Loi Duplomb : lettre ouverte à Madame Delphine Lingemann, députée du Puy-de-Dôme


Loi Duplomb : lettre ouverte à Madame Delphine Lingemann, députée du Puy-de-Dôme
Le problème
Madame la Députée,
C’est avec colère, tristesse et une profonde incompréhension que nous vous adressons cette lettre ouverte, suite à votre vote en faveur de la loi Duplomb, une loi en faveur de la réintroduction des néonicotinoïdes, des fermes usines et de l’accaparement de la ressource en eau.
Ce texte, adopté sans débat démocratique digne de ce nom, marque un recul grave pour la protection de la biodiversité, la santé des agriculteurs, de celle de l'ensemble des citoyens et des engagements pris face à l’urgence écologique. Il acte notamment la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide néonicotinoïde dont la toxicité pour les pollinisateurs est largement prouvée, et dont les effets sur la santé humaine sont jugés préoccupants par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.
Comment pouvez-vous, dans le même temps, dans l’une de vos dernières publications sur les réseaux sociaux, vanter les mérites d’une agriculture durable, saluer l’engagement d’agriculteurs qui innovent en faveur de la biodiversité, et soutenir un texte qui trahit ces valeurs ? Vous écriviez récemment : « Une méthode durable, respectueuse des écosystèmes, qui favorise la biodiversité […] tout en assurant une production agricole résiliente. » Quelle cohérence peut-il y avoir entre ces paroles et votre vote ?
Le cynisme de ce double discours ne peut qu’alimenter la défiance croissante entre les citoyen·nes et leurs représentant·es. Ce vote, loin de soutenir les agriculteurs, n'est qu'un cadeau offert à un modèle productiviste qui les asphyxie. Pendant ce temps, les scientifiques, les praticiens de l’agroécologie, les apiculteurs — ceux qui s’engagent à produire sans détruire — sont ignorés ou pénalisés.
Pire encore, ce vote a été obtenu par un contournement des règles démocratiques : motion de rejet préalable, suppression du débat en hémicycle, renvoi en commission mixte paritaire à huis clos. Est-ce ainsi que nous devons envisager les grands choix de société, qui touchent à notre alimentation, à notre santé, à la vie du sol, à l’eau, aux insectes, au climat ?
De plus, vous même avez refusé de rencontrer des citoyens inquiets par cette loi, qui demandaient seulement de pouvoir discuter, argumenter, débattre avec vous. N’est ce pas pourtant votre rôle ? Celui d’être à l'écoute de l’ensemble de vos administrés ?
Madame la Députée, il n’est pas trop tard pour reconnaître votre erreur. Il n’est jamais trop tard pour faire preuve de courage politique, celui qui consiste à écouter les alertes scientifiques, à entendre les attentes des citoyen·nes, à défendre l’intérêt général plutôt que céder aux lobbys de l’agro-industrie.
Nous vous appelons solennellement à vous désolidariser publiquement de cette loi qui n'améliore en rien les conditions de vie et de travail des paysans. . Et au-delà, à vous engager fermement pour lutter contre la concurrence déloyale induite par les traités de libre échange, que les agriculteurs français prennent de plein fouet. Aussi il est déjà l'heure de se saisir pleinement de la question des prochaines négociations sur la Politique Agricole Commune afin que ces dernières soient l’occasion d’un véritable tournant : vers une autre PAC qui redistribue plus justement les aides européennes ( environ 80 % des aides de la PAC vont à 20 % des agriculteurs) et valorise pleinement les services rendus à l'environnement.
Nous refusons de choisir entre nourrir et détruire car il est largement possible de produire dans le respect de l'ensemble du vivant, en garantissant des revenus dignes aux agriculteurs et en assurant notre souveraineté alimentaire. Nous espérons que vous aussi.
Cette lettre est ouverte à la signature de toutes celles et ceux qui, comme nous, refusent cette fuite en avant toxique, et défendent une agriculture qui protège notre santé, nos territoires et la vie.
Avec détermination et exigence,
Fatima Parret & Grégoire Verrière, Conseillers régionaux du Puy-de-Dôme
Et les citoyen·nes signataires
2 387
Le problème
Madame la Députée,
C’est avec colère, tristesse et une profonde incompréhension que nous vous adressons cette lettre ouverte, suite à votre vote en faveur de la loi Duplomb, une loi en faveur de la réintroduction des néonicotinoïdes, des fermes usines et de l’accaparement de la ressource en eau.
Ce texte, adopté sans débat démocratique digne de ce nom, marque un recul grave pour la protection de la biodiversité, la santé des agriculteurs, de celle de l'ensemble des citoyens et des engagements pris face à l’urgence écologique. Il acte notamment la réintroduction de l’acétamipride, un pesticide néonicotinoïde dont la toxicité pour les pollinisateurs est largement prouvée, et dont les effets sur la santé humaine sont jugés préoccupants par l’Autorité européenne de sécurité des aliments.
Comment pouvez-vous, dans le même temps, dans l’une de vos dernières publications sur les réseaux sociaux, vanter les mérites d’une agriculture durable, saluer l’engagement d’agriculteurs qui innovent en faveur de la biodiversité, et soutenir un texte qui trahit ces valeurs ? Vous écriviez récemment : « Une méthode durable, respectueuse des écosystèmes, qui favorise la biodiversité […] tout en assurant une production agricole résiliente. » Quelle cohérence peut-il y avoir entre ces paroles et votre vote ?
Le cynisme de ce double discours ne peut qu’alimenter la défiance croissante entre les citoyen·nes et leurs représentant·es. Ce vote, loin de soutenir les agriculteurs, n'est qu'un cadeau offert à un modèle productiviste qui les asphyxie. Pendant ce temps, les scientifiques, les praticiens de l’agroécologie, les apiculteurs — ceux qui s’engagent à produire sans détruire — sont ignorés ou pénalisés.
Pire encore, ce vote a été obtenu par un contournement des règles démocratiques : motion de rejet préalable, suppression du débat en hémicycle, renvoi en commission mixte paritaire à huis clos. Est-ce ainsi que nous devons envisager les grands choix de société, qui touchent à notre alimentation, à notre santé, à la vie du sol, à l’eau, aux insectes, au climat ?
De plus, vous même avez refusé de rencontrer des citoyens inquiets par cette loi, qui demandaient seulement de pouvoir discuter, argumenter, débattre avec vous. N’est ce pas pourtant votre rôle ? Celui d’être à l'écoute de l’ensemble de vos administrés ?
Madame la Députée, il n’est pas trop tard pour reconnaître votre erreur. Il n’est jamais trop tard pour faire preuve de courage politique, celui qui consiste à écouter les alertes scientifiques, à entendre les attentes des citoyen·nes, à défendre l’intérêt général plutôt que céder aux lobbys de l’agro-industrie.
Nous vous appelons solennellement à vous désolidariser publiquement de cette loi qui n'améliore en rien les conditions de vie et de travail des paysans. . Et au-delà, à vous engager fermement pour lutter contre la concurrence déloyale induite par les traités de libre échange, que les agriculteurs français prennent de plein fouet. Aussi il est déjà l'heure de se saisir pleinement de la question des prochaines négociations sur la Politique Agricole Commune afin que ces dernières soient l’occasion d’un véritable tournant : vers une autre PAC qui redistribue plus justement les aides européennes ( environ 80 % des aides de la PAC vont à 20 % des agriculteurs) et valorise pleinement les services rendus à l'environnement.
Nous refusons de choisir entre nourrir et détruire car il est largement possible de produire dans le respect de l'ensemble du vivant, en garantissant des revenus dignes aux agriculteurs et en assurant notre souveraineté alimentaire. Nous espérons que vous aussi.
Cette lettre est ouverte à la signature de toutes celles et ceux qui, comme nous, refusent cette fuite en avant toxique, et défendent une agriculture qui protège notre santé, nos territoires et la vie.
Avec détermination et exigence,
Fatima Parret & Grégoire Verrière, Conseillers régionaux du Puy-de-Dôme
Et les citoyen·nes signataires
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Pétition lancée le 16 juillet 2025