Dans la mise à jour du 5 mars, intitulée « L’encadrement des suffrages populaires », j’ai écrit que :
« Lorsque le suffrage est réservé à la classe riche, l’encadrement des suffrages se fait tout naturellement. »
À la relecture, cette formulation (qui partait pourtant d’une bonne intention), n’est pas heureuse. Il me semble plus juste de faire une distinction entre restriction et encadrement des suffrages.
Le suffrage restreint, dit-on, s’oppose au suffrage « universel ». Par « universel », comprenez : peu restreint. Car tout suffrage est nécessairement restreint (ce qui, soit dit au passage, soulève une difficulté de définition du suffrage restreint. Si tout suffrage est restreint, qu’est-ce qu’un suffrage restreint?).
Il faut donc distinguer le suffrage sévèrement restreint (sous la Restauration et la Monarchie de Juillet) du suffrage peu restreint (le suffrage dit universel de la IIe République).
Lorsque le suffrage est très restreint (90 000 électeurs pour une population de 35 millions d’habitants), les pouvoirs publics peuvent laisser une aristocratie foncière et financière libre de ses suffrages, sachant qu’elle fera « le bon choix ». L’encadrement des suffrages est inutile. Lorsque, au contraire, le suffrage est peu restreint (9 millions d’électeurs au début de la IIe République), l’encadrement des suffrages est indispensable. Je rectifie en conséquence la formulation de la mise à jour du 5 mars :
« Lorsque le suffrage est réservé à la classe riche, l’encadrement des suffrages n’est pas nécessaire. La puissance publique permet aux électeurs de se déterminer librement. »
