Pour comprendre la société dans laquelle nous vivons, il est indispensable de comprendre la différence entre existence réelle et existence comme dénomination. Certaines choses peuvent en effet exister en tant que dénomination sans exister réellement.
Imaginons que vous entriez chez un concessionnaire Renault pour demander à essayer le modèle Octopus. Le vendeur vous répondra que ce modèle n'existe pas et qu'en conséquence il vous sera impossible de l'essayer.
Imaginons à présent qu'au lieu de demander à essayer le véhicule Octopus, vous demander à essayer le véhicule Renault Kadjar . Alors, le vendeur, préssentant en vous un acheteur potentiel, s'empressera de vous faire essayer ce modèle.
Mais imaginons à présent que l'équipe marketing de Renault, lorsqu'elle a choisi une dénomination la dénomination Kadjar pour désigner le véhicule que vous essayez, ait choisi de l'appeler Octopus. Alors, lorsque vous êtes entrés dans la concession Renault pour demander à essayer le véhicule Octopus le vendeur, au lieu de vous dire que ce véhicule n'existe pas, vous aurait répondu : « Mais très certainement Monsieur. »
Nous constatons de la sorte que c'est la dénomination qui crée l'existence. Le véhicule Renault Kadjar existe parce qu'il a été dénommé Renault Kadjar. Le véhicule Renault Octopus n'existe pas parce qu'aucun véhicule de la gamme de ce constructeur n'a été dénommé ainsi.
Considérons à présent un individu dénommé Paul Duchemin. Imaginons que ses parents l'aient baptisé Pierre. Alors, Paul Duchemin n'existerait pas. Dans ce cas, comme pour un véhicule automobile, la dénomination crée l'existence un. Paul Duchemin existe parce que ses parents ont décidé de baptiser leur nouveau-né ainsi. En culé s'ils ne l'avaient pas décidé, il existerait pas.
Nous devons faire cependant une distinction entre existence et réalité. Ce qui existe peut avoir une existence sans avoir de réalité.
Un individu dénommé Paul Duchemin existe réellement parce que la dénomination en même temps qu'elle crée l'existence crée la réalité. Il n'en est toutefois pas toujours ainsi. La dénomination peut créer l'existence sans créer la réalité. C'est le cas notamment, du suffrage universel ou de la liberté d'expression. Le suffrage universel n'existe pas en tant que réalité et la liberté d'expression n'existe pas non plus en tant que réalité. En revanche, ils existent tous les deux en tant que dénomination. De la sorte, il est impossible d'affirmer catégoriquement que le suffrage universel et la lbex n'existent pas. Pour être précis, nous devons dire que le suffrage universel et la liberté d'expression existent en tant que dénomination mais n'existent pas en tant que réalité. Ainsi, le suffrage universel et la liberté d'expression existent sans exister.
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La question du vote des femmes
La question du vote des femmes est une vaste question, ne serait-ce que parce qu'elle repose sur celle du suffrage en général, laquelle est en elle-même une question vaste, complexe et mal comprise. C'est la raison pour laquelle il est indispensable de débrouiller la question du suffrage en général pour aborder la question du vote des femmes.
Ce que l'on peut dire cependant à ce sujet, c'est que la question du vote des femmes est le navire amiral de l'histoire du féminisme : les femmes n'étaient pas citoyennes ! Elles avaient le droit de monter sur l'échaffaud, mais pas de monter à la tribune. Bien sûr, il a existé d'autres inégalité en droit que celle-là, mais le fait que « les femmes ont dû attendre » un siècle et demi pour devenir citoyenne est l'inégalité phare, l'inégalité emblématique, celle qui synthétise toutes les autres.
Comme aujourd'hui les femmes ont le droit de vote, l'inégalité des salaires a pris sa place de navire amiral de l'injustice faite aux femmes : parce que nous sommes nées femmes, nous sommes moins payées qu'un homme à travail et compétence égales. Cependant la question du vote des femmes conserve sa valeur pour la légende du féminisme.
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Dans une société où tout ce qui est politique est faux, il faut expliquer tout ce qui est politique.
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Le féminisme ne fait appel ni à l'intelligence, ni à la raison, mais au cerveau reptilien. Les croyances féministes ne sont pas des croyances rationnelles, mais des actes de foi. Le féminisme tire une grande force de son irrationalité parce qu'il est très difficile de démonter des croyances irrationnelles par une argumentation rationnelle.
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L'humanisme est un géocentrisme.