LE RECOURS A LA PMA, ni caprice, ni drogue !

Cette pétition avait 291 signataires

Le problème

Dans le cadre du débat sur l'ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes et célibataires, la députée LREM Agnès Thill a mis à mal le processus-même de conception médicalement assistée. Ses propos touchent non seulement les femmes qui pourraient bénéficier de l'accès à cette technique mais aussi tous les couples qui y ont actuellement recours. Elle a ainsi déclaré par exemple concernant les femmes ne pouvant avoir un enfant [qu'elles] " souffrent. J’entends bien qu’elles souffrent, mais alors qu’est ce qu’on fait ; si un drogué souffre, on lui donne de la drogue ? Est-ce que je lui donne un enfant parce qu’elle souffre ?" ou encore "un enfant n’est pas un médicament, c’est un être humain". 

Tous ces mots ne sont que parti pris et idées reçues. Et, si, pour votre gouverne Madame, on donne de la "drogue" aux drogués en cours de sevrage, sous forme médicamenteuse mais les substances n'en restent pas moins des "drogues". Passons.

Les couples qui entament une démarche de PMA souffrent tout autant que les femmes lesbiennes ou célibataires. Le manque d'enfant existe aussi chez des femmes pouvant concevoir naturellement, certaines ont un "enfant-médicament". Pour certains couples, c'est l'enfant "rassembleur" censé éviter une rupture qui naît d'un moment d'instabilité entre les partenaires. Mais à vos yeux, Madame, seules les personnes soignées en PMA font un caprice, satisfaisant une envie d'enfant irrépressible comme elles feraient un achat compulsif ? Mais Madame, savez-vous même ce qu'est le parcours du combattant pour un couple (tel que la loi l'autorise actuellement) engagé dans un processus de PMA ? J'ai comparé à dessein cette démarche avec celle d'un achat compulsif : avoir un enfant par PMA est tout sauf rapide, c'est un processus lent, qui peut durer des années, qui laisse le couple dans une incertitude de chaque instant, qui demande une force psychologique personnelle et une unité de couple immenses, et c'est une chose qui ne s'achète pas. Elle se mérite, elle est le fruit de souffrances, d'examens répétés, de prises de traitements aux effets secondaires nombreux et douloureux. Et si la chance d'avoir un enfant s'achète, oui, parfois, c'est au terme d'un long combat fait d'espoirs et de désillusions. Cela ne se fait pas en France où c'est illégal, il faut avoir les moyens d'aller à l'étranger acheter des ovocytes et/ou des spermatozoïdes pour tenter encore sa chance. La PMA se fait souvent au moyen d'injections, comme la drogue, il est vrai. Mais l'héroïne n'est pas dans la seringue, elle est au bout de la seringue, elle est cette femme qui suit les protocoles en affrontant la crainte et le désespoir, accompagnée par sa moitié. 

Les propos de Madame la député Agnès Thill sont infâmants, diffamants pour toutes les personnes ayant actuellement recours à la PMA en plus de celles qui souhaiteraient y avoir droit. C'est au nom de tous ceux et toutes celles qui sont aujourd'hui salis par vos allégations que je m'insurge et demande au parti LREM de montrer fermement son désaccord. Le silence serait coupable, "qui ne dit mot consent" : LREM cautionnerait l'attitude de Madame Agnès Thill en la gardant dans ses rangs. 

Je demande donc, au nom de tous les signataires de cette pétition, l'exclusion du parti LREM de Madame la députée Agnès Thill. Une demande destinée à Monsieur Christophe Castaner, chef de file de LREM et à Monsieur Gilles Le Gendre, chef du groupe LREM à l'Assemblée Nationale.

Merci à tous les signataires pour leur soutien.

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Hélène RAYNALLanceur de pétition

Les décisionnaires

Gilles Le Gendre
Gilles Le Gendre
chef du groupe LREM à l'Assemblée Nationale
Stanislas Guerini
Stanislas Guerini
Délégué Général LREM

Message aux signataires