Actualización de la peticiónPréservons le site grec antique du boulevard de la Corderie à Marseille (France)“L'honneur est ce que nous devons à la lignée”
Jean-Noël BEVERINIFrancia
3 sept 2017
Titre : citation de Charles Péguy Le site grec antique de la Corderie est à l’origine de la longue lignée historique de Marseille en tant que cité. Là réside son caractère exceptionnel. Chères et chers amis, Cette nouvelle « mise à jour » intervient quelques jours à peine après la précédente, l’urgence faisant nécessité. Je vous remercie de bien vouloir le comprendre. Objectivement l’avenir des vestiges grecs semble bien être aujourd’hui derrière lui. Riches de 26 siècles mais bien près de recevoir l’onction dernière des bulldozers, engins justement qualifiés d’aptes au déblaiement, c’est à dire, à débarrasser un terrain de ce qui l’encombre. Triste constat de reléguer nos exceptionnels vestiges à l’état d’encombrants ! TRAGÉDIE GRECQUE POUR UN SITE GREC L’histoire de la découverte, de la courte vie au grand jour des vestiges et de leur fin annoncée est semblable à une véritable tragédie grecque antique. Le destin implacable plane. Des « Créon » modernes ont refusé que tout honneur soit rendu au site perturbateur des lois économiques. Des sœurs et frères d’Antigone se sont dressés. Le chœur des révoltés a fait entendre sa voix jaillissant des quatre coins de l’horizon, dès l’aube blanche qui se lève. Mais le destin est écrit ; le destin est scellé. Tragédie grecque pour un site grec. En un temps « Carthago delenda est » ; Carthage devait être détruite. Aujourd’hui, Graeca terra delenda est. Prééminence du règne du matérialisme et de la finance sur une conception humaniste respectueuse de l’homme et de la civilisation fondatrice. LE TRÉSOR DES MARSEILLAIS Marseille grecque avait offert à Delphes vers 500 avant J.C. une offrande à Athéna sous la forme d’un temple en partie toujours visible et renfermant des biens précieux. Le temple est toujours connu à Delphes sous le nom de « Trésor des marseillais ». 2500 ans plus tard un autre Trésor était, non pas offert par Marseille mais offert à Marseille. Il convient, en effet, de considérer comme tel cette découverte. Il est à croire que la notion de Trésor est variable selon les époques. Ce qui l’était hier ne l’est plus aujourd’hui. Que nos archéologues n’ont-ils découvert le site sous le règne de Prosper Mérimée, inspecteur des monuments historiques ! Je suppose que, comme madame Jacqueline de Romilly, tous deux doivent se retourner dans leur… sarcophage. Mais qu’a t-on à faire d’une si lointaine lignée grecque antique dans une société qui s’affiche multiculturelle ? Il est des filiations et, terme aussi emprunté à Charles Péguy, des « ressourcements » périmés et « out of date » comme disent nos amis anglais si attachés à leurs traditions. CLASSEMENT « MONUMENT HISTORIQUE » OU « PORTE À L’INVENTAIRE » ? Aucun classement « Monument historique » du site, ni de la parcelle indiquée, n’est à ce jour prononcé. Compte tenu de déclarations officielles qualifiant publiquement le site de « non monument » (directeur national de l’INRAP) la question peut raisonnablement se poser du niveau de protection qui sera, en définitive, accordé. Comment, en effet, classer « Monument historique » un site déclaré « non monument » ? Le risque est de voir la parcelle (635 m2 ?) des vestiges annoncés préservés simplement «portée à l’inventaire », à savoir une protection en urgence, limitée et sujette à négociation dans l’avenir. POURSUITE DES FOUILLES : LE PUITS GREC Le puits grec inclus dans la future parcelle protégée n’a pas été fouillé (ou très sommairement). Il convient de poursuivre cette fouille, décision d’autant plus facile à prendre que la parcelle qui l’inclut est déclarée devant être protégée. Des entreprises sont spécialisées dans ce type de structures en creux (ex : puits antique de Châteaumeillant (Cher) ayant livré un exceptionnel dépôt). La finition du travail juste engagé sera, au demeurant, aisée dans la mesure où le faible diamètre du puits grec laisse supposer une faible profondeur (plus la profondeur est importante, plus le diamètre est large en raison de la nécessité de la descente de plusieurs hommes pour le creusement). Un écoulement peu profond de source vers le « Vieux-Port » est vraisemblable. La raison de la présence de ce puits sur le site d’extraction se comprend facilement : les carriers, exposés en permanence à la poussière de la roche à débiter avec l’escoude, la pioche, le ciseau de bronze, en pleine chaleur, consommaient de 6 à 7 litres d’eau par jour, indépendamment de la nécessité de se laver de la poussière qui recouvrait leur corps … et encombrait leurs poumons. Ils étaient jeunes pour la plupart, de conditions sociales « inférieures », certainement moitié grecs, moitié indigènes, n’accédant pas au statut de citoyen et ne disposant pas du droit de vote. Ils mourraient tôt. Nous voyons que la préservation du puits dépasse largement l’aspect d’un simple orifice creusé dans le sol, pour englober les conditions de vie des carriers à l’origine de Massalia. Il en est de même pour tous les éléments du site. La protection sera t-elle, en dernier ressort ministériel, limitée à la faible parcelle annoncée, ou s’étendra t-elle à des zones plus étendues comme il serait souhaitable UN EXAMEN PAR LE CONSEIL NATIONAL DE LA RECHERCHE ARCHÉOLOGIQUE (CNRA) Le Conseil National de la Recherche Archéologique est la plus haute autorité consultative en France en matière d’archéologie. Or, précisément le CNRA doit tenir une réunion plénière à Paris fin septembre. Je me propose d’en demander la saisine en arguant que les décisions prises concernant le classement potentiel d’une parcelle fort limitée reposent sur des éléments nettement insuffisants du point de vue scientifique, réglementaire et administratif. Ces décisions relatives à un site d’une telle ampleur, au caractère extrêmement intéressant à tous points de vue en raison, en particulier, de sa découverte en plein centre ville, ne peuvent résulter des seules conclusions d’un conservateur régional de l’archéologie. Une étude d’un niveau supérieur s’avère indispensable. Chères et chers amis, nous vous remercions de maintenir fermement vos soutiens dans la toute dernière ligne de ce « marathon ». Jean Noël Beverini René Pierini
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