Que justice soit faite pour le bac 2020 #INJUSTICEBAC2020

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Objet : Appel au secours face à l’injustice subie par les étudiants des lycées français privés à l’étranger « hors contrat » et non homologués. 

 
A l’ensemble des acteurs du système éducatif français,

       En cette période de crise sanitaire exceptionnelle plusieurs dispositifs qui nous sont inhabituels ont été mis en place dans tous les domaines notamment celui de l’éducation. Les informations sont ainsi constamment changeantes et évolutives pour s’adapter au mieux à nos besoins d’étudiants, mais une nouvelle des plus anxiogènes nous a bousculés. En effet, nous apprenons le 19 mai 2020, par le biais de nos proviseurs respectifs, que le baccalauréat est maintenu pour nous, élèves des lycées français « hors contrat » à l’étranger, au même titre que les étudiants des établissements marocains.

Convenez en avec moi qu’initialement la décision prise par le ministre Jean Michel Blanquer était celle d’annuler l’examen du baccalauréat pour tous les futurs bacheliers quel que soit leurs établissements, publics ou privés, sous ou hors contrat, et de ne tenir compte que des notes obtenus lors des contrôles continus effectués tout au long de l’année scolaire.

Si nous ne pouvons qu’encourager cette décision de sa part qui semble des plus justes pour saluer le mérite des bacheliers, nous nous interrogeons quant à l’incohérence si ce n’est le danger d’exclure les élèves des lycées français privés « hors contrat » de ce dispositif.

Ce traitement de défaveur place donc les étudiants sur les premières lignes de l’échiquier tels des pions à sacrifier puisque vous l’aurez compris, si nous passons l’examen au mois de septembre nous n’avons pas le droit à l’erreur car nous n’aurons pas une deuxième chance pour nous rattraper. Cet examen est équivalent à l’examen rattrapage des lycéens des écoles publiques sous contrat qui ont obtenu une moyenne inférieure à 8 sur l’ensemble des contrôles continus de l’année.

Cette décision est donc des plus inéquitables qui suscite en nous, en tant que bacheliers soucieux de leurs avenirs, une anxiété permanente et une pression difficilement  supportable. Face à cette inégalité des chances, nous nous verrons payer le prix très cher de ces dérives politiques, puisque compte tenu de la nouvelle réforme du baccalauréat 2021, nous devrons reprendre depuis la seconde et ce n’est ni une année de perdue mais trois.

Cette conséquence dangereuse nous trouble, nous scandalise, et surtout nous révolte … Nous nous considérons aujourd’hui comme une génération  sacrifiée, des marginalisés du système, des victimes de cette pandémie dont nous nous ne sommes pas responsables mais pourtant dont ils nous prennent pour les premiers condamnables.

Aujourd’hui ce n’est pas qu’une décision inquiétante mais un choix de lourde conséquence qui est à la hauteur de la désillusion d’un bel avenir prometteur pour nous. Ces promesses d’un parcours brillant dans le supérieur sont non tenues puisque vous imaginez que certains n’auront même pas la chance d’y accéder en cas d’échec. Ce serait une injustice honteuse d’évaluer des élèves sur une épreuve préparée dans des conditions pédagogiques défavorables mais aussi des contraintes très variables selon le milieu familial, les conditions d’habitation, le matériel informatique à disposition…

N’avons-nous pas le mérite en tant qu’élèves du système français d’avoir droit à une seconde chance ? N’avons-nous pas le droit en tant que citoyens d’une démocratie et en tant qu’être humain avant tout de jouir d’une égalité des chances ?

Nous voulons faire entendre nos voix brisées, nos cris de détresse pour faire appel à votre sens d’équité pour rétablir le principe premier de la DDHC qu’est celui de l’égalité en droit « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits ». En tant qu’étudiants du système français nous devons aussi en bénéficier des droits dont ce dernier nous dispose et nous demandons donc la renonciation à l’examen du baccalauréat au mois de septembre.