Halte à la méga-bassine de Priaires (Deux-Sèvres) !

Le problème

Au nom de :

- la préservation du Marais poitevin, deuxième zone humide de France (Natura 2000), de ses paysages, de ses sols, de sa faune et de sa flore ;

- la protection de l’eau, bien public commun, le plus précieux de tous, non marchand par nature ;

-  la justice sociale qui interdit le détournement d’une ressource commune au bénéfice d’intérêts privés particuliers ;

Nous, habitants de Val du Mignon, commune du Marais poitevin, sollicitons votre soutien pour demander l’abandon de la construction de la méga-bassine de Priaires (située sur le territoire communal).

********

Alors que la justice a annulé le 3 octobre dernier 15 projets de méga-bassines en Charente, Deux-Sèvres et dans la Vienne, le hold-up se poursuit pourtant sur le bassin de la Sèvre niortaise (16 méga-bassines en projet, en construction, ou déjà exploitées, dont 10 sur celui du Mignon et de ses affluents).

C’est bien en effet à un ballet effréné de pelleteuses et de bennes que nous assistons depuis début septembre. Il n’aura ainsi fallu que deux mois à la Communauté d’agglomération du Niortais pour délivrer à notre commune le 4 août dernier (en pleine trêve estivale donc) le permis d’aménager au bénéfice de la « Coop de l’eau 79 » (collectif d’agriculteurs du Sud des Deux-Sèvres), porteuse du projet.

Précision importante : le permis d’aménager a été récemment attaqué devant le tribunal administratif de Poitiers par une association de protection de l’environnement (APIEEE), notamment pour présomption de conflit d’intérêts. En effet, Madame le maire de notre commune est membre de la Coop de l’eau 79 et son exploitation l’une des trois bénéficiaires du projet (aux côtés de celle d’un de ses adjoints). En l’espèce, le juge des référés a suspendu le 30 octobre le permis d’aménager : http://poitiers.tribunal-administratif.fr/A-savoir/Communiques/Retenue-d-eau-de-Priaires-le-permis-d-amenager-suspendu

Sur le fond, il convient également de rappeler :

- Cette méga-bassine est financée essentiellement (comme les autres…) par de l’argent public (70% a minima). Les exploitations irrigantes bénéficiaires de ce type d’installation augmentent ainsi leurs profits à l’aide de nos impôts, dans une optique d’accroissement des rendements et de spéculation foncière.

- La Communauté d’agglomération du Niortais octroie à seulement 3 exploitations agricoles le droit exorbitant d’artificialiser 9,67 hectares de terres, pour constituer un réservoir d’une surface de 3,75 ha et d’une capacité de plus de 167.000 m3 (l’équivalent de 67 piscines olympiques ou de la consommation annuelle d’eau de 3.200 personnes !), dont les modalités d’usage restent à ce jour largement opaques et inconditionnées. Une seule chose est claire : de tels investissements, d’une durée de vie de 10 à 20 ans, ne font qu’encourager des pratiques agricoles destructrices du vivant.

- Pour mémoire, 93% des terres agricoles françaises sont  aujourd’hui exploitées sans recourir à l’irrigation. Il s’agit donc d’une rupture fondamentale d’égalité de traitement, quand la très grande majorité des agriculteurs doit restreindre son usage de la ressource en été, alors que d’autres se voient offrir le privilège de constituer ces réserves dites « de substitution », en pompant sans vergogne dans des nappes souterraines déjà largement fragilisées ces dernières années.

- L’état de la ressource évolue rapidement au regard du réchauffement climatique. Ici, la situation en Espagne (qui a mis en place le modèle des retenues d’eau dès les années 50) est éclairante : selon leur plan hydrologique national, les retenues d’eau espagnoles sont, depuis le début de la décennie, remplies en moyenne à 51,7% contre 62,7% pendant la précédente.

Soyons clairs : il ne s'agit pas de condamner le principe du stockage de l'eau, ni de l’irrigation raisonnée. Ce qui est contestable en l'espèce, ce sont les modalités de prélèvement, de répartition et de gestion de la ressource. Il est nécessaire que ces équipements s'inscrivent dans un vrai projet de territoire avec une gestion concertée entre tous ses acteurs, afin de :

- sanctuariser les nappes phréatiques pour un seul usage : l'eau potable ;

- explorer les autres solutions de captage de l'eau, telles que l’écrêtage des crues et surtout  le recyclage des eaux usées, comme cela serait possible sur l’agglomération niortaise (5Mm3) ;

(Au passage… la municipalité de Val du Mignon a fait le choix de ne pas installer le tout-à-l’égout, pourtant véritable investissement d’intérêt collectif, contrairement à la méga-bassine.)

 -  prioriser les usages vertueux, respectueux du vivant (cultures vivrières et maraîchères - dont bio -, circuits courts, élevage extensif sur prairies humides et cultures fourragères dédiées, élevage intensif et monocultures céréalières...) sur la base de contrats d'engagement individualisés pour inciter à une agriculture plus respectueuse de  notre territoire et de ses acteurs.

 

En signant cette pétition, vous rejoignez aussi les innombrables voix, scientifiques, techniques et morales, qui craignent ou dénoncent une « maladaptation » au profit d’un modèle agro-industriel, loin d’être la seule alternative à l’aune du dérèglement climatique. Parmi elles :

- le GIEC :

https://www.ouest-france.fr/environnement/rechauffement-climatique/megabassines-ce-que-disent-vraiment-les-experts-du-giec-et-du-brgm-edc0dac0-cca4-11ed-8144-e74efc02d2d3

https://www.francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/vrai-ou-fake-le-giec-recommande-t-il-les-mega-bassines-comme-celle-de-sainte-soline_5739197.html

- la Cour des comptes :

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/commune/mauze-sur-le-mignon/deux-sevres-la-cour-des-comptes-etrille-a-son-tour-les-megabassines

- le Conseil économique, social et environnemental (CESE) – cf. recommandation « B » :

https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Fiches/2023/FI08_gestion_eau.pdf

- l’ONU :

https://unric.org/fr/mega-bassines-des-rapporteurs-de-lonu-preoccupes-par-ce-modele-controverse/

- Le comité de bassin Loire-Bretagne :

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/commune/mauze-sur-le-mignon/bassines-des-deux-sevres-un-moratoire-demande-par-29-membres-du-comite-de-bassin

- Greenpeace :

https://www.greenpeace.fr/mega-bassines-pourquoi-opposer/

- l’évêque de Poitiers :

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/commune/sainte-soline/violences-a-sainte-soline-l-archeveque-de-poitiers-prend-position-contre-les-bassines

- Des scientifiques dont :

Emma Haziza (hydrologue) : https://www.youtube.com/watch?v=FIh8CljZ8d8

Magali Reghezza (géographe), Florence Habets (hydroclimatologue) : https://bonpote.com/les-mega-bassines-sont-elles-des-solutions-viables-face-aux-secheresses/ 

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Le problème

Au nom de :

- la préservation du Marais poitevin, deuxième zone humide de France (Natura 2000), de ses paysages, de ses sols, de sa faune et de sa flore ;

- la protection de l’eau, bien public commun, le plus précieux de tous, non marchand par nature ;

-  la justice sociale qui interdit le détournement d’une ressource commune au bénéfice d’intérêts privés particuliers ;

Nous, habitants de Val du Mignon, commune du Marais poitevin, sollicitons votre soutien pour demander l’abandon de la construction de la méga-bassine de Priaires (située sur le territoire communal).

********

Alors que la justice a annulé le 3 octobre dernier 15 projets de méga-bassines en Charente, Deux-Sèvres et dans la Vienne, le hold-up se poursuit pourtant sur le bassin de la Sèvre niortaise (16 méga-bassines en projet, en construction, ou déjà exploitées, dont 10 sur celui du Mignon et de ses affluents).

C’est bien en effet à un ballet effréné de pelleteuses et de bennes que nous assistons depuis début septembre. Il n’aura ainsi fallu que deux mois à la Communauté d’agglomération du Niortais pour délivrer à notre commune le 4 août dernier (en pleine trêve estivale donc) le permis d’aménager au bénéfice de la « Coop de l’eau 79 » (collectif d’agriculteurs du Sud des Deux-Sèvres), porteuse du projet.

Précision importante : le permis d’aménager a été récemment attaqué devant le tribunal administratif de Poitiers par une association de protection de l’environnement (APIEEE), notamment pour présomption de conflit d’intérêts. En effet, Madame le maire de notre commune est membre de la Coop de l’eau 79 et son exploitation l’une des trois bénéficiaires du projet (aux côtés de celle d’un de ses adjoints). En l’espèce, le juge des référés a suspendu le 30 octobre le permis d’aménager : http://poitiers.tribunal-administratif.fr/A-savoir/Communiques/Retenue-d-eau-de-Priaires-le-permis-d-amenager-suspendu

Sur le fond, il convient également de rappeler :

- Cette méga-bassine est financée essentiellement (comme les autres…) par de l’argent public (70% a minima). Les exploitations irrigantes bénéficiaires de ce type d’installation augmentent ainsi leurs profits à l’aide de nos impôts, dans une optique d’accroissement des rendements et de spéculation foncière.

- La Communauté d’agglomération du Niortais octroie à seulement 3 exploitations agricoles le droit exorbitant d’artificialiser 9,67 hectares de terres, pour constituer un réservoir d’une surface de 3,75 ha et d’une capacité de plus de 167.000 m3 (l’équivalent de 67 piscines olympiques ou de la consommation annuelle d’eau de 3.200 personnes !), dont les modalités d’usage restent à ce jour largement opaques et inconditionnées. Une seule chose est claire : de tels investissements, d’une durée de vie de 10 à 20 ans, ne font qu’encourager des pratiques agricoles destructrices du vivant.

- Pour mémoire, 93% des terres agricoles françaises sont  aujourd’hui exploitées sans recourir à l’irrigation. Il s’agit donc d’une rupture fondamentale d’égalité de traitement, quand la très grande majorité des agriculteurs doit restreindre son usage de la ressource en été, alors que d’autres se voient offrir le privilège de constituer ces réserves dites « de substitution », en pompant sans vergogne dans des nappes souterraines déjà largement fragilisées ces dernières années.

- L’état de la ressource évolue rapidement au regard du réchauffement climatique. Ici, la situation en Espagne (qui a mis en place le modèle des retenues d’eau dès les années 50) est éclairante : selon leur plan hydrologique national, les retenues d’eau espagnoles sont, depuis le début de la décennie, remplies en moyenne à 51,7% contre 62,7% pendant la précédente.

Soyons clairs : il ne s'agit pas de condamner le principe du stockage de l'eau, ni de l’irrigation raisonnée. Ce qui est contestable en l'espèce, ce sont les modalités de prélèvement, de répartition et de gestion de la ressource. Il est nécessaire que ces équipements s'inscrivent dans un vrai projet de territoire avec une gestion concertée entre tous ses acteurs, afin de :

- sanctuariser les nappes phréatiques pour un seul usage : l'eau potable ;

- explorer les autres solutions de captage de l'eau, telles que l’écrêtage des crues et surtout  le recyclage des eaux usées, comme cela serait possible sur l’agglomération niortaise (5Mm3) ;

(Au passage… la municipalité de Val du Mignon a fait le choix de ne pas installer le tout-à-l’égout, pourtant véritable investissement d’intérêt collectif, contrairement à la méga-bassine.)

 -  prioriser les usages vertueux, respectueux du vivant (cultures vivrières et maraîchères - dont bio -, circuits courts, élevage extensif sur prairies humides et cultures fourragères dédiées, élevage intensif et monocultures céréalières...) sur la base de contrats d'engagement individualisés pour inciter à une agriculture plus respectueuse de  notre territoire et de ses acteurs.

 

En signant cette pétition, vous rejoignez aussi les innombrables voix, scientifiques, techniques et morales, qui craignent ou dénoncent une « maladaptation » au profit d’un modèle agro-industriel, loin d’être la seule alternative à l’aune du dérèglement climatique. Parmi elles :

- le GIEC :

https://www.ouest-france.fr/environnement/rechauffement-climatique/megabassines-ce-que-disent-vraiment-les-experts-du-giec-et-du-brgm-edc0dac0-cca4-11ed-8144-e74efc02d2d3

https://www.francetvinfo.fr/vrai-ou-fake/vrai-ou-fake-le-giec-recommande-t-il-les-mega-bassines-comme-celle-de-sainte-soline_5739197.html

- la Cour des comptes :

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/commune/mauze-sur-le-mignon/deux-sevres-la-cour-des-comptes-etrille-a-son-tour-les-megabassines

- le Conseil économique, social et environnemental (CESE) – cf. recommandation « B » :

https://www.lecese.fr/sites/default/files/pdf/Fiches/2023/FI08_gestion_eau.pdf

- l’ONU :

https://unric.org/fr/mega-bassines-des-rapporteurs-de-lonu-preoccupes-par-ce-modele-controverse/

- Le comité de bassin Loire-Bretagne :

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/commune/mauze-sur-le-mignon/bassines-des-deux-sevres-un-moratoire-demande-par-29-membres-du-comite-de-bassin

- Greenpeace :

https://www.greenpeace.fr/mega-bassines-pourquoi-opposer/

- l’évêque de Poitiers :

https://www.lanouvellerepublique.fr/deux-sevres/commune/sainte-soline/violences-a-sainte-soline-l-archeveque-de-poitiers-prend-position-contre-les-bassines

- Des scientifiques dont :

Emma Haziza (hydrologue) : https://www.youtube.com/watch?v=FIh8CljZ8d8

Magali Reghezza (géographe), Florence Habets (hydroclimatologue) : https://bonpote.com/les-mega-bassines-sont-elles-des-solutions-viables-face-aux-secheresses/ 

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Pétition lancée le 23 novembre 2023