Etudiants du CNSMDP : la qualité de nos cursus est en danger !

Le problème

Etudiants du CNSMDP : la qualité de nos cursus est en danger !

 

En ces jours où se tient un colloque international intitulé “Accompagnement, l’autre voix” au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, célébrant les accompagnateurs, chevilles ouvrières de tout enseignement supérieur de la musique — encore indignement payés, considérés et protégés par notre établissement —, un autre point de gestion du personnel pédagogique du Conservatoire nous inquiète particulièrement : le traitement réservé à nos professeurs de disciplines complémentaires (musique de chambre, écriture, analyse, initiation à l’histoire de la musique, formation musicale, écriture-arrangement, improvisation à l’orgue, etc…). 

 

Lors des études au Conservatoire, les étudiants se voient proposer un parcours complet incluant des cours de spécialité ainsi que des disciplines complémentaires. Ces cours sont dispensés par des professeurs au talent pédagogique éprouvé, employés en tant que contractuels de la fonction publique, tous non titulaires, en CDD ou CDI.


Ces professeurs de disciplines complémentaires sont d’autant plus précieux pour les étudiants qu’en plus de la qualité  exceptionnelle de leurs enseignements (qui fait du CNSMDP l’un des meilleurs établissements d’enseignements artistique au monde), ils peuvent être des ressources capitales dans nos études de par la multiplicité des disciplines qu’ils sont pour certains amenés à enseigner — parfois un cours de spécialité en tant que professeur d’une classe d’instrument, ainsi que des cours de musique de chambre ; ou bien deux disciplines complémentaires en parallèle telles que l’écriture musicale et l’analyse (le tout donnant des outils essentiels pour aborder le métier de musicien, ou débouchant sur les concours d’entrée dans les cycles supérieurs d’écriture, d’analyse ou de musique de chambre, qui peuvent être suivis en tant que disciplines de spécialités).


Par leur présence soutenue dans la maquette de cours des étudiants, et donc dans la part importante de notre vie que nous passons au Conservatoire, ces professeurs assurent une continuité forte, à la fois pédagogique et de présence humaine, dans un parcours d’étude où les jeunes musiciens sont continuellement confrontés au doute, à la remise en question, à la solitude ; tandis que d’autres professeurs mènent une carrière extérieure au Conservatoire (de soliste ou de musicien d’orchestre, ayant par conséquent à offrir sous un angle différent un autre type d’expérience — tout aussi précieuse — aux étudiants) avec une présence plus ponctuelle au conservatoire ; nous voulons souligner l’importance de ces autres enseignements pédagogiques dans la construction et le renforcement de nos identités musicales. 

Ainsi, au moment-même où le conservatoire se dote d'un "campus en ligne” intitulé “Le conservatoire augmenté”, nous souhaitons exprimer notre inquiétude sur le risque de disparition de nos enseignements complémentaires (au cœur d’un échange réel de professeur à étudiant, incontournable dans les métiers d’interprète et d’artiste en général), et sur le risque de précarisation de nos enseignants au profit de cours en ligne.


Mais surtout, aujourd’hui, nous sommes alertés de la mise en danger de la possibilité pour nos professeurs d’assurer l’enseignement conjoint de plusieurs disciplines sous forme d'heures supplémentaires. Il nous semble pourtant que par leur capacité à conjuguer au quotidien différentes approches de la musique à la fois dans leurs pratique et leurs enseignements, ces professeurs nous enseignent surtout la réalité du métier de musicien dans le monde du travail que nous aurons à intégrer à la suite de nos études : un métier requérant une très rare capacité d’adaptation et de polyvalence, autant dans l’enseignement que dans la vie d’interprète, carrières auxquelles s’ajoutent de plus en plus souvent missions de médiation, écriture d’arrangements, de programmes... 

Certains de nos professeurs, que nous considérons comme des piliers dans les études que nous poursuivons, pourraient donc être privés de partager l’entièreté de leurs pratiques musicales qu’ils conjuguent à des niveaux techniques et musicaux hors pairs — ceci constituant absolument à nos yeux une des spécificités, voire des plus grandes richesses du CNSMD de Paris.

 

Nous, étudiants et anciens étudiants du CNSMDP, demandons par cette pétition à la direction du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris de garantir la possibilité d’heures supplémentaires en adéquation avec l'intérêt pédagogique et organisationnel des départements et les attentes des étudiants, pour tous nos professeurs, dont la qualité du travail et de l’investissement est digne du métier humain, sensible, auquel nous nous destinons — et dont la direction ne peut ignorer la réalité sans cesse bouleversée aujourd’hui. Nous lui demandons également de veiller à ne pas sacrifier le rapport humain étudiant-professeur, inestimable et incontournable dans l’apprentissage de nos disciplines, au profit de cours en ligne dans un enseignement plus « dé-matérialisé » qu’augmenté.

Cela afin de nous permettre de profiter pleinement du rayonnement d’un enseignement à la hauteur de l’institution à laquelle nous sommes redevables pour ce qu’elle nous a permis, et nous permettra, à ces conditions, dans notre futur de musiciens.


Cette pétition sera envoyée à Emilie Delorme, directrice du CNSMDP ; 

au Ministère de la Culture ;


ainsi qu’à tous les enseignants du CNSMDP, en signe de soutien et de confiance.

 

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Le problème

Etudiants du CNSMDP : la qualité de nos cursus est en danger !

 

En ces jours où se tient un colloque international intitulé “Accompagnement, l’autre voix” au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, célébrant les accompagnateurs, chevilles ouvrières de tout enseignement supérieur de la musique — encore indignement payés, considérés et protégés par notre établissement —, un autre point de gestion du personnel pédagogique du Conservatoire nous inquiète particulièrement : le traitement réservé à nos professeurs de disciplines complémentaires (musique de chambre, écriture, analyse, initiation à l’histoire de la musique, formation musicale, écriture-arrangement, improvisation à l’orgue, etc…). 

 

Lors des études au Conservatoire, les étudiants se voient proposer un parcours complet incluant des cours de spécialité ainsi que des disciplines complémentaires. Ces cours sont dispensés par des professeurs au talent pédagogique éprouvé, employés en tant que contractuels de la fonction publique, tous non titulaires, en CDD ou CDI.


Ces professeurs de disciplines complémentaires sont d’autant plus précieux pour les étudiants qu’en plus de la qualité  exceptionnelle de leurs enseignements (qui fait du CNSMDP l’un des meilleurs établissements d’enseignements artistique au monde), ils peuvent être des ressources capitales dans nos études de par la multiplicité des disciplines qu’ils sont pour certains amenés à enseigner — parfois un cours de spécialité en tant que professeur d’une classe d’instrument, ainsi que des cours de musique de chambre ; ou bien deux disciplines complémentaires en parallèle telles que l’écriture musicale et l’analyse (le tout donnant des outils essentiels pour aborder le métier de musicien, ou débouchant sur les concours d’entrée dans les cycles supérieurs d’écriture, d’analyse ou de musique de chambre, qui peuvent être suivis en tant que disciplines de spécialités).


Par leur présence soutenue dans la maquette de cours des étudiants, et donc dans la part importante de notre vie que nous passons au Conservatoire, ces professeurs assurent une continuité forte, à la fois pédagogique et de présence humaine, dans un parcours d’étude où les jeunes musiciens sont continuellement confrontés au doute, à la remise en question, à la solitude ; tandis que d’autres professeurs mènent une carrière extérieure au Conservatoire (de soliste ou de musicien d’orchestre, ayant par conséquent à offrir sous un angle différent un autre type d’expérience — tout aussi précieuse — aux étudiants) avec une présence plus ponctuelle au conservatoire ; nous voulons souligner l’importance de ces autres enseignements pédagogiques dans la construction et le renforcement de nos identités musicales. 

Ainsi, au moment-même où le conservatoire se dote d'un "campus en ligne” intitulé “Le conservatoire augmenté”, nous souhaitons exprimer notre inquiétude sur le risque de disparition de nos enseignements complémentaires (au cœur d’un échange réel de professeur à étudiant, incontournable dans les métiers d’interprète et d’artiste en général), et sur le risque de précarisation de nos enseignants au profit de cours en ligne.


Mais surtout, aujourd’hui, nous sommes alertés de la mise en danger de la possibilité pour nos professeurs d’assurer l’enseignement conjoint de plusieurs disciplines sous forme d'heures supplémentaires. Il nous semble pourtant que par leur capacité à conjuguer au quotidien différentes approches de la musique à la fois dans leurs pratique et leurs enseignements, ces professeurs nous enseignent surtout la réalité du métier de musicien dans le monde du travail que nous aurons à intégrer à la suite de nos études : un métier requérant une très rare capacité d’adaptation et de polyvalence, autant dans l’enseignement que dans la vie d’interprète, carrières auxquelles s’ajoutent de plus en plus souvent missions de médiation, écriture d’arrangements, de programmes... 

Certains de nos professeurs, que nous considérons comme des piliers dans les études que nous poursuivons, pourraient donc être privés de partager l’entièreté de leurs pratiques musicales qu’ils conjuguent à des niveaux techniques et musicaux hors pairs — ceci constituant absolument à nos yeux une des spécificités, voire des plus grandes richesses du CNSMD de Paris.

 

Nous, étudiants et anciens étudiants du CNSMDP, demandons par cette pétition à la direction du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris de garantir la possibilité d’heures supplémentaires en adéquation avec l'intérêt pédagogique et organisationnel des départements et les attentes des étudiants, pour tous nos professeurs, dont la qualité du travail et de l’investissement est digne du métier humain, sensible, auquel nous nous destinons — et dont la direction ne peut ignorer la réalité sans cesse bouleversée aujourd’hui. Nous lui demandons également de veiller à ne pas sacrifier le rapport humain étudiant-professeur, inestimable et incontournable dans l’apprentissage de nos disciplines, au profit de cours en ligne dans un enseignement plus « dé-matérialisé » qu’augmenté.

Cela afin de nous permettre de profiter pleinement du rayonnement d’un enseignement à la hauteur de l’institution à laquelle nous sommes redevables pour ce qu’elle nous a permis, et nous permettra, à ces conditions, dans notre futur de musiciens.


Cette pétition sera envoyée à Emilie Delorme, directrice du CNSMDP ; 

au Ministère de la Culture ;


ainsi qu’à tous les enseignants du CNSMDP, en signe de soutien et de confiance.

 

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Pétition lancée le 9 décembre 2024