
Lors de mon dernier message, je vous faisais part de mon optimisme prudent. Nous avons été bernés car la préfète, une fois les élections passées, poursuit sa valse d’analyses. Résultat des courses, en prenant toutes les analyses et contre-analyses en compte (y compris celle que la préfète ne juge pas recevable) : 4 positives, 4 négatives, donc match nul, ce qui devrait logiquement bénéficier au vigneron. Mais la préfète n’en démord pas et veut détruire ses 2078 bouteilles.
Serait-ce son poste précédent de déléguée aux « industries agroalimentaires » chez le ministre Stéphane Lefoll qui l’aurait formatée ? Ou encore son implication rémunérée dans une campagne de pub pour le fast-food Quick ? Est ce que nous (Mme la Préfète) c’est le goût ? Vous pouvez toujours le lui demander par email ).
Cette bataille de laboratoires porte sur quelques malheureux « dixièmes de milliéquivalents » d’acidité volatile. On est d’ailleurs en droit de se poser la question sur la fiabilité des mesures alors que toutes les bouteilles échantillons proviennent d’un même lot homogène. Mais cela permet à la préfète et à l’administration d’occulter le vrai problème : la composition chimique du vin et les 150 intrants autorisés dans les vins conventionnels, que les étiquettes se gardent bien de préciser.
L’administration impose encore des textes de loi obsolètes qui visaient dans les années 20 à bloquer l’importation des vins nord-africains (c’est l’explication historique de ce règlement sur l’acidité volatile) alors que le consommateur veut de la ‘buvabilité’, du propre et surtout de la transparence.
La cuvée Coëf 2016 a été goûtée, bouteille découverte ou à l’aveugle, par des dizaines de dégustateurs pros ou amateurs (en témoignent les publications sur les réseaux sociaux) et aucun n’a décelé une acidité volatile gênante voire perceptible, la plupart trouvant le vin excellent.
Des dizaines de milliers d’amateurs (170,000 signataires de la pétition) sont évidemment prêts à acheter la cuvée Coëf 2016, même si « l’analyse machine » donne des résultats à la limite supérieure pour ce qui est du taux d’acidité volatile. Car vous êtes avant tout intéressés par les caractéristiques organoleptiques et par la composition réelle du vin : Pour la cuvée Coëf 2016, aucun intrant, et juste 3 mg/L de soufre au total produit naturellement par la fermentation des levures (certains laboratoires n’arrivent d’ailleurs même pas à quantifier ce niveau de sulfites tellement il est bas). Il faut bien imaginer que Sébastien, malgré l’autorisation que l’administration donne aux vignerons lorsque leurs vins se situent en dessous du seuil de <10 mg/L de sulfites au total, n’indique jamais ses taux extrêmement bas sur ses flacons. C’est tout ce qui fait la différence entre les « vins de marché » et les « vins d’émotions ».
Sébastien David ira donc une nouvelle fois, avec son avocat Maitre Eric Morain, défendre sa cause et celle de tous les vignerons lors du « procès au fond » le 20 juin 2019 à 9.30 dans la salle Simone Veil du Tribunal Administratif d’Orléans (28 rue de la Bretonnerie). Car ce procès est bien celui d’une administration et de décideurs politiques qui n’ont pas le courage ou la volonté de s’opposer à la toute puissante industrie agroalimentaire, contre des vignerons respectueux de l’environnement et qui veulent continuer à produire et à commercialiser des vins d’artisans avec un minimum voire aucun intrant. Ceux qui le veulent pourront se rendre sur place et soutenir Sébastien dans son combat.
Rémy