Le «Conseil pour la République catalane» a commencé à construire les structures du nouvel État catalan (en collaboration avec le gouvernement de Catalogne, qui reste soumis aux mesures répressives de l'État espagnol) à l'étranger. Dirigé par le président légitime catalan et député européen Carles Puigdemont, contraint à l'exil par l'Espagne, le gouvernement catalan en exil, formé le 8 avril 2022, a publié la déclaration suivante le 9 avril 2022 :
«Déclaration politique du nouveau gouvernement
(Gouvernement du Conseil pour la République)
Le nouveau gouvernement du Conseil de la République, lors de sa première réunion en face à face tenue les 8 et 9 avril en Catalogne Nord, souhaite faire la déclaration politique suivante :
1. L'unité sociale, politique et institutionnelle a permis d'atteindre les plus hauts niveaux dans l'exercice du droit à l'autodétermination du peuple catalan. Depuis sa constitution, le Conseil pour la République s'est efforcé de maintenir le consensus stratégique entre les partis et les entités pour mener à bien le processus d'indépendance.
2. L'État espagnol n'est pas disposé à dialoguer ni à négocier aucune des conditions proposées pour résoudre le conflit. Après plus de quatre ans de répression, aucune des tentatives d'ouvrir des voies dans cette direction n'a signifié une seule avancée. Toutes les preuves accumulées confirment l'échec.
3. Le Conseil comprend qu'il est nécessaire de revenir sur les chemins qui ont permis le succès du 1er octobre 2017 pour faire culminer le processus d'indépendance, et qu'il est nécessaire de revenir aux consensus basés sur les fondements suivants :
(a) Qu'en ce qui concerne ce que le peuple et les institutions catalanes ont décidé : le vote en faveur de la constitution de la Catalogne comme État indépendant sous forme de république, et la déclaration d'indépendance du 27 octobre 2017, par le biais d'une résolution que le Parlement de Catalogne n'a jamais abrogée.
b) Les forces qui ont voté pour la Déclaration d'indépendance restent politiquement liées à cette décision. Le respect du Parlement de Catalogne exige que ceux qui souhaitent se désolidariser le fassent par le biais d'un acte parlementaire équivalent.
4. Dans ses tentatives de faciliter le consensus stratégique, le Conseil de la République a toujours exprimé sa volonté de devenir l'espace de travail des partis, entités et citoyens pour construire ce consensus. Pour cette raison, le gouvernement du Conseil
a) a eu des conversations régulières et soutenues, de manière discrète, avec les principales entités et parties tout au long de l'année 2021.
b) a fourni la proposition détaillée dans le document stratégique «Preparem-nos!», qui précise l'idée de débordement démocratique.
c) Elle a exprimé sa volonté de changer sa gouvernance et de discuter de la structure institutionnelle.
d) Il a noté que le désaccord entre certains des acteurs sur la validité du mandat du 1er octobre 2017 a empêché les efforts pour parvenir à ce consensus d'aboutir.
5. Les difficultés à trouver un accord avec les parties et les entités n'arrêtent pas les efforts du Conseil pour rendre possible le fait exprimé au point 3 du présent communiqué. Le Conseil exprime la volonté de déployer ses structures, son plan de gouvernance et sa capacité d'action pour construire le consensus fondamental, qui est celui des citoyens.
De nombreux Catalans, ainsi que des démocrates honnêtes et des défenseurs des droits de l'homme du monde entier, soutiennent déjà le «Conseil pour la République catalane» par le biais de leur adhésion ou de leurs donations. La nation catalane dépend de la solidarité et du soutien du monde entier. Plus il y aura de personnes dans le monde qui la soutiendront, plus vite les gouvernements de nombreux États comprendront également que le peuple catalan ne doit plus être privé de son droit à l'autodétermination. La construction pacifique et démocratique d'un nouvel État au centre de l'Europe modifiera et remodèlera durablement l'Union européenne.