Petition updateFéminisme ou antimalisme ?Trois écritures féministes
SOS men bashing
Feb 20, 2020

Nous connaissons tous l'écriture « inclusive ». Des points ou des tirets (des majuscules dans quelques cas) sont introduits dans les mots pour les rendre bisexuels : député-e-s, citoyen.ne.s, migrant.e.s. L'écriture inclusive a pour objectif, nous assure-t-on, de ne plus exclure les femmes du domaine public.

La publicité faite autour de l'écriture inclusive ne doit pas nous faire perdre de vue que cette manière d'écrire n'est pas seule qui soit propre au féminisme. A côté de l'écriture inclusive, il y a l'écriture exclusive. L'écriture inclusive inclut, l'écriture exclusive exclut. Elle exclut, selon le cas, les hommes ou les femmes. Quand un terme est péjoratif ou stigmatisant, l'écriture exclusive exclut les femmes : les violeurs, les frotteurs, les harceleurs, les clients de prostitué-e-s, le manspreading, le mansplaining, etc. Quand un terme est laudatif, l'écriture exclusive exclut les hommes : les chiennes de garde au lieu de les chien-ne-s de garde, #Noustoutes au lieu de #Noustou-te-s.

La troisième écriture féministe est l'écriture ordinale. C'est elle qui indique que la femme a préséance sur l'homme, qu'elle passe avant l'homme, qu'elle compte plus que l'homme. Bref, que le sexe féminin est le premier sexe : "Madame, Monsieur" ; "L'égalité femmes-hommes" ; "Toutes et tous" ; "Les citoyennes et les citoyens" ; "Les parisiennes et les parisiens" ; sans oublier le fameux « Bonsoir Madame, bonsoir Mademoiselle, bonsoir Monsieur » de l'ancien président de la république Valéry Giscard d'Estaing et le non moins fameux « Travailleuses, travailleurs » d'Arlette.

Dans un précédent billet, consacré au nombre de femmes violées en France chaque année avancé par #Noustoutes (Vraiment ? du 12 février 2020), je me suis permis de faire remarquer entre parenthèses que le nom de cette organisation est en écriture exclusive, alors qu'il aurait été si simple (au sens féministe) d'écrire #Noustou-te-s. Cette remarque a suscité une réaction de la part d'un-e signataire : « A la place du #Noustoutes, rassemblement dans lequel des hommes aussi se déplacent aux côtés de ces "toutes", que proposez-vous ? #Noustoutesettous ? (facile à lire n'est-ce pas) #Noustous (genré masculin) ? »

Il y a un point avec lequel je suis d'accord : l'écriture inclusive ne facilite pas la lecture. Mais pour le reste, je m'étonne que ce-tte signataire considère le fait d'écrire #Noustou-te-s comme la quadrature du cercle.

Ainsi, comme je l'ai fait remarquer entre parenthèses, c'est bien pour exclure les hommes qui se déplacent et manifestent contre "les violences faites aux femmes" que #Noustou-te-s n'utilise pas l'écriture inclusive, témoignant ainsi de son peu de gratitude pour ses supplétifs. Elle peut se le permettre sans se gêner parce que les hommes féministes sont tellement contrits qu'ils n'oseront jamais se plaindre d'être traités en quantité négligeable.

 

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