En mémoire de Joyce : Application des recommandations 74, 75 & 76 du rapport Viens

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Le lundi 28 septembre 2020, Joyce Echaquan, membre de la communauté attikamekw de Manawan, se rend à l'hôpital de Joliette pour des douleurs à l'estomac. Elle n'en ressortira jamais, morte aux mains d'infirmières racistes qui l'auront surmédicamentée à la morphine. Ses derniers moments, captés en vidéo et diffusés en Facebook Live, ont secoué les Québécois.es en leur rappelant l'inévitable réalité du racisme systémique subi par les communautés autochtones de la province.

Cet évènement tragique survient presque un an jour pour jour après le dépôt du rapport de la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics, plus connue sous le nom de Commission Viens. Le rapport étudiait dans le dixième chapitre la relation des communautés autochtones et services de santé et des services sociaux. Il reconnaissait d'emblée "l’écart notable entre la vision occidentale de la santé – véhiculée par de nombreux gestionnaires, professionnels et intervenants du réseau public de soins – et celle des Autochtones" et que "les préjugés envers les Autochtones demeurent très répandus dans l’interaction entre les soignants et les patients". En ce qui a trait aux différents culturels dans les services de santé, le rapport Viens axe ses recommandations autour d'une démarche globale de sécurisation culturelle qui "vise à créer des environnements sécurisants et accueillants pour la population autochtone en matière de santé, d’éducation, de justice d’environnement, d’employabilité" et "favorise le déploiement de services, de pratiques et d’initiatives en concordance avec les modes d’accompagnement de soins de prévention, de guérison, de transaction sociale et d’appréhension du monde autochtone, des modes qui prennent ancrage dans les systèmes de valeur et de savoir autochtones".

Il est clair que le système raciste de santé a causé la mort de Joyce Echaquan. Dans un Québec où sa vie aurait été valorisée, où ses demandes auraient été respectées, où sa culture aurait été prise en compte, Joyce Echaquan serait peut-être toujours vivante. Alors que nous sommes aux premières loges des conséquences mortelles du racisme systémique dans le milieu de la santé et alors qu'une crise sanitaire secoue le Québec, mettant en danger les populations déjà vulnérables que sont les Premières Nations et les Inuit, il est urgent que soient appliquées les recommandations du rapport Viens en matière de santé et de services sociaux.

C'est pourquoi nous exigeons du Gouvernement du Québec, du premier ministre François Legault, du ministre de la Santé et des services sociaux Christian Dubé ainsi que de la ministre responsable des Affaires Autochtone Sylvie d'Amours qu'ielles appliquent, dans les plus brefs délais, les recommandations suivantes du rapport Viens :

  • Appel à l'action n°74 : Modifier la Loi sur les services de santé et les services sociaux et la Loi sur les services de santé et de services sociaux pour les autochtones cris pour y enchâsser la notion de sécurisation culturelle, et ce, en collaboration avec les autorités autochtones
  • Appel à l'action n°75 : Encourager les établissements du réseau de la santé et des services sociaux à mettre sur pied des services et des programmes répondant aux principes de sécurisation culturelle, développés à l’intention des peuples autochtones et en collaboration avec eux
  • Appel à l'action n°76 : Financer de façon récurrente et pérenne les services et les programmes répondant aux principes de sécurisation culturelle développés à l’intention des peuples autochtones

Nous exigeons également qu'ielles continuent à oeuvrer afin d'appliquer toutes les autres recommandations du rapport et poursuivent les travaux de réconciliation entre les Premières Nations, les Inuit et le peuple Québécois.