Exigeons des excuses et des formations pour l'enseignement privé catholique

Le problème

L’actualité a braqué les projecteurs sur Stanislas, et plus largement sur les écoles privées religieuses sous contrat. II était temps.

Je m’appelle Diane, je suis lesbienne et j’ai fait toute ma scolarité dans une école privée catholique. J’ai fréquenté l’école Saint-Jean de Passy dans le 16ème arrondissement à Paris de la maternelle au Bac. Mes parents ne sont pas particulièrement croyants mais accordent de l’importance à la « tradition chrétienne de la France ». Et, surtout, ont cru offrir la meilleure éducation possible à leurs enfants. C’est là l’un des principaux pièges de ces écoles : souvent, on recherche juste un enseignement que l'on croit d’excellence, l’endoctrinement religieux et d’extrême-droite est compris dans le lot. 

Ayant été témoin et victime de sexisme, d’homophobie, de racisme et de toutes sortes d’autres discriminations dans cette école, je demande au secrétaire général de l’Enseignement catholique, Philippe Delorme, de formuler des excuses publiques à toustes les élèves des écoles privées catholiques qui ont été maltraité·es pendant leur scolarité, en particulier les filles, femmes et personnes queer. Je demande aussi à ce que toutes les personnes travaillant dans ces écoles reçoivent une formation sur l'égalité et les questions LGBTQIA+.

Je n’ai pas rencontré de personne queer out avant mes 18 ans. S’il y en avait à Saint-Jean de Passy, elles se cachaient et elles faisaient bien, tellement l’homophobie est partout. Au lycée, nous avons assisté une fois à une intervention d’un homme gay qui disait que comme il vivait dans le péché, il se détestait, était abstinent et faisait tout pour se racheter. C’est au moment du mariage pour toustes que l’homophobie a été la plus décomplexée. Les parents et les élèves étaient ouvertement encouragé•es d’aller aux manif pour tous et même pointé•es du doigt s’iels n’y allaient pas. Pour ma part, je ne me suis jamais posée la question de ma non-hétérosexualité : il n’y avait tout simplement pas d’autre option. Les seules fois où l’homosexualité était évoquée, c’était avec dégoût, moquerie, comme une insulte ou une maladie. C’est comme une thérapie de conversion préventive. J’ai fait mon coming-out à 25 ans. Dans une autre école, j’aurais sûrement été plus heureuse.  

Sexisme, homophobie et racisme sont la norme. A mon époque, il n’y avait pas encore d’uniforme, mais le règlement scolaire détaillait des règles vestimentaires très strictes, surtout pour les filles. Les épaules doivent être couvertes, pas de chevilles apparentes, iI ne s’agirait pas de déconcentrer les garçons. Une année, j’ai reçu une heure de colle pour ne pas avoir attaché mes cheveux.

Je n’ai pas reçu de cours d’éducation à la vie affective et sexuelle dignes de ce nom. Quelques cours de SVT ont abordé rapidement le sujet uniquement sous l’angle biologique (je n’ai même pas eu la fameuse capote sur la banane, puisque la contraception est diabolisée). J’ai eu droit à quelques séances avec les infirmières scolaires dont la seule information que j’ai retenue est que l’avortement est une abomination et que celles qui y ont recours le regrettent toute leur vie. Les relations sexuelles hors mariage sont proscrites et le modèle familial traditionnel est encouragé, avec un papa, une maman et au moins trois enfants.

Une heure de cathéchèse obligatoire par semaine, messes régulières, confessions, sacrements, retraites dans des monastères… Tout est fait pour formater de bon•nes petit•es catholiques, de droite voire d’extrême-droite. En classe de 5ème, le prêtre nous expliquait que si nous ne nous comportions pas bien, le malin viendrait nous chercher. Au lycée, notre prêtre était Guillaume Seguin, qui a fait parler de lui récemment pour une accusation d’agression sexuelle quand il était à Stanislas. Et qui est aussi « conseiller spirituel » de Vincent Bolloré, s’il fallait encore une preuve que ces idées nauséabondes se propagent partout dans la culture. Il avait son bureau en bonne place dans cour, dans lequel il rassemblait un fan-club de jeunes garçons à chaque récréation. Plusieurs fois par an, je devais m’agenouiller devant lui pour la confession. Ces moments restent les souvenirs les plus traumatisants de ces années.

L’endoctrinement sous couvert d’enseignement dispensé dans ces écoles devrait disparaître. Il est temps de se mobiliser en masse et d’exiger la fin de ce système, sans quoi ces écoles continueront de propager leur culture d’extrême-droite tout en creusant les inégalités dès le plus jeune âge. Signez et partagez cette pétition pour un premier pas dans la bonne direction avec des excuses et des formations !

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Diane RICHARDLanceur de pétitionMilitante féministe

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Le problème

L’actualité a braqué les projecteurs sur Stanislas, et plus largement sur les écoles privées religieuses sous contrat. II était temps.

Je m’appelle Diane, je suis lesbienne et j’ai fait toute ma scolarité dans une école privée catholique. J’ai fréquenté l’école Saint-Jean de Passy dans le 16ème arrondissement à Paris de la maternelle au Bac. Mes parents ne sont pas particulièrement croyants mais accordent de l’importance à la « tradition chrétienne de la France ». Et, surtout, ont cru offrir la meilleure éducation possible à leurs enfants. C’est là l’un des principaux pièges de ces écoles : souvent, on recherche juste un enseignement que l'on croit d’excellence, l’endoctrinement religieux et d’extrême-droite est compris dans le lot. 

Ayant été témoin et victime de sexisme, d’homophobie, de racisme et de toutes sortes d’autres discriminations dans cette école, je demande au secrétaire général de l’Enseignement catholique, Philippe Delorme, de formuler des excuses publiques à toustes les élèves des écoles privées catholiques qui ont été maltraité·es pendant leur scolarité, en particulier les filles, femmes et personnes queer. Je demande aussi à ce que toutes les personnes travaillant dans ces écoles reçoivent une formation sur l'égalité et les questions LGBTQIA+.

Je n’ai pas rencontré de personne queer out avant mes 18 ans. S’il y en avait à Saint-Jean de Passy, elles se cachaient et elles faisaient bien, tellement l’homophobie est partout. Au lycée, nous avons assisté une fois à une intervention d’un homme gay qui disait que comme il vivait dans le péché, il se détestait, était abstinent et faisait tout pour se racheter. C’est au moment du mariage pour toustes que l’homophobie a été la plus décomplexée. Les parents et les élèves étaient ouvertement encouragé•es d’aller aux manif pour tous et même pointé•es du doigt s’iels n’y allaient pas. Pour ma part, je ne me suis jamais posée la question de ma non-hétérosexualité : il n’y avait tout simplement pas d’autre option. Les seules fois où l’homosexualité était évoquée, c’était avec dégoût, moquerie, comme une insulte ou une maladie. C’est comme une thérapie de conversion préventive. J’ai fait mon coming-out à 25 ans. Dans une autre école, j’aurais sûrement été plus heureuse.  

Sexisme, homophobie et racisme sont la norme. A mon époque, il n’y avait pas encore d’uniforme, mais le règlement scolaire détaillait des règles vestimentaires très strictes, surtout pour les filles. Les épaules doivent être couvertes, pas de chevilles apparentes, iI ne s’agirait pas de déconcentrer les garçons. Une année, j’ai reçu une heure de colle pour ne pas avoir attaché mes cheveux.

Je n’ai pas reçu de cours d’éducation à la vie affective et sexuelle dignes de ce nom. Quelques cours de SVT ont abordé rapidement le sujet uniquement sous l’angle biologique (je n’ai même pas eu la fameuse capote sur la banane, puisque la contraception est diabolisée). J’ai eu droit à quelques séances avec les infirmières scolaires dont la seule information que j’ai retenue est que l’avortement est une abomination et que celles qui y ont recours le regrettent toute leur vie. Les relations sexuelles hors mariage sont proscrites et le modèle familial traditionnel est encouragé, avec un papa, une maman et au moins trois enfants.

Une heure de cathéchèse obligatoire par semaine, messes régulières, confessions, sacrements, retraites dans des monastères… Tout est fait pour formater de bon•nes petit•es catholiques, de droite voire d’extrême-droite. En classe de 5ème, le prêtre nous expliquait que si nous ne nous comportions pas bien, le malin viendrait nous chercher. Au lycée, notre prêtre était Guillaume Seguin, qui a fait parler de lui récemment pour une accusation d’agression sexuelle quand il était à Stanislas. Et qui est aussi « conseiller spirituel » de Vincent Bolloré, s’il fallait encore une preuve que ces idées nauséabondes se propagent partout dans la culture. Il avait son bureau en bonne place dans cour, dans lequel il rassemblait un fan-club de jeunes garçons à chaque récréation. Plusieurs fois par an, je devais m’agenouiller devant lui pour la confession. Ces moments restent les souvenirs les plus traumatisants de ces années.

L’endoctrinement sous couvert d’enseignement dispensé dans ces écoles devrait disparaître. Il est temps de se mobiliser en masse et d’exiger la fin de ce système, sans quoi ces écoles continueront de propager leur culture d’extrême-droite tout en creusant les inégalités dès le plus jeune âge. Signez et partagez cette pétition pour un premier pas dans la bonne direction avec des excuses et des formations !

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Diane RICHARDLanceur de pétitionMilitante féministe

Les décisionnaires

Philippe Delorme
Philippe Delorme
Secrétaire général de l'Enseignement catholique

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