Retrait de la statue Mahé de la Bourdonnais à St-Denis de l'ile de La Réunion

Le problème

RETRAIT DE LA STATUE DE MAHÉ DE LA BOURDONNAIS À ST-DENIS DE L'ILE DE LA RÉUNION.

Il est considéré à juste titre comme le maître d’œuvre de la colonisation française dans notre région. 

Mais de qui s’agit-il et quel fut son rôle dans l’histoire de notre île ?

La statue de Mahé de La Bourdonnais a été installée à Saint-Denis en 1859 à l’initiative de l’oligarchie sucrière en défi aux principes humanistes et comme symbole de la colonisation. C’est sous cette égide que furent étendues les conquêtes à Madagascar et aux Comores. La mise en servitude s’étendit au Mozambique, en Inde et jusqu’en Polynésie. Le parti franco-créole-blanc reprit le programme d’agressions de Mahé de La Bourdonnais et le mit au service de l’impérialisme français, tous régimes politiques confondus. Il trouva un porte-drapeau avec François de Mahy qui se fit le chantre de la « colonie colonisatrice ».

S’appuyant sur la Loi Taubira du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité et dont l’article 1 rappelle que : “La République française reconnait que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan indien d’une part et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du 15è siècle aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité".

La Cour Européenne de Justice a déclaré recevable en février 2020, le recours que le Mouvement International pour les Réparations a présenté contre la France suite au rejet par les juridictions françaises de ses demandes de réparation pour le crime contre l’humanité que furent la traite négrière transatlantique et l’esclavage des Noirs.

Ces représentants de l’esclavagisme et du colonialisme siègent ainsi dans nos villes et nos cités depuis des siècles sans que soient interrogées leurs crimes, alors même que l’esclavage est reconnu comme un crime contre l’humanité, ces statues continuent à ériger le crime comme une gloire.

Cette impunité doit cesser car elle maintient tout un peuple dans la honte, et laisse les héros de la liberté dans l’ignorance et l’oubli.

laproptaznoutpei@gmail.com

Note sur MAHE de La BOURDONNAIS

C’est un officier de marine breton et un grand stratège. C’est ainsi que toutes ses entreprises s’inséraient dans un plan d’ensemble : concurrencer les Hollandais et les Anglais dans la « mer des Indes », étant entendu que le canal du Mozambique était occupé par ces derniers et qu’en conséquence les Français devaient emprunter la route passant à l’Est de Madagascar. Pourquoi ? Pour faire fructifier le commerce mercantile au profit de la Compagnie perpétuelle des Indes, et pour son profit personnel. Pour cela il fallait pouvoir entretenir une marine dans l’océan Indien et des comptoirs solides capables de réparer les bateaux, de les construire et de nourrir les équipages. L’île de France serait dotée d’un port et Bourbon lui serait complémentaire.

Dans cette optique, il devenait nécessaire d’établir des colons aux Mascareignes. Mais comment attirer des européens dans cette outre-mer? En leur attribuant des concessions de terres et en les autorisant à acheter des esclaves noirs pour les faire travailler gratuitement à leur profit. Pour cela, les colons devaient être en mesure de fournir une culture d’exportation, le café. On quitte définitivement le
temps du « plantage » (François Lautret-Staub) pour entrer dans l’enfer de la plantation, synonyme d’esclavage mais aussi de paupérisation pour certains blancs.

Le système étant mis en place, il fallait l’alimenter. Tout d’abord, la traite esclavagiste fut organisée sur une plus grande échelle. «A partir de 1735, les gouverneurs La Bourdonnais et Nicolas Tolentino de Almeida entretinrent une correspondance personnelle, développant des relations d’amitié et promouvant un trafic entre les deux colonies pour la satisfaction de leurs intérêts mutuels. Les Mascareignes importaient du Mozambique la main d’œuvre servile.                        Le Mozambique, les vivres, les armes à feu, la poudre et les munitions. » C’est ainsi qu’en cinq ans, 2.000 Mozambicains sont déportés aux Mascareignes. Puis en 1742 et en 1744 La Bourdonnais arme, avec une société qu’il anime, l’Aigle, la Parfaite et le Jupiter pour le Mozambique.

Il s’ensuit que les relations interraciales deviennent de plus en plus violentes. Raisonnant comme un militaire, La Bourdonnais instaure une police des couleurs récompensant la répression du marronnage en raison de statuts racialisés. Elle se décline ainsi :

-  Le blanc capteur d’un esclave est récompensé par un noir.
-  Le blanc tueur d’un noir coupable est récompensé par un négrillon.
-  L’esclave capteur de marron sera affranchi.                                                               - Le marron qui rapportera la tête d’un marron aura sa grâce 

Comme on l’a vu, nos îles n’étaient pour La Bourdonnais qu’un tremplin pour entretenir un fructueux commerce avec les Indes. Pour ce faire, les Européens installaient des comptoirs fortifiés pour imposer les meilleurs termes aux échanges. C’est pourquoi, le « gouverneur général des îles de France et de Bourbon » leva une armée dans nos îles pour porter la guerre au Negatapam (Sri Lanka) et à Madras. En 1743, il passe dans l’Inde avec plus de 150 esclaves noirs. « A Saint-Denis, 69 propriétaires ont fourni 156 esclaves à la Compagnie, dont 48 % de malgaches, 38,5 % de cafres, 8 % de créoles et 4,5 % d’indiens. (...) Ces esclaves étaient des esclaves fidèles que leurs maîtres avaient soigneusement choisis. » Ce faisant, cette conscription contribue encore à renforcer la hiérarchie raciale au profit du projet colonial.

Mahé de La Bourdonnais est donc le symbole du suprématisme blanc dans notre région. Tout le contraire du vivre ensemble revendiqué de notre île. Il ne doit plus trôner sur la place du gouvernement. Les Réunionnais doivent savoir qui est ce personnage.

Philippe BESSIERE , le 1er août 2020,                                                               Rasine Kaf / Komité Rényoné Panafrikin.  

 

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Il est considéré à juste titre comme le maître d’œuvre de la colonisation française dans notre région. 

Mais de qui s’agit-il et quel fut son rôle dans l’histoire de notre île ?

La statue de Mahé de La Bourdonnais a été installée à Saint-Denis en 1859 à l’initiative de l’oligarchie sucrière en défi aux principes humanistes et comme symbole de la colonisation. C’est sous cette égide que furent étendues les conquêtes à Madagascar et aux Comores. La mise en servitude s’étendit au Mozambique, en Inde et jusqu’en Polynésie. Le parti franco-créole-blanc reprit le programme d’agressions de Mahé de La Bourdonnais et le mit au service de l’impérialisme français, tous régimes politiques confondus. Il trouva un porte-drapeau avec François de Mahy qui se fit le chantre de la « colonie colonisatrice ».

S’appuyant sur la Loi Taubira du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité et dont l’article 1 rappelle que : “La République française reconnait que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l’océan indien d’une part et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du 15è siècle aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité".

La Cour Européenne de Justice a déclaré recevable en février 2020, le recours que le Mouvement International pour les Réparations a présenté contre la France suite au rejet par les juridictions françaises de ses demandes de réparation pour le crime contre l’humanité que furent la traite négrière transatlantique et l’esclavage des Noirs.

Ces représentants de l’esclavagisme et du colonialisme siègent ainsi dans nos villes et nos cités depuis des siècles sans que soient interrogées leurs crimes, alors même que l’esclavage est reconnu comme un crime contre l’humanité, ces statues continuent à ériger le crime comme une gloire.

Cette impunité doit cesser car elle maintient tout un peuple dans la honte, et laisse les héros de la liberté dans l’ignorance et l’oubli.

laproptaznoutpei@gmail.com

Note sur MAHE de La BOURDONNAIS

C’est un officier de marine breton et un grand stratège. C’est ainsi que toutes ses entreprises s’inséraient dans un plan d’ensemble : concurrencer les Hollandais et les Anglais dans la « mer des Indes », étant entendu que le canal du Mozambique était occupé par ces derniers et qu’en conséquence les Français devaient emprunter la route passant à l’Est de Madagascar. Pourquoi ? Pour faire fructifier le commerce mercantile au profit de la Compagnie perpétuelle des Indes, et pour son profit personnel. Pour cela il fallait pouvoir entretenir une marine dans l’océan Indien et des comptoirs solides capables de réparer les bateaux, de les construire et de nourrir les équipages. L’île de France serait dotée d’un port et Bourbon lui serait complémentaire.

Dans cette optique, il devenait nécessaire d’établir des colons aux Mascareignes. Mais comment attirer des européens dans cette outre-mer? En leur attribuant des concessions de terres et en les autorisant à acheter des esclaves noirs pour les faire travailler gratuitement à leur profit. Pour cela, les colons devaient être en mesure de fournir une culture d’exportation, le café. On quitte définitivement le
temps du « plantage » (François Lautret-Staub) pour entrer dans l’enfer de la plantation, synonyme d’esclavage mais aussi de paupérisation pour certains blancs.

Le système étant mis en place, il fallait l’alimenter. Tout d’abord, la traite esclavagiste fut organisée sur une plus grande échelle. «A partir de 1735, les gouverneurs La Bourdonnais et Nicolas Tolentino de Almeida entretinrent une correspondance personnelle, développant des relations d’amitié et promouvant un trafic entre les deux colonies pour la satisfaction de leurs intérêts mutuels. Les Mascareignes importaient du Mozambique la main d’œuvre servile.                        Le Mozambique, les vivres, les armes à feu, la poudre et les munitions. » C’est ainsi qu’en cinq ans, 2.000 Mozambicains sont déportés aux Mascareignes. Puis en 1742 et en 1744 La Bourdonnais arme, avec une société qu’il anime, l’Aigle, la Parfaite et le Jupiter pour le Mozambique.

Il s’ensuit que les relations interraciales deviennent de plus en plus violentes. Raisonnant comme un militaire, La Bourdonnais instaure une police des couleurs récompensant la répression du marronnage en raison de statuts racialisés. Elle se décline ainsi :

-  Le blanc capteur d’un esclave est récompensé par un noir.
-  Le blanc tueur d’un noir coupable est récompensé par un négrillon.
-  L’esclave capteur de marron sera affranchi.                                                               - Le marron qui rapportera la tête d’un marron aura sa grâce 

Comme on l’a vu, nos îles n’étaient pour La Bourdonnais qu’un tremplin pour entretenir un fructueux commerce avec les Indes. Pour ce faire, les Européens installaient des comptoirs fortifiés pour imposer les meilleurs termes aux échanges. C’est pourquoi, le « gouverneur général des îles de France et de Bourbon » leva une armée dans nos îles pour porter la guerre au Negatapam (Sri Lanka) et à Madras. En 1743, il passe dans l’Inde avec plus de 150 esclaves noirs. « A Saint-Denis, 69 propriétaires ont fourni 156 esclaves à la Compagnie, dont 48 % de malgaches, 38,5 % de cafres, 8 % de créoles et 4,5 % d’indiens. (...) Ces esclaves étaient des esclaves fidèles que leurs maîtres avaient soigneusement choisis. » Ce faisant, cette conscription contribue encore à renforcer la hiérarchie raciale au profit du projet colonial.

Mahé de La Bourdonnais est donc le symbole du suprématisme blanc dans notre région. Tout le contraire du vivre ensemble revendiqué de notre île. Il ne doit plus trôner sur la place du gouvernement. Les Réunionnais doivent savoir qui est ce personnage.

Philippe BESSIERE , le 1er août 2020,                                                               Rasine Kaf / Komité Rényoné Panafrikin.  

 

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