Petition updatePour le maintien de la médiathèque de l'Institut français au cœur de SéoulPoint sur la situation au 29 Mars 2018

Marie-Cécile ARMANDnogent sur marne, France
Mar 28, 2018
Chers signataires,
Notre combat contre la délocalisation de la médiathèque se poursuit.
Notre pétition a récolté plus de 2400 signatures, un chiffre encourageant.
Le besoin d’espaces de partage, pour une francophonie de terrain — et non une francophonie de l’esbroufe — est donc bien réel.
Nous vous remercions pour votre engagement !
Suite à la rencontre avec la Direction de l’Institut français, au mois de mars, voici notre argumentation :
- La Direction de l’Institut dit que les coréens lisent 1 livre par an : après consultation des données sur le site du Ministère de la culture, 60 % des coréens lisent en moyenne 8 livres par an.
- La Direction de l’Institut dit que la médiathèque n’est pas rentable : nous mettons en doute ces conclusions par analogie avec d’autres médiathèques similaires en termes de fonds, de nombre d’abonnés et de coût d’abonnement.
- La Direction de l’Institut dit que le Ministères des affaires étrangères préconise une politique « Hors les murs » et de numérisation : nous avons vérifié ces informations auprès d’autres médiathèques d’Instituts Français dans le monde et du Ministère des Affaires étrangères : d’après nos premiers retours, ce n’est pas le cas.
- La Direction de l’Institut dit que l’Alliance Française de Daejeon était le seul interlocuteur intéressé par la reprise du fonds : c’est faux. D'autres options bien réelles n’ont pas été prises en compte. Nous sommes entrés en contact avec la mairie de Seocho qui nous a fait sans tarder des propositions sérieuses, transmises avant-hier à Mr Fleury et Mr l’Ambassadeur.
- La Direction de l’Institut a utilisé les termes de rentabilité, de logistique et de politique pour décrire des décisions venant de Paris : nous lui opposons un discours centré sur l’échange humain, la culture française, l’apprentissage de la langue française, le partage avec nos concitoyens coréens, de communauté d’intérêts locaux et d’avenir pour nos enfants français et coréens, à Séoul.
- La Direction de l’Institut nous a signalé que la décision avait été prise par un inspecteur résidant en France. Nous lui demandons par la présente pourquoi aucune étude d’adéquation entre les besoins locaux et la médiathèque n’a été faite in situ ?
- La Direction de l’Institut met en avant l’offre conséquente de livres en français sur Séoul ce à quoi nous répondons : ah bon ? Sachant qu’il n’y a que 3 ou 4 maigres fonds hétérogènes sur Séoul et zéro librairies françaises…
- La Direction de l’Institut souligne l’attractivité de l’offre d’accueil de Daejeon. Nous comprenons que l’AF de Daejeon soit enthousiaste à l’idée d’accueillir le fond de l’IF mais est-ce une politique culturelle raisonnable de dépouiller une ville/capitale de 25 millions d’habitants avec une médiathèque active de 600 membres pour en équiper une autre de 1.5 millions d’habitants sans garantie d’atteindre le même nombre de membres ?
Pour finir, nous citerons Mr Macron dans son discours sur la francophonie, prononcé le 20 Mars dernier à l’Institut de France :
« Parce qu’aujourd’hui de Maradi à Séoul, de Yaoundé à Oulan-Bator, de Nouméa à Buenos Aires, le monde bruisse de notre langue. Elle résonne par sa littérature, par sa poésie, par la chanson, le théâtre, le cinéma, par l’art culinaire, le sport, le débat philosophique ou l’éloquence ».
Et bien Mr Macron, puisque vous citez Séoul : nous nous permettons de rajouter à cette liste ambitieuse des besoins bien plus simples : des livres, des journaux, des DVD et un espace pour les partager. Ce sera en tous cas un bon début pour atteindre vos majestueux objectifs.
Nous nous tenons à la disposition de la Direction de l’Institut français et à celle de l’ambassade de France pour une nouvelle rencontre prenant en compte les derniers éléments communiqués.
Pour finir voici quelques extraits d'articles parus depuis début Mars :
Pierre Georges pour Livres Hebdo, le 23.03.2018 :
Dans une pétition, les membres de la médiathèque veulent mettre en avant une "francophonie de terrain".
"une francophonie n'est efficace que si elle s'appuie sur des bases solides, dont les médiathèques font bien évidemment partie."
Antoine Oury, Actualitté du 22.03.2018 :
"Alors que le président de la République présente un plan pour la francophonie dans le monde entier, la fermeture d'une médiathèque d'un Institut français tombe franchement mal. "Une analyse de la diplomatie battue en brèche par des usagers de la médiathèque, qui mettent en avant « une sous-estimation des besoins réels » de la médiathèque." "La médiathèque est située dans un quartier d’affaires, au 18e étage d’un building, loin des universités et de la communauté française qui ne peut, dès lors, pas faire vivre le lieu." "les membres de la médiathèque à l'origine de la pétition affirment qu'ils « n’ont jamais été consultés ou sondés ».
Antoine Oury, Actualitté du 19.03.2018 :
"L'Institut français de Séoul, capitale de la Corée du Sud, fermera prochainement les portes de sa médiathèque (...) "Malgré ses quelques 2000 signatures au moment de la parution de cet article, le destin de la médiathèque semble scellé". A Séoul, mégalopole de 20 millions d'habitants, "le nombre d’apprenants francophones rapporté à la population est pourtant supérieur à celui de la Chine et du Japon."
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