Réforme du CAPES Lettres Modernes: contre la disparition de la littérature médiévale

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Lettre ouverte au Ministre de l'Education nationale contre la disparition de la Littérature médiévale du programme du concours du CAPES Lettres

Monsieur le Ministre,

Nous avons pris connaissance du projet d’arrêté fixant les modalités d'organi­sation des concours du certificat d’aptitude au professorat du second degré. Pour la section Lettres modernes, nous avons constaté que les textes médiévaux sont désormais écartés du programme de l’épreuve disciplinaire appliquée, étant donné que les textes seront choisis dans la période allant de la Renaissance à nos jours.

En tant que membres de la Société Internationale de la Diachronie du français, français et étrangers, et professionnels de la discipline qu’est l’histoire de la langue française, depuis ses débuts jusqu’à l’époque moderne, nous sommes consternés que la France ne valorise plus, à travers l’enseignement, ce pan de sa littérature nationale, qui a été une source d’inspiration pour les littératures de l’Occident au moyen âge. Nous sommes pourtant convaincus que même les jeunes élèves sont réceptifs à la beauté des textes médiévaux, qui permettent de découvrir l’imaginaire médiéval et la société médiévale, et notamment les valeurs chevale­resques, la fin’amor, et qui sont également formateurs pour comprendre les mécanismes de changement ayant conduit au français moderne, tout comme les archaïsmes qui subsistent jusqu’à nos jours.  Ces textes médiévaux nous semblent donc devoir faire partie intégrante du patrimoine culturel et intellectuel auquel doit donner accès l’enseignement.

Pour cette raison, nous trouvons indispensable que l’analyse grammaticale des textes médiévaux continue à faire partie du bagage disciplinaire du professeur de Lettres du second degré et, partant, aussi du programme du concours destiné à le recruter.  Nous vous prions donc avec insistance de modifier l’arrêté dans ce sens et de ne pas limiter le programme du concours à la littérature de la Renaissance à nos jours, mais de donner à la langue et la littérature médiévales la place qu’elles méritent.

Nous vous remercions d'avance de l'attention que vous voudrez bien consacrer à cette lettre, et nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre respect et de notre dévouement,

Anne Carlier
Professeur à Sorbonne Université
Présidente de la Société internationale pour la Diachronie du Français 
Membre de l'Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique

Au nom de la Société internationale pour la Diachronie du Français https://diachronie.org/