Gérard Noiriel n'aime pas les idées d'Éric Zemmour et il ne s'en cache pas. Il a publié dernièrement un livre de 240 pages, « Le venin dans la plume » pour s'en expliquer. Dans un avant propos, il explique les raisons qui l'ont amené à écrire ce livre :
« Ce livre est le prolongement d'une tribune que j'ai publiée dans le journal « Le Monde » au moment de la sortie du dernier ouvrage d'Éric Zemmour, « Destin français ». On m'a reproché d'en avoir trop dit ou pas assez. La critique était juste. C'est donc pour examiner tout cela de plus près que je me suis remis au travail.
« Avant de donner quelques précisions sur la façon dont j'ai conçu cette petite recherche, je voudrais expliquer rapidement au lecteur les raisons initiales qui m'avaient incité à publier cette tribune dans Le Monde.
« Dans son dernier livre, Éric Zemmour s'en prend violemment aux historiens professionnels. Contrairement à Édouard Drumont, le vocabulaire injurieux d'Éric Zemmour ne vise pas nommément les personnes (en tout cas pas dans ses livres). Il n'empêche que sa façon de concevoir le « débat » est ressentie comme une atteinte inadmissible à leur dignité. »
Nous pouvons à présent retracer l'enchaînement des faits qui ont abouti à la publication par Gérard Noiriel d'une tribune dans Le Monde. Le fait initial est la parution de l'ouvrage d'Éric Zemmour, « Destin français », dans lequel l'auteur attaque les historiens professionnels. Bien qu'il ne soit pas nommément cité, Gérard Noiriel, historien professionnel, se sent blessé par cette attaque et décide de répliquer aux attaques d'Éric Zemmour par une tribune dans le journal Le Monde.
Ces explications sont assurément limpides mais je me pose tout de même une question : comment se fait-il qu'aucune raison ne m'incite à publier une tribune dans Le Monde ? Car, après tout, j'appartiens moi aussi à une catégorie d'individus que j'estime injustement attaquée, les hommes.