Exigeons la restitution des crânes de combattants algériens du Musée de l'Homme

Signataires récents:
Mohamed AYACHI et 11 autres ont signé récemment.

Le problème

Monsieur le chef du gouvernement,

Le Conseil des ONG franco-algériennes, qui comprend diverses organisations non gouvernementales et de collectifs de citoyens franco-algériens, souhaite attirer votre attention sur nos initiatives concernant la restitution des crânes de combattants algériens conservés au musée de l’Homme. Cette entité, basée à Paris, se consacre à l’assistance humanitaire et caritative, au développement d’initiatives d’actions sociales et éducatives de solidarité, ainsi qu’à la coopération au sein de l’espace euro-méditerranéen.

Nous nous efforçons aussi de soutenir et promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, de valoriser les principes républicains et le vivre ensemble.

En effet, saisis par les descendants des défunts, nous engageons toute démarche utile pour recenser et ‎obtenir la restitution des crânes restant de combattants algériens à leur famille. Cette démarche a été amorcée en 2011, suite à la découverte par l’anthropologue et historien algérien Ali Farid Belkadi, qui a mis au jour des crânes de résistants algériens décapités durant la guerre de conquête coloniale de l’Algérie au XIXe siècle. Ces reliques étaient alors exposées au musée, présentées comme des « trophées de guerre » issus de cette période coloniale. 

Sans vouloir rouvrir les débats historiques,170 années se sont écoulées depuis mais la mémoire de ces ‎combattants n’a pas été oubliée et la dignité humaine qu’ils demandent à retrouver n’est pas encore rendue ! ‎Comment est-il possible qu’en 2025 ces crânes ne puissent être restitués à leurs descendants ou aux autorités ‎de leur pays qui attendent pourtant que ces restes puissent enfin être dignement inhumés sur leur terre ‎natale ?‎

D’autre part, nos recherches sur les naissances et malformations congénitales dues à cette contamination ‎intemporelle dans certaines régions d’Algérie, potentiellement liées à l’utilisation d’armes NBC (nucléaire, bactériologique et chimique) par la France ‎durant la colonisation, révèlent un lourd héritage. Ce tabou, évoqué dans le documentaire de Claire Billet « ‎Algérie, sections armes spéciales », met en lumière des milliers d’opérations militaires et des milliers de ‎victimes. ‎

Des unités spéciales de l'armée française ont utilisé des gaz pour cibler les refuges souterrains des ‎indépendantistes et villageois algériens. Bien que les archives restent inaccessibles même soixante ans après ‎les événements, la journaliste Claire Billet et l'historien Christophe Lafaye ont entrepris une enquête détaillée ‎pour éclairer cette période obscure de l’histoire. ‎

La France est grande et fière de son histoire. La France d’aujourd’hui accepte son histoire et sa gloire mais ‎n'accepte pas les étapes sombres qui ont déshonoré cette gloire. La France doit rendre hommage aux ‎combattants, résistants qui se sont sacrifiés pour protéger leur terre et vivre libres de toute occupation ‎comme la France et les Français(es) l'ont fait, le font et le feront à chaque fois que leur liberté et ‎indépendance est mise à l'épreuve par quiconque. ‎

Dans ce sens, nous, Conseil de la diaspora, appelons la France, à déclassifier les archives sur ses essais ‎nucléaires, notamment les cartes détaillées des zones contaminées et les emplacements des déchets ‎radioactifs enfouis. ‎

La France, pays mondial des droits de l'homme, ne peut refuser ce droit élémentaire. ‎

Monsieur le Président de la République Macron, s’est prononcé sur ce sujet lors de la campagne présidentielle ; et ‎suivant son engagement, une partie des crânes (seulement 24) a été restituée le 3 juillet 2020. ‎

D'ailleurs, l'Assemblée nationale a déjà voté la loi n° 2010-501 du 18 mai 2010 visant à autoriser la restitution ‎par la France des têtes des combattants maoris à la Nouvelle-Zélande. Le projet de loi, approuvé et adopté par ‎le parlement a été promulgué le 26 décembre 2023. Elle prévoit la restitution à l’Algérie des ossements ‎mortuaires des combattants indépendantistes, occultant les biens culturels apportés en France à l’époque ‎coloniale au titre de « butins de guerre ». A titre d’exemple la clé de la ville martyre Laghouat (1852).

Notre pays, représenté par notre Assemblée nationale, a donc montré la réelle volonté de restituer des ‎biens culturels appartenant aux pays d'Afrique.

Pour toutes ces raisons, nous vous prions de bien vouloir accepter la transmission de l'inventaire de ces crânes ‎détenus au musée ainsi que tout document nous permettant de les identifier. Nous prévoyons également ‎des sit-in, dans le même format que notre rassemblement du 16 février devant le Musée de l’Homme sur ‎l’esplanade du Trocadéro. ‎

Nous profitons de cette missive pour dénoncer les tentatives d’entrisme de groupuscules d’extrême droite et ‎des extrémistes islamistes qui portent préjudice à la diaspora franco-algérienne et qui appellent à la haine et à ‎la violence en France, en particulier ceux qui préparent la marche du 22 février 2025. ‎

Monsieur le premier ministre, l'histoire nous donnera raison ; soyez celui qui saura prendre enfin cette juste cause en ‎considération. Tourner résolument la page du passé, en l’assumant, dans la dignité, ôterait ce poids ‎encombrant des relations entre les deux pays, qui en sortiraient grandis. In fine, on priverait d’arguments ‎ceux qui prospèrent sur l’instrumentalisation du passé ad vitam æternam. ‎

Dans l'attente de votre retour, nous vous prions de croire, Monsieur le premier ministre, en l'expression de ‎nos sincères salutations distinguées. ‎

 

 

Premiers Signataires :                   

 

  • Grand Pari Humanitaire                

 

  • RATP – Interculture     

 

  • PSP-Solidarité  

 

  • DAF 91      

 

  • France Intercultures       

 

  • ASMH (Médecins Urgentistes)



 

 

 

avatar of the starter
Grand Pari Humanitaire GPHLanceur de pétitionEnseignant en intelligence artificielle & Cybercriminalité Président RUCEFA Réseau des Universitaires Chercheurs et entrepreneurs Franco-Algériens

85

Signataires récents:
Mohamed AYACHI et 11 autres ont signé récemment.

Le problème

Monsieur le chef du gouvernement,

Le Conseil des ONG franco-algériennes, qui comprend diverses organisations non gouvernementales et de collectifs de citoyens franco-algériens, souhaite attirer votre attention sur nos initiatives concernant la restitution des crânes de combattants algériens conservés au musée de l’Homme. Cette entité, basée à Paris, se consacre à l’assistance humanitaire et caritative, au développement d’initiatives d’actions sociales et éducatives de solidarité, ainsi qu’à la coopération au sein de l’espace euro-méditerranéen.

Nous nous efforçons aussi de soutenir et promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, de valoriser les principes républicains et le vivre ensemble.

En effet, saisis par les descendants des défunts, nous engageons toute démarche utile pour recenser et ‎obtenir la restitution des crânes restant de combattants algériens à leur famille. Cette démarche a été amorcée en 2011, suite à la découverte par l’anthropologue et historien algérien Ali Farid Belkadi, qui a mis au jour des crânes de résistants algériens décapités durant la guerre de conquête coloniale de l’Algérie au XIXe siècle. Ces reliques étaient alors exposées au musée, présentées comme des « trophées de guerre » issus de cette période coloniale. 

Sans vouloir rouvrir les débats historiques,170 années se sont écoulées depuis mais la mémoire de ces ‎combattants n’a pas été oubliée et la dignité humaine qu’ils demandent à retrouver n’est pas encore rendue ! ‎Comment est-il possible qu’en 2025 ces crânes ne puissent être restitués à leurs descendants ou aux autorités ‎de leur pays qui attendent pourtant que ces restes puissent enfin être dignement inhumés sur leur terre ‎natale ?‎

D’autre part, nos recherches sur les naissances et malformations congénitales dues à cette contamination ‎intemporelle dans certaines régions d’Algérie, potentiellement liées à l’utilisation d’armes NBC (nucléaire, bactériologique et chimique) par la France ‎durant la colonisation, révèlent un lourd héritage. Ce tabou, évoqué dans le documentaire de Claire Billet « ‎Algérie, sections armes spéciales », met en lumière des milliers d’opérations militaires et des milliers de ‎victimes. ‎

Des unités spéciales de l'armée française ont utilisé des gaz pour cibler les refuges souterrains des ‎indépendantistes et villageois algériens. Bien que les archives restent inaccessibles même soixante ans après ‎les événements, la journaliste Claire Billet et l'historien Christophe Lafaye ont entrepris une enquête détaillée ‎pour éclairer cette période obscure de l’histoire. ‎

La France est grande et fière de son histoire. La France d’aujourd’hui accepte son histoire et sa gloire mais ‎n'accepte pas les étapes sombres qui ont déshonoré cette gloire. La France doit rendre hommage aux ‎combattants, résistants qui se sont sacrifiés pour protéger leur terre et vivre libres de toute occupation ‎comme la France et les Français(es) l'ont fait, le font et le feront à chaque fois que leur liberté et ‎indépendance est mise à l'épreuve par quiconque. ‎

Dans ce sens, nous, Conseil de la diaspora, appelons la France, à déclassifier les archives sur ses essais ‎nucléaires, notamment les cartes détaillées des zones contaminées et les emplacements des déchets ‎radioactifs enfouis. ‎

La France, pays mondial des droits de l'homme, ne peut refuser ce droit élémentaire. ‎

Monsieur le Président de la République Macron, s’est prononcé sur ce sujet lors de la campagne présidentielle ; et ‎suivant son engagement, une partie des crânes (seulement 24) a été restituée le 3 juillet 2020. ‎

D'ailleurs, l'Assemblée nationale a déjà voté la loi n° 2010-501 du 18 mai 2010 visant à autoriser la restitution ‎par la France des têtes des combattants maoris à la Nouvelle-Zélande. Le projet de loi, approuvé et adopté par ‎le parlement a été promulgué le 26 décembre 2023. Elle prévoit la restitution à l’Algérie des ossements ‎mortuaires des combattants indépendantistes, occultant les biens culturels apportés en France à l’époque ‎coloniale au titre de « butins de guerre ». A titre d’exemple la clé de la ville martyre Laghouat (1852).

Notre pays, représenté par notre Assemblée nationale, a donc montré la réelle volonté de restituer des ‎biens culturels appartenant aux pays d'Afrique.

Pour toutes ces raisons, nous vous prions de bien vouloir accepter la transmission de l'inventaire de ces crânes ‎détenus au musée ainsi que tout document nous permettant de les identifier. Nous prévoyons également ‎des sit-in, dans le même format que notre rassemblement du 16 février devant le Musée de l’Homme sur ‎l’esplanade du Trocadéro. ‎

Nous profitons de cette missive pour dénoncer les tentatives d’entrisme de groupuscules d’extrême droite et ‎des extrémistes islamistes qui portent préjudice à la diaspora franco-algérienne et qui appellent à la haine et à ‎la violence en France, en particulier ceux qui préparent la marche du 22 février 2025. ‎

Monsieur le premier ministre, l'histoire nous donnera raison ; soyez celui qui saura prendre enfin cette juste cause en ‎considération. Tourner résolument la page du passé, en l’assumant, dans la dignité, ôterait ce poids ‎encombrant des relations entre les deux pays, qui en sortiraient grandis. In fine, on priverait d’arguments ‎ceux qui prospèrent sur l’instrumentalisation du passé ad vitam æternam. ‎

Dans l'attente de votre retour, nous vous prions de croire, Monsieur le premier ministre, en l'expression de ‎nos sincères salutations distinguées. ‎

 

 

Premiers Signataires :                   

 

  • Grand Pari Humanitaire                

 

  • RATP – Interculture     

 

  • PSP-Solidarité  

 

  • DAF 91      

 

  • France Intercultures       

 

  • ASMH (Médecins Urgentistes)



 

 

 

avatar of the starter
Grand Pari Humanitaire GPHLanceur de pétitionEnseignant en intelligence artificielle & Cybercriminalité Président RUCEFA Réseau des Universitaires Chercheurs et entrepreneurs Franco-Algériens

Voix de signataires

Mises à jour sur la pétition