3 MESURES URGENTES POUR TRAVAILLER MOINS

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Le Collectif Travailler Moins (CTM) prône le détravail, dont l’objectif est de décentrer la place qu’occupe le travail dans nos vies et nos identités. C’est bien sûr sa forme dominante, l’emploi, que nous ciblons.

Car oui, il y a urgence ! Les défis sociaux et écologiques sans précédent nous invitent à rapidement changer notre regard sur nos activités et leur impact. Le “système travail” actuel crée un mal-être collectif, des inégalités monstrueuses et un état d’esprit individualiste. Il pollue, fatigue, aliène.  

Et si la vraie richesse au XXIème siècle, c’était de disposer librement de son temps ? www.travaillermoins.fr

Traduire cette vision de décroissance et de ralentissement en propositions collectives concrètes, ce n’est pas si difficile. Les idées sont là et nombreuses mais pour l’instant rangées dans la case “Utopies”. Et oui, quand vous voulez moins subir le système travail tel qui nous est proposé actuellement, vous êtes nécessairement idéaliste : on a rien sans rien voyons !

Quitte à se faire juger de “doux rêveurs”, voici les 3 propositions réalistes qui nous paraissent urgentes à mettre en place dans les années à venir pour changer notre rapport au travail.

          1) Le droit au temps partiel

En France, pour avoir droit au temps partiel, il faut soit faire des enfants, soit créer son entreprise, soit avoir des proches en difficulté. Sinon, pour tous les autres cas, par exemple s’il vous vient l’idée de vouloir lever le pied au travail, votre employeur peut vous envoyer bouler ! Et c’est généralement ce qui se passe.

Il est vrai que le temps partiel est encore victime d’une sale image. Il faut dire que la plupart des personnes en temps partiel (en grande majorité des femmes) n’ont pas forcément choisi cette situation professionnelle. Symboliquement, être à temps partiel est un échec social et financièrement parlant, il est synonyme de précarité.

Cependant, on peut aussi voir toutes les qualités du temps partiel : plus de temps, plus de liberté, plus de possibilités pour les individus. Tout est une question de regard. Un nombre croissant d’organisations, majoritairement privées, proposent à leurs salariés la semaine de 4 jours payées 5, ou le droit au 4/5ème. C’est un bon signe mais ce n’est pas satisfaisant. Les salariés, quelque soit leur employeur, doivent pouvoir baisser leur temps de travail comme ils le souhaitent.

De plus, nous demandons aux pouvoirs publics de faire la promotion du temps partiel choisi et de créer des dispositifs d’accompagnement pour les salariés, les indépendants et les structures employeuses, afin de permettre à tous de changer son regard sur le travail tout en arrivant à subvenir à ses besoins décemment.

          2) La création d’un fonds de désinvestissement public

Afin de permettre à tous de soulager la contrainte que représente potentiellement le travail, il est nécessaire de porter une attention particulière aux travailleurs les plus fragiles.

Pour le CTM, il est impératif de lancer un fond de désinvestissement national dont le but serait d’accompagner financièrement les individus au détravail. En sachant qu’une personne au SMIC qui souhaite passer à 80% se rapproche facilement avec le seuil de pauvreté : ce n’est évidemment pas acceptable.

Dans la mesure où reprendre le pouvoir sur une partie de son temps peut nous permettre de faire plus de choses soi-même et/ou d’être plus dans le partage, nous pensons aussi que le montant alloué peut être transitoire et dégressif. Il est vrai que gagner un peu moins d’argent, cela s’apprend, et cela nécessite un accompagnement à la conscientisation des besoins réels et des besoins superflus.

Le financement de ce fonds doit pour nous d’abord s’appuyer sur la fiscalité. Nous nous positionnons par exemple en faveur d’un revenu maximum acceptable (RMA). Une autre piste est le développement de réseaux d’organisations solidaires, qui pourrait volontairement “offrir” des demies-journée voire des journées libérées en interne, à des personnes externes aux revenus les plus faibles et souhaitant passer à temps partiel.

          3) Le revenu de base au service de la transition sociale et
          écologique


Aujourd'hui, notre modèle de société est en crise sous la pression des enjeux sociaux et écologiques et le revenu de base est l’une des idées les plus prometteuse du siècle. Les richesses créées battent des records tous les ans, mais pendant ce temps là : les inégalités de revenus se creusent, le numérique bouleverse le monde du travail, les métiers les plus utiles pour le bien commun sont ceux les moins rémunérés et le vivant meurt. Soyons réalistes et ayons le courage d'affronter l'ampleur des défis de notre temps !

Pour faire face à ces défis colossaux, nous demandons à l’Etat d’impulser rapidement la création d’une loi autorisant les expérimentations locales du revenu de base. Nous demandons également aux collectivités de se positionner en faveur d’expérimentations locales du revenu de base ou du revenu de transition écologique (RTE). Plusieurs pistes très intéressantes existent pour permettre à cet outil d’être au service du territoire : gratuité de certains services publics pour assurer certains besoins de base, montant distribué en partie en monnaie locale pour relocaliser les échanges économiques, ou création de coopératives pour impliquer les habitants.

“L’exemple n’est pas le meilleur moyen de convaincre. C’est le seul.”
Gandhi.

Merci pour votre soutien.