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Le film "Outreau, l'autre vérité" ne doit pas être censuré !


La sortie en salles du film de Serge Garde : « Outreau, l'autre vérité » a donné lieu à un phénomène qui serait sans doute amusant de commenter s'il n'était pas si grave.

- Nous voyons que le public se montre admiratif et reconnaît l'intérêt des témoignages qu'il comporte, exprime sa reconnaissance pour l'éclairage qu'il apporte sur une affaire qui a suscité les passions et laissé le trouble chez tous ceux qui ont dû s'accommoder d'une issue qui dépasse l'entendement. C'est en raison du mauvais ancrage de ce mythe que le sujet revient constamment sous les feux de l'actualité, un peu à la manière de consommations indigestes que l'estomac se refuse à digérer et qui provoquent des renvois sporadiques. Tout ce qui peut favoriser la compréhension de cette affaire est donc salutaire et constitue une étape qui s'accomplira nécessairement.

- Nous voyons par ailleurs que loin de s'allier à cette démarche d'assainissement, les médias s'acharnent à dépeindre cet éclairage comme un plat empoisonné. Ils ne sont pourtant pas étrangers à la tournure que l'affaire d'Outreau a prise dans les esprits dès le début de l'affaire. D'abord à cause d'une recherche de sensationnel qui a gravement affecté la présomption d'innocence, puis à cause d'un emballement en sens inverse, appuyé par des articles de presse, des images marquantes, des ouvrages largement diffusés, mais qui a laissé de côté les victimes et a pris parti au point de négliger gravement l'équilibre contradictoire entre accusation et défense.

 

Cette dernière assertion est sujette à controverse et nécessiterait une analyse détaillée, un peu comme celle qui est apparue en 2009 dans le premier ouvrage qui revenait sur l'affaire «  Outreau, la vérité abusée, 12 enfants reconnus victimes » – ouvrage mentionné dans le générique du film – écrit par Marie-Christine Gryson-Dejehansart qui s'exprime également dans le film.

 

Ce qui est frappant au vu des articles qui commentent la sortie du film, c'est que ce sont justement les médias qui viennent renforcer ce jugement, par leur comportement ouvertement et outrancièrement hostile, par le fait qu'ils reçoivent à bras ouverts Eric Dupond-Moretti pour lui permettre de déverser ses paroles assassines. Ils apportent s'il en était besoin la preuve que l'équité et l'honnêteté intellectuelle n'est pas leur choix. Ils offrent à tout observateur attentif le spectacle de gardiens acharnés de la légende, sans réaliser qu'ils maintiennent de ce fait le malaise qui l'accompagne.

- Il est facile de voir que le film « présumé coupable », film de fiction sur la base d'un livre écrit par une personne qui ne pouvait être neutre, qui présente un tableau poussé aux limites du représentable a été accueilli avec bienveillance, que personne n'a reproché à son producteur de gagner de l'argent, pas plus que d'avoir pris quelque liberté avec les faits.

- il est facile – tout au moins pour ceux qui tentent quelques commentaires sur les articles en ligne – de constater qu'ils sont en général « modérés » dans le sens où ceux qui sont hostiles au film passent bien mieux que ceux qui y sont favorables ou dénoncent les propos injustes du journaliste ou de son « invité ».

- Il est facile de constater que les médias parlent volontiers des acquittés, mais ne mentionnent que rarement le sort des enfants victimes à moins que ce ne soit pour traiter de mythomane celui qui ose s'exprimer. Le livre de M.C. Gryson et le film de Serge Garde ont au moins le mérite de se pencher sur leur sort qu'il est trop commode d'oublier.

 

La liberté d'expression à laquelle on tient tant est bafouée par un vocable inadapté qui parle de « révisionnisme, de « théorie du complot », de « malhonnêteté » comme pour faire usage d'un ordre moral au nom duquel toute légitimité d'expression pourrait être bannie.

 

Pourtant l'attitude de Serge Garde, de même que celle de tous les intervenants de son film est empreinte de pondération et de sincérité et ne justifie en rien cet acharnement. Nous le disons, cette attitude est inacceptable et indigne d'une presse que l'on espèrerait indépendante et ouverte.

 

Continuons d'aller voir "Outreau, l'autre vérité", invitons aussi nos amis et continuons de dénoncer la désinformation à propos des violences sexuelles faites aux enfants !

Associations signataires :

Innocence en Danger

CRIFIP

Le Monde à Travers un Regard

L'enfant d'abord

CFCV

Collectif Les Moutons Noirs

AVPE

Collectif Libertaire Anti-Sexiste

 

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