La démission du ministre de l'Éducation Jean-François Roberge

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L’organisation du ministre de l’Éducation au service de la désorganisation scolaire.

Depuis le 12 mars 2020, les élèves, les parents et les acteurs du milieu de l'éducation vivent une saga sans précédent. On ferme les écoles pour une journée, puis on donne congé jusqu'au 3 avril. On nous dit d'attendre jusqu'au 4 mai, que c'est encore congé, "mais si les profs peuvent faire quelque chose, ce serait sympa, mais c'est sur une base volontaire". Puis on nous dit qu'on réouvrira éventuellement avant le 4 mai pour finalement apprendre que les écoles du Grand Montréal ne rouvriront pas et qu'aucune école secondaire du Québec ne rouvrira ses portes aux étudiants. 11 mai... 19 mai... 25 mai... parents et enseignants ont maintenant l'obligation de "fréquentation scolaire des enfants"...1er juin... 8 juin... "camps pédagogiques". Chaque semaine parents, enseignants et organisations scolaires attendent une décision claire du Ministre pour savoir sur quel pied danser. L'école à distance ? D'accord... mais comment on gère les familles allophones, comment on fait avec les élèves qui n'ont pas d'ordi ni de tablette (ça fait plus d'un mois que les demandes ont été faites, et certains élèves sont encore sans outil techno) ? Comment on fait quand on doit apprendre à utiliser de nouveaux outils du jour au lendemain, quand on nous interdisait d'aller chercher notre matériel, quand on n'arrive pas à rejoindre les familles... Bref... comment fait-on des miracles sans baguette magique ? 

Et la cerise sur le gâteau, l'annonce des fameux "camps pédagogiques", apprise en premier dans les médias le 1er juin au soir qui a soulevé une nouvelle vague d'incompréhension et d'incertitudes. Quels élèves ? Quelles écoles ? Quels titulaires vont devoir perturber toute la routine finalement installée après des semaines de remaniement acharné ?

Suivre les directives de la santé publique est une chose, mais dire tout et son contraire sans réfléchir aux impacts sur le terrain est un facteur anxiogène et provoque un climat d'instabilité émotionnelle d'un grand nombre.

Ça ce n'est que la saga COVID, et que dire du PL40 qui est passé sous bâillon et dont les quelques 300 articles nous ont fait peur et nous ont détournés de leurs vraies intentions : abolir la démocratie scolaire. Ce n'était pas une question financière, c'était en tout point une façon de recentraliser le pouvoir et priver les membres de la communauté de leur voix. "Le taux de participation aux élections était très faible", certes, mais les commissaires étaient parmi les seuls à avoir un poids pour  défendre les intérêts des milieux scolaires en termes de réfection des bâtiments, de sécurité aux coins des rues pour les élèves piétons ou simplement en termes de lien entre la communauté éducative et les citoyens du quartier.

Comment est-ce que le ministre de l'Éducation peut sans gêne "offrir" de donner le minimum à ceux qui forment l'avenir de notre société et qui doivent toujours faire plus avec moins ? On parle d'Éducation, de valeurs, de conditions de travail adéquates, de reconnaissance... pas d'argent.

De plus, les décisions changeantes du ministre et les modalités d'application des directives qui varient d'une commission scolaire à l'autre, provoquent une énorme disparité au niveau de l'interprétation des "directives" des directions d'établissements qui ont des exigences qui diffèrent d'un milieu à l'autre.

M. le ministre est le maitre à bord, il devrait être un leader. C'est lui qui a choisi d'être au Ministère. Je doute qu'on l'ait forcé ! Au lieu de ça, il délègue sans se préoccuper des impacts et de l'effet domino. Je me demande ce que M. Ministre dirait s'il naviguait encore avec nous et qu'il n'avait pas quitté le navire. Où est son intégrité ?

Les enseignants apprennent d'abord les nouvelles dans les médias, par la Presse, par Facebook ! En même temps que les parents. Nous recevons par la suite des lettres des DG des C.S qui sont plus vagues que l'océan Pacifique sans proprement informer leurs directions avant, ce qui crée encore des inquiétudes. Aucune communication avec les syndicats, aucune compassion, aucune reconnaissance.

Et les parents dans tout ça, qui doivent se réinventer enseignant d'un jour, qui doivent jongler avec leur télétravail et les vidéoconférences de leurs enfants et qui eux aussi sont dans l'attente d'une vraie ligne directrice...

Plus de Commissaires, il incombe donc au ministre de donner des directives claires, sensées et qui prennent en compte la réalité des milieux scolaires.

L'école réinventée tous les jours, n'importe comment, sans les outils nécessaires, en mettant le poids de l'Éducation sur les épaules des enseignants et des profs...? ÇA SUFFIT ! En faisant des parents de nouveaux "experts de l'Éducation" temporaires, en nous imposant des cadres de plus en plus restreints, en créant de plus en plus de classes combinées, en ayant des classes surchargées avec des locaux pas toujours adaptés, en voulant ajouter des heures de classe (au secondaire), en coupant les budgets d'année en année et en n'ayant aucune discussion de bonne foi avec nos syndicats, vous ne faites qu'envenimer une situation qui est déjà au bord de la crise. On est à bout ! Et que dire de vos offres patronales immondes et irrespectueuses ...

Où est passé le désir du gouvernement de revaloriser la profession et d'attirer une relève enseignante en améliorant nos conditions de travail et donc, à fortiori, les conditions d'apprentissage des élèves ?

À QUAND UN MINISTRE DE L'ÉDUCATION QUI AURA VRAIMENT À COEUR L'ÉDUCATION ET CEUX QUI EN SONT LES ACTEURS ???

Bien que sa gestion de la crise COVID au niveau de l'Éducation soit plus que discutable, c'est pour son manque d'égard, de considération et de respect pour la profession (dont il faisait partie) que je demande sa démission. 



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