Juives et Juifs de Marseille contre le RN
Juives et Juifs de Marseille contre le RN
Le problème
Dans une tribune au “Monde”, un ensemble de personnalités, d’individus et d’organisations juives de Marseille, de différentes générations, se rassemblent pour alerter contre le risque que représenterait l’accession au pouvoir du Rassemblement National pour Marseille.
De la participation du candidat Rassemblement National Franck Allisio au dîner du CRIF local à la présence de tracts d’extrême-droite à la caisse de commerces fréquentés par la communauté juive en passant par un candidat, inscrit sur la liste RN, qui entend faire de son identité religieuse un argument électoral... Depuis des années, le RN tente de séduire les électrices et électeurs juifs à Marseille. Le vote RN monte et est banalisé, partout en France, dans toutes les tranches de la société. Nos communautés n’échappent pas à cette tendance.
Avec près de 80 000 personnes, Marseille est la ville avec la deuxième plus grande communauté juive de France et la troisième d’Europe après Paris et Londres. Nous sommes trop longtemps restés démunis face à ce mouvement d’extrême-droitisation qui paraît pourtant insensé tant les origines du RN le renvoient à l’antisémitisme, au néo-fascisme et au négationnisme. Aujourd’hui encore, divers évènements survenus lors des élections municipales nous rappellent que cet héritage n’est pas circonscrit au passé : un membre d’une formation pétainiste sur les listes à Amiens, un membre de l’Action française à Dunkerque, des candidats qui font des « plaisanteries » humiliantes antisémites et racistes à Carpentras, Chambéry, Belfort… Le fond idéologique n’a pas changé, et ces candidats et candidates le savent bien.
Si le parti n’utilise plus la haine des Juifs et Juives comme argument électoral, ce n’est pas par changement de ligne directrice, mais par stratégie : ils se servent de nos communautés pour se blanchir. Le RN déteste la diversité et ne défend aucune minorité, qu’elle soit confessionnelle, ethnique, de genre... Sa stratégie de mise en concurrence des communautés lui a permis de désigner « les Musulmans », comme un groupe monolithique et antisémite, et de se positionner en défenseur des Juifs.
Nous ne sommes pas dupes : islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même pièce. Un parti qui désigne une communauté à la meute comme responsable de tous les problèmes pourra ensuite en désigner une autre. De plus, nous ne votons pas seulement pour notre propre sécurité, mais pour celle de la société dans son ensemble. La tradition juive porte des valeurs de justice qui, dans leur essence, sont incompatibles avec celles de l’extrême droite et de son racisme.
Nos familles, en grande partie exilées d’Afrique du Nord, mais aussi originaires d’Europe de l’Est, ou encore provençales depuis toujours, ont trouvé refuge à Marseille, où nous pouvons pleinement embrasser nos identités et nos histoires. Nous, Juifs et Juives de Marseille, sommes profondément choqués par ce rejet de la diversité, et par la confiance donnée à nos bourreaux historiques. La stratégie du RN est de semer la peur et la division, puis de se poser en seul protecteur possible. Ne nous laissons pas avoir : le RN ne sera jamais notre allié, ne nous protégera jamais.
Refusons la division communautaire tant espérée par le RN pour fragmenter notre ville. Nous avons besoin de résister ensemble, de continuer à tisser des liens entre les communautés et à promouvoir la solidarité.
PRINCIPAUX SIGNATAIRES :
Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord
Haim Bendao, rabbin
Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)
Benjamin Bitane, directeur associatif
Cléo Cohen, réalisatrice
Alain Hayot, sociologue
Sacha Hendrickx, président d’Ani Ve Ata
Yoram Melloul, journaliste
Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud
Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association
SIGNATAIRES le 19/03/2026, par ordre alphabétique :
Léna Alembik, sage femme
Hannah Amar, productrice
Mathilde Arock, avocate
Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord
Thierry Atlan, conseiller en communication
Dan Auerbacher, humanitaire
Charlotte Ayache, enseignante
Léna A., enseignement supérieur
Eliaou Balouka, psychologue clinicien, chercheur
Elisha Baskin, libraire
Sarah Benayoun, cheffe de cabinet
Haim Bendao, rabbin
Eve Benhamou, enseignante-chercheuse
Esther Bensadon, productrice
Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)
Pierre Bensoussan, entrepreneur
Louise Berrebi, consultante
Benjamin Bitane, directeur associatif
Michèle Bitton, sociologue indépendante
Alice Boccara, artiste
Cecilia Breuil, travailleuse dans l’art
Zohar Cherbit, chercheur
Cléo Cohen, réalisatrice
Caroline Condo Villa, enseignante
Charlotte Daled, chargée de projet
Chloé Darmon, directrice RH
Rémi Decoster, photographe - chef opérateur
Daniel Disegni, mathématicien
Noémie Elbaz-Kharoubi, professeure de flûte
Maya Eyal, ingénieure pédagogique
Agnès Freschel, journaliste
Emma Goldie, chargée de projet ONG
Yael Greenberg, creative consultante
Sarah Grin, juriste
Lionel Guetta-Jeanrenaud, réalisateur
Delphine Guyomar Ponsot, enseignante
Marielle Hababou, chercheuse
Marie-Hélène Hadjadj, orthophoniste
Noémie Hadjedj, dessinatrice
Alain Hayot, sociologue
Sacha Hendrickx, président d’Ani Ve Ata
Jonathan Henzinski, réalisateur-vidéaste
Alexandre Jaïs, employé
Odelia Kammoun, illustratrice
Josiane Korobeinik, militante
Lior Kudisch, chargée de projet dans l’évènementiel
Jessica Laik, accompagnatrice d’initiatives sociales et solidaires
Eloise Langer, entrepreneuse
Dan Lascar, infirmier
Elodie Lascar, dessinatrice
Abigaïl Lévy, médecin
Rebecca Levy, designer
Philippe Levy, comédien
Sarah M., travailleuse associatif
Émilie Marchandin, artiste peintre
Caroline Melloul, médecin biologiste
Elina Melloul, consultante résilience/gestion de crise
Eve Melloul, Medecin
Jany Melloul, Goguillot, Orthophoniste
Serge Melloul, psychiatre
Yoram Melloul, journaliste
Lauren Miller, formatrice
Ed Mills-Affif, réalisateur et enseignant
Mia Oustry, cinéaste
Lauranne Esther Pestre, professeure de piano
Magali Perl, psychologue
David Pierret, producteur
Salomé Riviere, danseuse et chanteuse
Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud
Ross Shamoon, Professeur
Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association
Anaëlle Smadja, étudiante
David Stoleru, directeur associatif
Carole Tauflichen Mills, éditrice
Clara Teper, réalisatrice
Hannah Thuriere, cheffe (Radical Mitzvah Marseille)
Samuel V, médiateur
Justine Van Minden, Juive « du Pape »
Véronique Ventola, médecin
Saskia Waledisch, scénariste-réalisatrice
Lévanah Zeidenberg, étudiante
Yael Zerbib, chargée de projet

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Le problème
Dans une tribune au “Monde”, un ensemble de personnalités, d’individus et d’organisations juives de Marseille, de différentes générations, se rassemblent pour alerter contre le risque que représenterait l’accession au pouvoir du Rassemblement National pour Marseille.
De la participation du candidat Rassemblement National Franck Allisio au dîner du CRIF local à la présence de tracts d’extrême-droite à la caisse de commerces fréquentés par la communauté juive en passant par un candidat, inscrit sur la liste RN, qui entend faire de son identité religieuse un argument électoral... Depuis des années, le RN tente de séduire les électrices et électeurs juifs à Marseille. Le vote RN monte et est banalisé, partout en France, dans toutes les tranches de la société. Nos communautés n’échappent pas à cette tendance.
Avec près de 80 000 personnes, Marseille est la ville avec la deuxième plus grande communauté juive de France et la troisième d’Europe après Paris et Londres. Nous sommes trop longtemps restés démunis face à ce mouvement d’extrême-droitisation qui paraît pourtant insensé tant les origines du RN le renvoient à l’antisémitisme, au néo-fascisme et au négationnisme. Aujourd’hui encore, divers évènements survenus lors des élections municipales nous rappellent que cet héritage n’est pas circonscrit au passé : un membre d’une formation pétainiste sur les listes à Amiens, un membre de l’Action française à Dunkerque, des candidats qui font des « plaisanteries » humiliantes antisémites et racistes à Carpentras, Chambéry, Belfort… Le fond idéologique n’a pas changé, et ces candidats et candidates le savent bien.
Si le parti n’utilise plus la haine des Juifs et Juives comme argument électoral, ce n’est pas par changement de ligne directrice, mais par stratégie : ils se servent de nos communautés pour se blanchir. Le RN déteste la diversité et ne défend aucune minorité, qu’elle soit confessionnelle, ethnique, de genre... Sa stratégie de mise en concurrence des communautés lui a permis de désigner « les Musulmans », comme un groupe monolithique et antisémite, et de se positionner en défenseur des Juifs.
Nous ne sommes pas dupes : islamophobie et antisémitisme sont les deux faces d’une même pièce. Un parti qui désigne une communauté à la meute comme responsable de tous les problèmes pourra ensuite en désigner une autre. De plus, nous ne votons pas seulement pour notre propre sécurité, mais pour celle de la société dans son ensemble. La tradition juive porte des valeurs de justice qui, dans leur essence, sont incompatibles avec celles de l’extrême droite et de son racisme.
Nos familles, en grande partie exilées d’Afrique du Nord, mais aussi originaires d’Europe de l’Est, ou encore provençales depuis toujours, ont trouvé refuge à Marseille, où nous pouvons pleinement embrasser nos identités et nos histoires. Nous, Juifs et Juives de Marseille, sommes profondément choqués par ce rejet de la diversité, et par la confiance donnée à nos bourreaux historiques. La stratégie du RN est de semer la peur et la division, puis de se poser en seul protecteur possible. Ne nous laissons pas avoir : le RN ne sera jamais notre allié, ne nous protégera jamais.
Refusons la division communautaire tant espérée par le RN pour fragmenter notre ville. Nous avons besoin de résister ensemble, de continuer à tisser des liens entre les communautés et à promouvoir la solidarité.
PRINCIPAUX SIGNATAIRES :
Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord
Haim Bendao, rabbin
Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)
Benjamin Bitane, directeur associatif
Cléo Cohen, réalisatrice
Alain Hayot, sociologue
Sacha Hendrickx, président d’Ani Ve Ata
Yoram Melloul, journaliste
Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud
Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association
SIGNATAIRES le 19/03/2026, par ordre alphabétique :
Léna Alembik, sage femme
Hannah Amar, productrice
Mathilde Arock, avocate
Robin Assous, animateur de centre social dans les quartiers Nord
Thierry Atlan, conseiller en communication
Dan Auerbacher, humanitaire
Charlotte Ayache, enseignante
Léna A., enseignement supérieur
Eliaou Balouka, psychologue clinicien, chercheur
Elisha Baskin, libraire
Sarah Benayoun, cheffe de cabinet
Haim Bendao, rabbin
Eve Benhamou, enseignante-chercheuse
Esther Bensadon, productrice
Hannah Bensoussan, psychologue et poétesse (Radical Mitzvah Marseille)
Pierre Bensoussan, entrepreneur
Louise Berrebi, consultante
Benjamin Bitane, directeur associatif
Michèle Bitton, sociologue indépendante
Alice Boccara, artiste
Cecilia Breuil, travailleuse dans l’art
Zohar Cherbit, chercheur
Cléo Cohen, réalisatrice
Caroline Condo Villa, enseignante
Charlotte Daled, chargée de projet
Chloé Darmon, directrice RH
Rémi Decoster, photographe - chef opérateur
Daniel Disegni, mathématicien
Noémie Elbaz-Kharoubi, professeure de flûte
Maya Eyal, ingénieure pédagogique
Agnès Freschel, journaliste
Emma Goldie, chargée de projet ONG
Yael Greenberg, creative consultante
Sarah Grin, juriste
Lionel Guetta-Jeanrenaud, réalisateur
Delphine Guyomar Ponsot, enseignante
Marielle Hababou, chercheuse
Marie-Hélène Hadjadj, orthophoniste
Noémie Hadjedj, dessinatrice
Alain Hayot, sociologue
Sacha Hendrickx, président d’Ani Ve Ata
Jonathan Henzinski, réalisateur-vidéaste
Alexandre Jaïs, employé
Odelia Kammoun, illustratrice
Josiane Korobeinik, militante
Lior Kudisch, chargée de projet dans l’évènementiel
Jessica Laik, accompagnatrice d’initiatives sociales et solidaires
Eloise Langer, entrepreneuse
Dan Lascar, infirmier
Elodie Lascar, dessinatrice
Abigaïl Lévy, médecin
Rebecca Levy, designer
Philippe Levy, comédien
Sarah M., travailleuse associatif
Émilie Marchandin, artiste peintre
Caroline Melloul, médecin biologiste
Elina Melloul, consultante résilience/gestion de crise
Eve Melloul, Medecin
Jany Melloul, Goguillot, Orthophoniste
Serge Melloul, psychiatre
Yoram Melloul, journaliste
Lauren Miller, formatrice
Ed Mills-Affif, réalisateur et enseignant
Mia Oustry, cinéaste
Lauranne Esther Pestre, professeure de piano
Magali Perl, psychologue
David Pierret, producteur
Salomé Riviere, danseuse et chanteuse
Laura Sahin, journaliste réalisatrice co-responsable des Guerrières de la Paix Section Sud
Ross Shamoon, Professeur
Evelyne Sitruk Warschawski, responsable d’association
Anaëlle Smadja, étudiante
David Stoleru, directeur associatif
Carole Tauflichen Mills, éditrice
Clara Teper, réalisatrice
Hannah Thuriere, cheffe (Radical Mitzvah Marseille)
Samuel V, médiateur
Justine Van Minden, Juive « du Pape »
Véronique Ventola, médecin
Saskia Waledisch, scénariste-réalisatrice
Lévanah Zeidenberg, étudiante
Yael Zerbib, chargée de projet

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Pétition lancée le 19 mars 2026