Baccalauréat de français : un programme de 12 oeuvres imposées ? NON MERCI !

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La réforme du lycée touche de plein fouet l’enseignement du français et les épreuves du baccalauréat.

Jusqu’à présent, les professeurs avaient la possibilité de choisir eux-mêmes les œuvres étudiées (dans le respect des objets d'étude imposés par les textes officiels), en fonction de projets liés à des activités culturelles dans leur région, et surtout, en fonction du profil de leurs classes. Ainsi, cette liberté pédagogique leur permettait de mener à bien leur mission, sans sortir pour autant du cadre réglementaire.

Désormais, le choix est encadré par un programme strict, qui impose des œuvres et des « parcours » associés, limitant la liberté pédagogique des professeurs qui étaient pourtant les seuls à pouvoir s'adapter aux besoins de leurs élèves. Ainsi, imposer un programme d’œuvres aux enseignants, sans tenir compte du niveau réel des élèves qui se trouvent en face d'eux, n'est pas une mesure pertinente car elle pourrait pénaliser de nombreux candidats, aussi bien pour le contrôle continu que le jour de l'examen.

De plus, l'ajout de la grammaire dans le programme des classes de lycée (qui sera évaluée le jour de l'oral) nécessite un investissement conséquent qui n'est pas compatible avec une diminution des heures d'enseignement en classe de 1ère. En effet, dans bon nombre d'établissements scolaires, les professeurs de français ont perdu des heures de dédoublement, ce qui représente un réel souci pour traiter désormais l'intégralité du programme imposé par le ministère. Comment peuvent-ils faire PLUS avec MOINS d'heures ?

Nous disons NON à cette surenchère de contraintes qui fait passer au premier plan la quantité au détriment de la qualité en mettant de côté le plaisir de la littérature – celui des enseignants et celui des élèves.

Nous disons NON à l’obligation d’étudier 24 textes en série générale et 16 textes en série technologique car notre discipline se résumerait alors à du bachotage et non à une découverte enthousiasmante des textes littéraires. Une fourchette de 20 à 24 textes en série générale et de 12 à 16 en série technologique permettrait aux professeurs de mieux accompagner les élèves dans la compréhension des textes, en fonction de leurs besoins. Cette volonté d’uniformisation ne correspond pas aux réalités du terrain car aucun établissement scolaire ne ressemble à un autre.

Nous disons NON à un programme d’œuvres imposées, qui, de surcroît, serait renouvelé par moitié tous les ans ! Le français est d'ailleurs la seule discipline à souffrir de cette surcharge de travail, ce qui aura forcément une incidence sur la qualité de l'enseignement des Lettres au lycée.

Nous disons NON à cette « course » aux œuvres et aux textes ! Certes, notre souci, constant, indéfectible, est de préparer au mieux nos élèves aux épreuves de l’examen mais il est aussi, et surtout, de leur faire aimer la littérature. Nous imposer des œuvres sur lesquelles nous n'aurons pas le recul pédagogique nécessaire nous empêchera de faire passer cet amour que nous avons pour notre discipline et qui nous amène à piocher dans un champ littéraire bien plus étendu que celui dans lequel on veut nous enfermer !

Ne nous transformez pas en de malheureux Sisyphe, abrutis par la tâche, condamnés à un perpétuel sentiment d’inefficacité et de frustration ! Laissez-nous maîtres de nos pratiques et de nos choix littéraires. En quelques mots, et puisque c'est ce terme qui a été mis en avant pour cette réforme : faites CONFIANCE aux professeurs de Lettres qui sont les mieux placés pour savoir quels sont les besoins de LEURS ÉLÈVES !