Prof. Dr. Axel SchönbergerAllemagne
18 avr. 2022

L'Espagne n'est pas seulement un pays de superlatifs en ce qui concerne la corruption et la persistance sans entrave des structures fascistes : voilà que le «CatalanGate» (ou plutôt le «SpainGate» ?) vient s'ajouter à la liste !

Comme le rapporte l'hebdomadaire américain The New Yorker dans son édition du 18 avril 2022, aucun groupe dans le monde n'a été espionné aussi intensivement avec le programme d'espionnage Pegasus que les Catalans de haut rang qui luttent pacifiquement pour l'indépendance de leur pays vis-à-vis de l'Espagne sous la forme d'une république indépendante, conformément au droit humain fondamental à l'autodétermination.

Au moins trois anciens présidents de Catalogne — Artur Mas, Quim Torra et Carles Puigdemont — ainsi que l'actuel président de la Generalitat de Catalogne, Pere Aragonès, ont été espionnés et surveillés par le programme d'espionnage originaire d'Israël, qui n'est vendu qu'aux États.

Comme Carles Puigdemont, président du gouvernement catalan en exil du Consell per la República («Conseil pour la République»), est également député au Parlement européen et, à ce titre, membre d'une commission parlementaire qui s'occupe de l'utilisation du programme d'espionnage Pegasus en Europe, l'attaque d'espionnage a également visé le Parlement européen lui-même. D'autres députés européens (Prof. Dr. Clara Ponsatí et Toni Comín) ont également été espionnés de manière illégale. Cela ne peut pas et ne sera pas sans conséquences !

Citizen Lab (Toronto) a déjà identifié plus de soixante personnes de Catalogne qui ont été espionnées. À l'heure actuelle, 63 personnes ont été attaquées avec Pegasus, quatre autres avec Candiru (‛Devil's Tongue') et deux autres encore avec les deux programmes.

«The Citizen Lab n'attribue pas de manière concluante les opérations à une entité spécifique, mais de fortes preuves circonstancielles suggèrent un lien avec les autorités espagnoles.»

Parmi les victimes, on trouve non seulement des présidents catalans et des députés européens, mais aussi deux présidents du parlement catalan (Laura Borràs et Roger Torrent), des députés catalans, des juristes (dont les célèbres avocats Gonzalo Boye, qui représente entre autres le président Carles Puigdemont, et Andreu Van den Eynde, qui représente le prisonnier politique ‛gracié' et vice-président catalan légitime Dr. Oriol Junqueras, à qui l'Espagne a illégalement refusé son siège au Parlement européen, et le professeur Jaume Alonso-Cuevillas) et des membres d'associations catalanes de la société civile (Marcel Mauri, ex-vice-président d'Òmnium Cultural, Elisenda Paluzie, ex-présidente de l'ANC, et le prisonnier politique ‛gracié' Jordi Sànchez) ou, plus perfidement, même leurs proches (par exemple, Txell Bonet, l'épouse du prisonnier politique gracié Jordi Cuixart, ex-président de Òmnium Cultural).

Si l'Espagne est effectivement responsable de ces crimes graves — et selon Citizen Lab, tout semble l'indiquer —, cela ne doit pas rester sans conséquences dans le cadre de l'UE.

Malheureusement, la règle reste la même : L'Europe se tait et ne fait rien.

 

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