Justice pour Chuby/Tartine

Justice pour Chuby/Tartine

0 a signé. Prochain objectif : 75 000 !


HISTOIRE D'UNE INNOCENCE MASSACREE.

Il était une fois un refuge, bien protégé des horreurs du monde par un mur clos, ou les chats sont rois, où l'amour fait loi....

Un jour arriva un vieux persan de 11 ans, Chuby. Il n'avait pas choisi : les vicissitudes de la vie l'avaient conduit là. On l'avait surnommé "Agecanonichou" tant il était adorable et prompt à nous suivre partout comme le ferait un caniche. Il était évidemment la "coqueluche" des bénévoles et de tous les visiteurs. Mais un chat de 11 ans, on hésite un peu à l'adopter.

Puis un jour Léa et Romain décidèrent de lui offrir une retraite heureuse auprès de leurs deux autres chats. Il prit très vite le rythme de sa nouvelle famille. Il fut renommé Tartine. Au bout que 2 jours, il reconnaissait déjà son nouveau prénom. Lui qui n'était jamais sorti d'un appartement, prit l'habitude de gratter à la porte pour demander à rejoindre dans le jardin ses deux compagnons à quatre pattes.

Après le mois réglementaire à l'intérieur pour qu'il prenne ses repères, Léa et Romain commencèrent à le promener avec un harnais. Plus tard, quand ils étaient sur la terrasse, il avait son panier à côté d'eux et ne bougeait pas d'un poil. Il était bourré d'adorables petites manies: par exemple il donnait des petits coup de tête pour inciter ses maitres à continuer à le caresser, il leur grimpait sur le dos quand ils étaient à table pour réclamer une part de leur menu (peut on résister à un adorable papy-chat, peut on être strict sur le régime?).

Il ne sortait jamais les griffes. Quand Romain faisait le sieste Chuby s'installait automatiquement sur son dos. Il ne pouvait s'empêcher de courir après les autres chats, c'était un rituel! C'était toujours la même blague, mais ça fonctionnait à tous les coups! Il cherchait toujours à jouer avec eux.

Les deux autres chats disposent d'une chatière, Chuby n'essaya jamais de l'utiliser. Il trouvait cela sans intérêt. Il se plantait devant la porte pour signifier qu'il voulait sortir. Léa et Romain ne le laissèrent jamais seul à l'extérieur.....Bref pour résumer, Chuby avait trouvé la maison de retraite idéale, un véritable paradis....

Puis à 4 heures du matin, mardi 21/07, alors que Léa s'apprêtait pour partir travailler, elle se sentit très angoissée: Chuby n'était pas dans ses jambes, comme d'habitude. Elle le chercha partout dans la maison...en vain! Horrifiée, elle imagina alors le pire: Chuby avait suivi les autres chats par la chatière!

Elle examina le jardin dans ses moindres recoins, et élargit son périmètre...Il fallut partir au travail, le cœur lourd. Vers 10 heures du matin, Léa, de retour chez elle, interrogea les voisins, à droite, à gauche, puis élargit son périmètre jusqu'à 400 mètres. Personne n'avait aperçu Chuby.

Léa plaça immédiatement des affiches partout. Pendant 24 heures elle patrouilla plusieurs fois dans le quartier, là encore jusqu'à 400 mètres de la maison. Finalement mercredi 23/07 elle eut l'idée d'aller voir les voisins d'en face, les seuls qu'elle n'avait pas encore interrogés. Il lui semblait en effet improbable que Chuby ait traversé la rue!

Et là, Léa eut "l'impression qu'on la frappait, qu'on lui crachait dessus" (je retranscris ses propres paroles). Car la voisine lui dit en s'énervant: "C'était lundi soir? on l'a tué, votre chat, et on l'a enterré dans le jardin. Vous pouvez aller le déterrer si ça vous fait plaisir!" L'ambiance était plus que tendue (c'est un euphémisme) et Léa était au bord de l'évanouissement, Elle rentra chez elle , sonnée.

Comment avait on pu massacrer son amour de chat? Lui qui ne demandait qu'une chose à longueur de temps: de l'amour, et encore de l'amour et des papouilles! Il ne se contentait pas d'en demander, il en "distillait", il en distribuait à tout va: Ce chat était la quintessence de l'amour.

Sur le coup, Léa n'avait pas eu la force de demander des détails, des explications. Il fallait qu'elle sache, il fallait qu'elle comprenne. Elle était dans le deni: ce n'était pas possible, c'était du bluff! Il fallait qu'elle y retourne, mais pas seule! Le cœur lui manquait.

Accompagnée d'une amie, Léa put tant bien que mal reconstituer les 30 dernières minutes de la vie de Chuby. Les incohérences, les contradictions, les mensonges sont sortis de la bouche de la voisine comme un flot de boue:

- Il n'arrêtait pas de rentrer et sortir de la maison, il fallait bien le tuer!

- Mais pourquoi, une fois qu'il s'est retrouvé dehors, vous n'avez pas fermé la porte? dit Léa.

- On est chez nous, mademoiselle, on fait ce qu'on veut! Il a fallu le poursuivre 30 mn pour en venir à bout. Comme un petit bâton ne suffisait pas , on en a pris un gros.

Il ne pouvait pas sauter, il était en fin de vie il fallait bien le tuer. C'était un chat errant, il était rasé, il fallait bien le tuer .Il avait des yeux bizarres, il était malade, il fallait bien le finir.

Chuby sautait parfaitement bien: au refuge, tous les soirs c'était le rituel, d'un petit bond d'un seul, il montait sur un tabouret pour se faire brosser. Mais selon les théories de la voisine un chat qui ne saute pas doit être éliminé. (Il est certain qu'après un rodéo macabre, une chasse poursuite de 30 mn le pauvre Chuby devait être un peu moins dynamique). Chuby avait dû être partiellement rasé à son arrivée au refuge, car son pelage était dans un état lamentable. Au moment de l'adoption le poil n'avait pas encore repoussé. Chuby avait en effet des yeux "bizarres" (nous pouvons admirer la finesse d'observation de la voisine) nous rappellerons au passage que Chuby était un persan, dûment chouchouté et toiletté quotidiennement par sa famille adoptive.

Résumons: Quand on est un chat errant, partiellement dépoilé et qu'on a les yeux qui coulent un peu, (ah j'oubliais: en plus on ne saute pas!) on a tout juste le droit de se faire massacrer par les voisins.

Nous sommes en pleine série B genre "Esprit criminels". Les voisins se prennent pour des anges de la mort. Est-ce la première fois qu'un chat du quartier subit le même sort? La question reste posée.

Il a fallu plus de 8 jours pour que ce texte voie le jour, tant l'équipe du "Chat Provincial" était terrassée par la colère et le chagrin. Nous imagions le pauvre Chuby, complétement affolé, son petit cœur battant à tout rompre, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Il devait se dire: "depuis mon plus jeune âge, les humains je les chouchoute, je les aime de tout mon cœur. D'habitude quand je m'approche d'un "bipède", je donne et je reçois des câlins. Mais que me veulent-ils ces deux là? Je ne comprends rien!"

Les persans sont des êtres placides, de doux rêveurs si confiants en l'humanité. Chuby devait être tétanisé, bien sur qu'il ne sautait pas , il courait à peine car il "tendait la joue gauche" à ses bourreaux, il était incrédule....il n'avait pas le réflexe de se sauver comme l'aurait fait un autre chat. La radio fait état d'un coup fatal sur le crâne. Mais on imagine que le "petit bâton" avant le gros, a dû produire un certain nombre d'hématomes. Un coup....et encore un coup!

Chuby finit par s'écrouler, ses yeux "bizarres" et pleins d'amour se sont fermés, sans avoir revu ceux qui l'aimaient tant et que lui aussi aimait tant...de tout son immense cœur de vieux chat.

Si certains trouvent cette histoire trop longue qu'ils passent leur chemin...Une vie de Chuby ne peut se résumer en 10 lignes. Les mots sont pour nous une thérapie. Une enquête est en cours car bien sûr une plainte a été déposée. Nous demandons à toutes les bonnes volontés de bien vouloir signer la pétition pour que justice soit rendue....
L'association va se porter partie civile.

Dominique, la nounou des chats et la porte parole de toute l'équipe et Léa et Romain, les parents de Chuby Tartine