impact des pesticides sur la santé humaine.

Quel intérêt les médecins auraient-ils à signaler la fréquence anormalement accrue de cas de cancer constatée lors de leurs consultations ? Ces professionnels de santé n’ont à satisfaire aucun électorat.

Or ils relèvent - sans que des raisons héréditaires ou la consommation de tabac ou d’alcool puissent fournir une explication satisfaisante -, une augmentation significative : 1/des cancers du sein, de la prostate, du pancréas, des cancers du sang tels que les lymphomes, de leucémies ou encore de myélomes ; 2/ de maladies neurologiques telles que les maladies de Parkinson, les démences, ou encore des troubles de la reproduction (infertilité, endométrioses, …). ; 3/ chez les enfants, des leucémies et des lymphomes, mais aussi des troubles du neurodéveloppement tels que des troubles du spectre autistique ou les troubles déficitaires de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). 

Ces constats ne sont pas inventés par les soignants. Ils sont observés et discutés entre pairs, et l’impact des pesticides est souvent suspectée quand il s’agit de professionnels de l’agriculture, de leurs enfants ou de riverains de champs traités avec des pesticides. Ces faisceaux de preuve concernent maintenant l’ensemble de la population. Deux expertises de l’Inserm (2013 et 2021) faisant état de la littérature scientifique mondiale sur trente ans confirment l’imputabilité des pesticides dans les maladies sus-mentionnées, leurs effets étant démultipliés par leur combinaison avec d’autres polluants environnementaux (5). 

A admettre que le doute subsiste, il devrait suffire à écarter la loi Duplomb. Les enjeux de santé publique doivent primer sur toute autre considération. Ils ont d’ailleurs aussi leur coût, si l’on veut s’en tenir cyniquement aux seuls aspects économiques. 

C’est en tant que citoyens, en tant qu’électeurs charentais, que nous resterons particulièrement attentifs à vos prises de position sur ces questions, non seulement lors des prochaines discussions autour des textes de Monsieur Duplomb mais également sur tout autre sujet rejoignant les mêmes problématiques.

Sources:

1) https://vert.eco/articles/ce-nest-que-la-partie-emergee-dun-immense-scandale-le-debat-sur-la-petition-contre-la-loi-duplomb-electrise-lassemblee-nationale

2) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/07/28/la-petition-contre-la-loi-duplomb-depasse-les-deux-millions-de-signatures_6624818_3244.html

3) https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/02/11/loi-duplomb-un-rapport-sur-les-substituts-aux-neonicotinoides-suscite-une-controverse-au-sein-de-l-inrae_6666330_3244.html

4) https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/05/05/pesticides-les-agriculteurs-les-riverains-et-les-citoyens-ne-veulent-plus-servir-de-cobayes-alertent-1-200-medecins-et-scientifiques_6603228_3244.html

5) https://www.inserm.fr/expertise-collective/pesticides-et-sante-nouvelles-donnees-2021/

Les premiers signataires de cette lettre ouverte : 

1) A titre individuel :

Nicole Ausou, citoyenne charentaise et victime. Joëlle Bon, citoyenne charentaise. Amélie Brunet, citoyenne charentaise et proche de victime. Frédérique Cauvin-Doumic, citoyenne charentaise et victime. Yves Couturier, Membre du collectif Vigilance OGM et pesticides 16. Karen Dubois, citoyenne charentaise. Jean-Claude Caraire, citoyen charentais. Isabelle Fouquay, citoyenne charentaise. Laurent Freboeuf, citoyen charentais. Marie Gilg Soit Ilg, citoyenne charentaise. Marie-Line Kasmi Giraud, citoyenne charentaise. Viviane Godineau, citoyenne charentaise. Julien Grandguillot, citoyen charentais. Jean-Jacques Lagleyse, citoyen charentais. Laurence Levy, citoyenne charentaise, victime et proche de victime. Evelyne Martin, citoyenne charentaise. Jackie Merzeau, citoyenne charentaise. Laurie Merigeaud, citoyenne charentaise, proche de victimes. Virginie Moulia-Pelat, citoyenne charentaise, proche de victime. Eugénie Ormsby, citoyenne charentaise. Danielle Paparatti, citoyenne charentaise et proche de victime. Clémence Petit, citoyenne charentaise. Céleste Rafin, citoyenne charentaise. Alain Simard, citoyen charentais. Marie-Jeanne Vian, citoyenne charentaise. Amanda Speed, citoyenne charentaise.

2) A titre associatif et syndical:

Carole Ballu, paysanne et porte parole de la Confédération paysanne de Charente. Louis-Adrien Delarue, médecin porte-parole Charente de Alerte Médicale sur les Pestides et les Perturbateurs endocriniens (AMLP)

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