Aggiornamento sulla petizioneFéminisme ou antimalisme ?Etre de gauche
SOS men bashing
10 feb 2024

Les idées de droite et les idées de gauche ont une chose en commun et une chose qui les différencie. Ce qu’elles ont en commun, c’est leur finalité, qui est la même : donner bonne conscience à ceux qui les ont. Leur différence réside dans la façon différente de donner bonne conscience à ceux qui les ont.

L’homme qui a des idées de droite trouve que le monde est bien comme il est. Nul besoin de le changer. S’il voit un sans domicile dormir sur un carton par une froide nuit d’hiver, il n’éprouvera pas de sentiment de culpabilité. Il se dira que ce gars-là n’a que ce qu’il mérite. Quand on veut, on peut. Du travail, il y en a. Il suffit de retrousser ses manches (de traverser le rue) et de se lever de bonne heure pour en trouver. Ceux qui n’ont pas de travail sont des faignants qui ne veulent pas travailler.

Cette manière rustique suffit à l’homme de droite. Il n’a pas besoin de plus pour avoir bonne conscience et estimer qu’il est un type bien. L’homme de gauche est plus sensible, plus tourmenté. Il a entendu parler de chômage, de difficultés à trouver du travail. L’idée qu’il suffit de traverser la rue pour trouver du travail ne suffit pas à apaiser sa conscience. Il lui faut par conséquent trouver d’autres moyens.

Premier moyen, dénoncer. Dénoncer les inégalités, la misère, l’injustice, la guerre démontrera qu’il ne se satisfait pas de l’état actuel du monde. Il est donc un type bien. Par corollaire, tout individu qui ne dénonce pas les inégalités, la misère, l’injustice, la guerre, est un salaud.

Dénoncer ne suffit pas à l’homme de gauche. Il doit, de plus, clamer haut et fort sa volonté de changer le monde. Il faut « changer la vie », « rompre avec la logique du capitalisme » ; il faut « une société plus juste et plus humaine ».

Cette volonté de changer le monde se traduira par un programme politique. Un siècle et demi en arrière, les hommes de gauche estimaient qu’il ne fallait rien moins qu’un bouleversement de la propriété des moyens de production. Ces moyens devaient appartenir à tous. Il fallait les collectiviser. L’homme de gauche moderne n’en exige pas tant. Un programme de réformes suffira amplement à lui donner bonne conscience.

La bonne conscience de l’homme de gauche se ramène finalement à une idée simple, celle de provisoire. L’homme de droite qui voit un sans domicile dormir sur un carton par une froide nuit d’hiver n’est pas dérangé par l’idée que cet état de fait soit permanent. L’homme de gauche le trouve regrettable mais dans le fond pas bien grave parce qu’il n’est que provisoire. Le programme commun du Parti socialiste et du parti communiste, les 110 propositions de Mitterrand ou, si ni l’un ni l’autre de ces programmes n’ont rien donné, le programme de Mélenchon, y mettront fin. Les malheurs des chômeurs, des sans-abri ne sont que provisoires. La révolution par les urnes est en marche. Rien ne l’arrêtera. Il faudra juste être patient.

On pense souvent que l’homme de gauche veut "changer le monde" (sic). C’est parfois le cas mais, le plus souvent, la velléité de le changer lui suffit amplement.

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