Reconnaissance profession infirmière


Reconnaissance profession infirmière
Le problème
Mesdames, Messieurs, responsables de ce pays,
Mesdames, Messieurs, concitoyens,
J'ai entendu que des primes seraient octroyées dans différents secteurs en difficulté suite à cette crise due à la pandémie.
Mais qu'en est-il de la prime promise au personnel soignant il y a quelques semaines et dont on ne parle plus.
Selon certains médias, cette prime serait utilisée pour acquérir du matériel dans les hôpitaux avec l'accord des infirmiers.
Mais on ne m'a jamais demandé mon avis. Ni à mes collègues.
Depuis de trop nombreuses semaines, infirmière au bloc opératoire, je suis amenée, en première ligne, à prendre en charge des patients infectés par le covid en soins intensifs sous respirateur.
Habituellement, ces patients sont soignés par des infirmières avec une spécialisation d'une année supplémentaire à leur cursus. Pour ces patients, j'ai été formée quelques heures un lundi matin.
J'ai pris des risques inconsidérés car au début de la pandémie, j'ai travaillé sans matériel de protection, le problème étant sous-estimé par le gouvernement et le matériel de protection en nombre insuffisant.
Par la suite, j'ai crevé de soif parce que pour aller aux toilettes, je devais retirer et remettre un équipement potentiellement contaminé. Je n'en avais qu'un seul par 12 heures pour économiser le peu qu'on avait.
Les risques de contamination chez les soignants les plus élevés sont selon une étude lors de l'habillage et du déshabillage.
L'une de mes collègues est en réanimation intubée. Le conjoint d'un autre collègue est décédé du covid et ce collègue, en plus de son chagrin, doit faire face à la culpabilité d'avoir peut-être ramené cette saloperie dans son foyer.
Je vis isolée de ma moitié dans ma propre maison. Je suis épuisée par l'énergie fournie au travail, par le manque de précision des décisions gouvernementales, par la bêtise humaine des gens qui se pensent invincibles et qui risquent la vie des autres,...par la peur aussi.
Alors, la prime, je la veux. Et je veux plus.
Je veux aussi une reconnaissance de mon métier toute l'année. Car chaque jour je prends des risques pour ma santé.
Les patients infectés nous en soignons tous les jours : HIV, hépatite, tuberculose, VRE, staphylo et autres bestioles présentes chez nos patients.
Nous subissons une pression toujours plus oppressante: du rendement au détriment de la qualité.
Nous subissons aussi la violence verbale et parfois physique des patients et de leurs famille. Tout en gardant le sourire car les plaintes sont nombreuses quand on se défend.
Aujourd'hui, vous nous applaudissez parce que vous avez eu peur pour vous mais hier vous m'avez agressée parce que votre intervention n'était pas prévue à l'heure qui vous convenait, parce que votre proche a été lavé trop tard dans la matinée, parce que la nourriture est trop salée ou pas à votre goût, parce que votre code wifi ne fonctionne pas...pour des futilités dont je ne suis en fait pas responsable.
Mais en m'applaudissant aujourd'hui vous avez oublié hier et vous oublierez demain.
Nous n'avons aucun moyen de pression pour améliorer nos conditions de travail. Les chauffeurs de bus font grève, les magasins aussi... cela paralyse un secteur et embête beaucoup de concitoyens.
Nous, cela ne sert à rien car nous avons une conscience professionnelle et pendant qu'une partie de nos collègues descendent dans la rue, les autres gère le travail pour que nos patient ne manquent pas de soins.
Alors personne ne se rend compte de ce qui se passerait si nous n'étions plus là.
Quand on parle de vocation, c'est le terme adéquat. Si nous n'avions pas cette vocation, nous ne le ferions pas pour ce salaire misérable, pour une telle charge de travail et de stress, pour ces risques pris au quotidien, et surtout pour cette grande responsabilité qui pèse sur nos épaules car la moindre de nos erreurs peut nous mener au pénal et détruire notre vie.
Alors oui, cette prime nous la voulons ainsi qu'une amélioration de nos conditions de travail.
Car si nous n'étions pas là, vous ne seriez peut-être plus là non plus.
Le problème
Mesdames, Messieurs, responsables de ce pays,
Mesdames, Messieurs, concitoyens,
J'ai entendu que des primes seraient octroyées dans différents secteurs en difficulté suite à cette crise due à la pandémie.
Mais qu'en est-il de la prime promise au personnel soignant il y a quelques semaines et dont on ne parle plus.
Selon certains médias, cette prime serait utilisée pour acquérir du matériel dans les hôpitaux avec l'accord des infirmiers.
Mais on ne m'a jamais demandé mon avis. Ni à mes collègues.
Depuis de trop nombreuses semaines, infirmière au bloc opératoire, je suis amenée, en première ligne, à prendre en charge des patients infectés par le covid en soins intensifs sous respirateur.
Habituellement, ces patients sont soignés par des infirmières avec une spécialisation d'une année supplémentaire à leur cursus. Pour ces patients, j'ai été formée quelques heures un lundi matin.
J'ai pris des risques inconsidérés car au début de la pandémie, j'ai travaillé sans matériel de protection, le problème étant sous-estimé par le gouvernement et le matériel de protection en nombre insuffisant.
Par la suite, j'ai crevé de soif parce que pour aller aux toilettes, je devais retirer et remettre un équipement potentiellement contaminé. Je n'en avais qu'un seul par 12 heures pour économiser le peu qu'on avait.
Les risques de contamination chez les soignants les plus élevés sont selon une étude lors de l'habillage et du déshabillage.
L'une de mes collègues est en réanimation intubée. Le conjoint d'un autre collègue est décédé du covid et ce collègue, en plus de son chagrin, doit faire face à la culpabilité d'avoir peut-être ramené cette saloperie dans son foyer.
Je vis isolée de ma moitié dans ma propre maison. Je suis épuisée par l'énergie fournie au travail, par le manque de précision des décisions gouvernementales, par la bêtise humaine des gens qui se pensent invincibles et qui risquent la vie des autres,...par la peur aussi.
Alors, la prime, je la veux. Et je veux plus.
Je veux aussi une reconnaissance de mon métier toute l'année. Car chaque jour je prends des risques pour ma santé.
Les patients infectés nous en soignons tous les jours : HIV, hépatite, tuberculose, VRE, staphylo et autres bestioles présentes chez nos patients.
Nous subissons une pression toujours plus oppressante: du rendement au détriment de la qualité.
Nous subissons aussi la violence verbale et parfois physique des patients et de leurs famille. Tout en gardant le sourire car les plaintes sont nombreuses quand on se défend.
Aujourd'hui, vous nous applaudissez parce que vous avez eu peur pour vous mais hier vous m'avez agressée parce que votre intervention n'était pas prévue à l'heure qui vous convenait, parce que votre proche a été lavé trop tard dans la matinée, parce que la nourriture est trop salée ou pas à votre goût, parce que votre code wifi ne fonctionne pas...pour des futilités dont je ne suis en fait pas responsable.
Mais en m'applaudissant aujourd'hui vous avez oublié hier et vous oublierez demain.
Nous n'avons aucun moyen de pression pour améliorer nos conditions de travail. Les chauffeurs de bus font grève, les magasins aussi... cela paralyse un secteur et embête beaucoup de concitoyens.
Nous, cela ne sert à rien car nous avons une conscience professionnelle et pendant qu'une partie de nos collègues descendent dans la rue, les autres gère le travail pour que nos patient ne manquent pas de soins.
Alors personne ne se rend compte de ce qui se passerait si nous n'étions plus là.
Quand on parle de vocation, c'est le terme adéquat. Si nous n'avions pas cette vocation, nous ne le ferions pas pour ce salaire misérable, pour une telle charge de travail et de stress, pour ces risques pris au quotidien, et surtout pour cette grande responsabilité qui pèse sur nos épaules car la moindre de nos erreurs peut nous mener au pénal et détruire notre vie.
Alors oui, cette prime nous la voulons ainsi qu'une amélioration de nos conditions de travail.
Car si nous n'étions pas là, vous ne seriez peut-être plus là non plus.
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Pétition lancée le 23 avril 2020