

Bonjour à tous,
Depuis maintenant une décennie entière que nous portons des revendications vitales pour l'avenir des petits cheptels de volailles, la Pétition Vaccins Volailles ayant été lancée en 2013 soit trois quinquennats successifs, en ayant pris le soin de proposer des possibilités d'action concrètes et pratiques, nous n'avons toujours pas été entendus. Sauf par quelques Députés et Sénateurs que nous ne remercierons jamais assez d'avoir été les seuls à intervenir officiellement, à plusieurs reprises, par questions écrites au Gouvernement. Ce qui malheureusement jusqu'ici a seulement permis qu'on nous réponde, à chaque fois par les autorités de ce pays, qu'elles étaient bien conscientes du problème et étudiaient la meilleure façon d'y apporter des solutions.
Leurs hautes réflexions, quelles qu'en soient les raisons de fond, semblent bien lentes ! Puisque rien n'a changé depuis, les vaccins pour volailles ne sont toujours produits et homologués par l'Agence Nationale du Médicament Vétérinaire ( ANSES-ANMV ) qu'en méga-conditionnements de 1.000, 10.000 ou 20.000 doses unitaires, à des tarifs inabordables pour la plupart des petits éleveurs familiaux de volailles.
Sont donc concernés par ce scandale toujours aussi impensable, d'une part les petits éleveurs familiaux de loisir de volailles, dans un objectif d'auto-production d'oeufs de consommation, mais aussi pour la fertilisation naturelle de leurs potagers, ou encore pour l'aspect ludique et pédagogique de ce hobby très partagé en France. Notamment pour l'intérêt qu'il représente dans la formation des jeunes générations, ce qui très loin des jeux vidéos violents qui les maintiendraient parait-il dans un monde virtuel qu'ils reproduiraient ensuite dans nos rues, peut au contraire participer grandement et sainement à leur éducation, leur occupation, dans une activité concrète, pratique, responsabilisante à même de développer intelligemment leur rapport à la nature et à l'animal.
Ou qu'ils soient, au contraire, éleveurs amateurs sélectionneurs de races pures anciennes de volailles, organisés depuis des décennies en clubs et associations, les plus anciennes sociétés d'aviculture de sélection remontant, en France, à la seconde moitié du 19 ème siècle. C'est grâce principalement à ces éleveurs amateurs passionnés que, jusqu'ici, la plupart de nos races anciennes pures régionales de volailles ont pu être préservées. Elles représentent un patrimoine national et mondial vivant tout autant irremplaçable que fragile, cette biodiversité domestique pourtant essentielle à conserver pour l'avenir.
Or, pendant que ce problème pratique de non-disponibilité des vaccins aviaires pour les petites structures n'est toujours pas solutionné, en parallèle, le contexte législatif toujours plus contraignant n'a fait que dangereusement enfler. Ainsi, quand on inventorie, ce que plusieurs d'entre-nous font inlassablement au travers des différentes structures représentatives de l'aviculture amatrice, les différentes introductions successives légales et réglementaires, on en conclue que tous ces obstacles administratifs supplémentaires tendent toujours plus à nous faire disparaître en ne faisant que compliquer nos activités.
Tous ces handicaps légaux nouvellement imposés, ne faisant donc que s'ajouter à cette non disponibilité chronique des vaccins avicoles en petits dosages unitaires sur le marché français. Alors que c'est un élément central, aucun scientifique avisé et intellectuellement honnête ne pourrait le contredire, pour leur survie, le respect de leur santé et du bien être de ces petits cheptels animaux. Enfin, le contexte de méga-inflation que nous subissons rend de plus en plus coûteuse l'alimentation des animaux. Résultat, les clubs avicoles font état d'une perte de 60 % de leurs adhérents qui conservaient des souches uniques, au cours des derniers mois !
C'est pourquoi, avant d'aborder la différence de prix exorbitante et démesurée sur les vaccins volailles, que nous avons pu constater entre la France et les États Unis d'Amérique pour des vaccins produits par les mêmes laboratoires pharmaceutiques vétérinaires, je ferai encore un léger écart nécessaire sur ce sujet des nouvelles réglementations. Puisque la Pétition Vaccins Volailles étant maintenant diffusée dans le monde entier en quatre langues principales, cela nous a permis la mise en place de contacts actifs avec nos collègues éleveurs familiaux américains de races anciennes pures de volailles.
Car, ces réglementations, toujours présentées comme des « progrès », sont cependant perçues par une majorité grandissante de citoyens comme tout simplement exagérément contraignantes, inutilement strictes et surtout foncièrement liberticides. Même lorsqu'elles sont d'origine Européenne, cet activisme dépassant bien évidemment le cadre de nos frontières, pendant que la transposition de ces règles dans notre droit national laisse bien souvent transpirer un excès de zèle propre et particulier à la France. Comme si, se voulant toujours plus exemplaires, nos hautes administrations en rajoutaient des couches de détails et de complications, au lieu de simplifier, temporiser, oubliant souvent de judicieusement nuancer selon la diversité des besoins de terrain, comme nous allons tenter présentement de le démontrer à nouveau.
Ainsi, c'est au nom d'une certaine « conception » délétère de la protection du bien être animal, bien subjective, orientée pour ne pas dire partisane et sacrément unilatérale dans l'analyse pour le coup, que depuis le 1er juillet 2023, s'appliquent les décisions prises dans la loi du 30 novembre 2021 qui modifie l'article L 214-8 du Code Rural. Depuis cette récente date donc, les éleveurs « particuliers » de volailles, nous-mêmes les milliers de petits éleveurs familiaux qui ont protégé pendant tant d'années toute la richesse et la biodiversité de nos races anciennes de volailles, n'avons plus le droit de passer des annonces sur les sites internet pour vendre les sujets que nous ne conservons pas pour la sélection et la reproduction de nos souches ! Non, nous devons les donner ou les échanger !
Nous avons par contre toujours « le droit » de continuer à faire tourner les jardineries, « professionnelles » ou coopératives agricoles elles, d'y acheter des aliments enregistrant 50 % d'augmentation depuis deux ans, pour nos poussins, jeunes poulets, nos reproductrices, des mangeoires, des abreuvoirs, des couveuses pour faire naître, etc, etc … Nous avons de même « toujours le droit » d'acheter planches, grillages et quincailleries pour construire nos poulaillers, si on ne se fournit pas avec des modèles clefs en mains dans les mêmes jardineries, et ainsi assurer le logement décent et la protection de nos rares animaux, etc, etc, etc …
Plus "croustillant" encore, et c'est d'ailleurs bien là que la bât blesse insidieusement. Les particuliers qui s'adonnent au loisir de l'élevage des poules dans leurs jardins, pas les éleveurs amateurs sélectionneurs membres de clubs avicoles qui conservent les souches parentales de races pures anciennes, même si nous sommes nous aussi considérés dans la loi comme des "particuliers" malgré le fait que notre activité fondamentale est depuis longtemps reconnue d'utilité publique, pourront continuer d'acheter aussi des poules dans les dites jardineries "professionnelles". Ce qui ne fera qu'entretenir et soutenir les ventes de petit matériel d'élevage et d'aliments, dans ces commerces spécialisés.
Mais ils n'auront le choix que d'acquérir des sujets de souches hybrides produites par des éleveurs professionnels qui alimentent ces jardineries. En poules dites "type Marans", "type Sussex", "type Coucou de Rennes", etc, etc ... Et non pas des sujets de races pures fixées et donc reproductibles. S'ils font reproduire ces sujets hybrides ayant un phénotype, un aspect, se rapprochant de nos races anciennes, en deuxième génération, dans la descendance, ils obtiendront toute une panoplie de sujets disparates, sans homogénéité. Les professionnels qui livrent ces poulettes hybrides par centaines à ces commerces animaliers, n'élevant pas de souches parentales de reproducteurs et se fournissant en poussins par milliers auprès des grands couvoirs professionnels. Vu le nombre d'animaux par centaines qu'ils élèvent avant de les acheminer précocement à un âge moyen de 16 semaines, soit 4 mois seulement, vers ces jardineries professionnelles, ils ne seront pas par ailleurs confrontés au même problème de rentabilité en acquérant des vaccins en flacons de 1.000 doses, le coût unitaire par animal hybride vacciné restera faible.
C'est bien ainsi "la meilleure façon", sans vraiment trop le dire et en jouant sur le manque d'information des consommateurs, de tirer un trait définitif sur l'aviculture amatrice de sélection organisée en Clubs Avicoles, qui préserve les derniers joyaux de nos races anciennes pures. Et donc, mécaniquement, sur toute notre biodiversité génétique en volailles ancestrales. Que bientôt, "grâce" à cette supercherie sournoisement organisée, ce stratagème diabolique, avec "l'appui et l'aide" de cette dernière loi qui s'applique depuis le 01/07/2023 et qui ne vise que les "particuliers" que nous sommes, qu'au nom d'une prétendue conception de la "protection du bien être animal", vous n'aurez plus à terme l'occasion que de les admirer dans les musées, en images et en animaux de races pures anciennes empaillés !
Enfin, si je puis dire, sans oublier encore, puisque nous sommes donc juridiquement responsables de la santé et du bien être de nos animaux, ce qui va naturellement de pair, même si nous ne sommes donc que des "particuliers", nous aurons toujours "le droit" et même le devoir de nous fournir en produits vétérinaires chez nos vétos praticiens.
Si bien sûr, nous avons fait réaliser au préalable le Bilan Sanitaire Annuel de l'élevage par un vétérinaire pour un montant d'environ 100 € par an. Suite à l'application depuis quelques années du Décret Prescription Délivrance, qui nous oblige à faire réaliser cette visite annuelle des élevages, bien utile j'en conviens, pour ensuite avoir le « droit d'acheter » et de se faire prescrire des médicaments vétérinaires dont les vaccins, à des prix astronomiques. Puisque là, aucune loi ou réglementation n'a été ni prévue ni discutée à l'inverse par notre vertueux Etat et nos législateurs, pour obliger et contraindre ne serait-ce que par souci de cohérence sanitaire, comme nous le demandons en vain depuis 10 années au travers de la Pétition Vaccins Volailles, les firmes pharmaceutiques vétérinaires et les centrales d'achat de la corporation vétérinaire, à les prévoir aussi en conditionnements et à des tarifs adaptés à la taille de nos petites structures d'élevage en volailles. En respect, à bon droit, des différentes lois et réglementations déjà en vigueur ayant trait au respect du bien être animal, d'une part. Mais aussi en vertu des engagements internationaux pour lesquels la France a apposé sa signature, nous y reviendrons.
De nombreux vétérinaires signataires de la Pétition Vaccins Volailles, ceux courageux qui ont souhaité briser l'omerta ambiante, indignés, parlent donc d'incohérence sanitaire. C'est tellement évident !
Cette interdiction et limitation nouvelle qui nous est donc faite depuis ce mois de juillet 2023, dans la diffusion de nos animaux en tant que "particuliers" avec pour motif légal le respect du bien être animal, malgré la demande forte en sujets de races pures anciennes qui alimente tout un secteur, intervenant de plus alors que nos traditionnels Concours et Expositions Avicoles sont annulés régulièrement tous les ans.
A juste titre, certes, par précaution à cause de la pandémie grippe aviaire, ceci d'autant plus tant que le vaccin contre cette maladie n'est pas non plus disponible officiellement pour les petits élevages !
C'est ballot, qui l'eût cru possible, tant d'inconséquence ! Pendant que nous n'avons donc plus cette possibilité habituelle qu'offraient nos manifestations avicoles ancestrales pour céder des reproducteurs confirmés de nos races pures. Et donc pour être totalement précis au cas ou certains lecteurs auraient du mal à le croire, nous répétons bien qu'en parallèle des contraintes sanitaires qui provoquent l'annulation de nos Expos Avicoles, depuis plusieurs années, comme un mal supplémentaire, tout aussi administratif qu'impromptu celui-ci, maintenant nous ne pouvons plus passer d'annonces en ligne sur le net pour tenter de trouver une autre voie pour commercialiser, céder, une partie de nos petites productions.
Pour essayer de survivre donc, et les races anciennes de volailles que nous préservons avec. Nos valeureux législateurs et hautes administrations ne se seraient-ils pas comportés ici outrancièrement, aveuglément, bêtement, sans tenir compte de la situation réelle du moment ? A l'image quelque part de ces groupes activistes végans anti-élevage, ceux manquant de modération, et peut-être d'ailleurs sous leur influence constamment relayée elle par nos médias. Ceux là même, extrémistes, qui attaquent et détruisent prioritairement les petites boucheries traditionnelles ? Alors qu'elles participent au maintien de filières d'élevage qualitatives, celles de nos races animales qui furent longtemps la fierté et le rayonnement de la France.
Pendant que ces mêmes « militants » anti-élevage ne s'approchent pas, par contre, des grands supermarchés qui favorisent une part de viande industrielle plus importante quand elle n'est pas d'origine importée. Dans ce charmant pays ce sont donc toujours les petites structures qui sont visées, « suspectées », délaissées et attaquées prioritairement ! Ici, les éleveurs « particuliers » que nous sommes qui n'avons donc plus « le droit » que de donner nos animaux pour tenter d'équilibrer la faible trésorerie de nos petits élevages.
C'est en effet bien connu, les grands élevages industriels « professionnels » de dizaines de milliers de poulets qui fleurissent dans nos campagnes, sous autorisation préfectorale spéciale puisqu'ils ont, de plus, un impact négatif et énergivore sur l'environnement alors qu'ils sont par ailleurs très fragiles sur le plan sanitaire, la récurrence continue des épisodes de grippe aviaire qui touche prioritairement ces filières longues capitalistiquement intégrées ne pouvant que nous le rappeler.
Leurs poulets, de souches hybrides plus productives, puisque ce ne sont pas eux qui ont jamais conservé l'essentielle biodiversité génétique en volailles de races pures anciennes, entassés sur des faibles surfaces dans une très forte densité et ne voyant que rarement le jour, ce qui n'est pas vraiment compatible avec la notion de « respect du bien être animal » même s'ils ont le titre de « professionnels », seraient du reste assez souvent contaminés par les bactéries escherichia coli. Certains éleveurs professionnels ayant eu le courage dernièrement, d'avouer dans nos médias à visage flouté cependant, qu'ils en étaient réduits à les bombarder d'antibiotiques dans les cas de contamination les plus extrêmes de la naissance jusqu'à l'abattage. Ce qui est totalement illégal et prohibé et participe à la survenance d'antibiorésistances en santé humaine.
C'est du délire politico-administratif, irréaliste, idéologique, discriminatoire, partial et subjectif, intéressé à tous les sens du terme. Cachant très mal l'intention de limiter la passion de l'élevage familial en France, l'auto-production, les circuits courts, alors que cela concerne potentiellement des dizaines de milliers de citoyens, notamment dans la ruralité.
Mettre tous les œufs dans les mêmes paniers, au nom d'une certaine idée de la répartition et de la concentration des richesses, est non seulement malsain mais surtout imprudent et fragile. Au mois de janvier dernier, dans les Deux-Sèvres, un méga-élevage industriel de 290.000 poules pondeuses a du être entièrement euthanasié. Et il a fallu 10 jours pour réaliser ce carnage, suite à l'apparition de la grippe aviaire qui s'est ici propagée telle une flambée de poudre !
Avec ensuite les répercussions pour les consommateurs dans les étalages par une flambée tout aussi certaine elle aussi du renchérissement du prix des œufs de consommation. Voilà où nous mènera la fascination technocratique et capitalistique triomphante pour le gigantisme et la démesure, l'appât du gain : dans une impasse mortifère que Reine Nature saura toujours rappeler à l'espèce bien prétentieuse, vaniteuse et inconsciente que nous pouvons être !
Pourtant, dans le même temps, les mêmes législateurs ont voté la fort utile Loi n° 2021-85 du 29 janvier 2021 visant à définir et protéger le patrimoine sensoriel des campagnes françaises. Dont le chant du coq et donc l'élevage familial de nos races anciennes de volailles, un coq ne pouvant décemment rester sans poules, il en deviendrait neurasthénique jusqu'à trépasser. Ce qui ne serait certes pas, pour le coup, conforme au respect de son « bien être » ! Que comprendre dans cet embrouillamini législatif et réglementaire ? Tout d'abord qu'il n'y a aucune cohérence avec des lois en complète contradiction de sens, et que surtout certains élus éclairés de la nation font tout pour défendre nos patrimoines, pendant que d'autres s'évertuent à tout tenter pour les détruire ! Un schisme total si caractéristique de la dérive et du déclin profond du pays, et peut-être de l'Europe, à des degrés divers sans doute aucun !
Déjà que ce sombre réquisitoire s'allonge, je ne ferai donc pas, volontairement, l'inventaire exhaustif de toutes les incohérences législatives et réglementaires qui nous accablent en permanence, tellement elles sont nombreuses et répétées, que ce soit sur le plan sociétal, social ou économique du reste ….. Mais je tiens à redire, à affirmer avant de conclure cet attristant chapitre, pour que ce soit bien clair sur le ressenti qui plane dans la nation, que cet état de fait détruit beaucoup des fondements de ce pays.
Qui ne produit de plus en plus que des lois et des concepts foireux surnuméraires. La bureaucratie devant contrôler ensuite la « mise en place » en ne cessant par ailleurs de gonfler dangereusement.
Toutes les fédérations de l'aviculture amatrice de sélection et de loisir se sont pourtant battues officiellement depuis des années. Comme la Société Centrale d'Aviculture de France ( SCAF ), comme son corps technique pour les volailles, la Fédération Française des Volailles (FFV), comme la Fédération ProNaturA France, organisations représentatives qui fédèrent les milliers d'éleveurs amateurs et leurs clubs en France, et qui n'ont jamais cessé de prévenir, en vain, les législateurs et l'exécutif sur toutes ces dérives plus que contre-productives en préparation.
Il est en effet tout de même pour le moins « curieux », que la Société Centrale d'Aviculture de France qui est reconnue d'utilité publique par un décret ministériel depuis le 16 juillet 1912, en des époques où nos édiles étaient probablement plus éclairés, doive constater aujourd'hui, dans l'esprit des lois de notre triste réalité contemporaine en pleine dérive démagogique, que seuls les éleveurs « particuliers » qui la composent, ses adhérents des centaines de clubs avicoles, soient suspectés de ne pas respecter le bien être animal.
Revenant, enfin, sur le sujet central du jour, énorme, celui de la comparaison des tarifs des vaccins avicoles entre la France et les USA, je vous apprendrai ceci. Aux States, les vaccins avicoles sont d'une part plus facilement accessibles, commandables directement sur le net auprès de sociétés et distributeurs spécialisés du monde vétérinaire. Et, chez eux, ils peuvent s'acquérir, de plus, en des volumes et tarifs adaptés à la taille de toutes les structures d'élevage, comme les petits éleveurs familiaux sélectionneurs de races anciennes de volailles.
Un seul exemple, avec le vaccin contre le virus la Maladie de Marek très répandue, que l'on doit appliquer dès la naissance sur les poussins, sans rappel ils sont ensuite vaccinés à vie. Et bien aux USA on peut commander sur ces sites 1 flacon de vaccin Marek vivant atténué plus le solvant nécessaire à son application pour un montant de plus ou moins 27 € selon les fournisseurs.
Le même vaccin en France, fabriqué du reste par le même laboratoire mondial, ne peut se commander chez nos vétérinaires via leurs centrales internes d'achat, qu'en boites de 10 flacons de 2.000 doses, soit 20.000 doses, au tarif sidéral et astronomique de 380 € avec les 10 outres de solvant correspondantes !
27 € aux USA, 380 € en France, la belle affaire ! Soit 14 fois plus coûteux chez nous qu'aux States, ou encore 1307 % de différence sur ce vaccin en notre défaveur. Inutile de faire une comparaison exhaustive avec d'autres vaccins avicoles aux États Unis d'Amérique, c'est en règle générale la même conclusion et incompréhensible constatation à laquelle nous serons réduits. C'est ainsi, peu ou prou, sur toute la gamme et la panoplie des vaccins avicoles ! Nous savions déjà que les produits vétérinaires avicoles étaient entre 300 % et 1000 % moins chers en Espagne qu'en France, en plein cœur de notre grande et si équilibrée Europe, et là, ça se confirme bien, le « cas particulier » de la France. Pourquoi ? Nous avons bien des économies et des Constitutions comparables, me semble t-il ?
En tant que petit éleveur amateur naisseur sélectionneur reconnu par nombreux de ses pairs, pour son expérience, sa constance et sa ténacité, toujours présent ou pas très loin, depuis maintenant 15 années auprès des mes volailles Marans que chaque saison je fais reproduire et élève. Dans l'espoir d'obtenir à chaque génération des sujets plus typés et caractéristiques de cette race fermière que je développe. C'est un long chemin, une passion exigeante et beaucoup d'éleveurs amateurs attendent de pouvoir protéger préventivement le fruit de leurs constants efforts, sans angoisse de tout perdre, avec un jour la possibilité de se fournir en vaccins à des tarifs abordables. Pour ce faire j'ai dépensé une énergie folle en parallèle depuis 10 années pour mieux soulever publiquement ce problème majeur, depuis 2013 en lançant la Pétition, n'ayant jamais imaginé à l'époque qu'après autant de temps j'y serais encore, sur un simple problème de taille des conditionnements.
Alors, effectivement, je vais vous l'exprimer clairement ma colère, au nom de tous, sans retenue aucune. Sans rien casser, si ce n'est par les mots, toujours dans une démarche citoyenne et républicaine. Proprement, ce qui ne coûtera pas des milliards de dégâts à notre collectivité, trop souvent impassible et immature face à cette réalité comme à d'autres. Puisque, en effet, j'en suis déjà à des milliers d'euros dépensés en vaccins et produits vétérinaires tout au long de ces dures années, pour protéger mon tout petit élevage et mon travail fondamental qui conserve pourtant des trésors de notre patrimoine avicole. Ça n'incite donc surtout pas au politiquement correct, aux fadaises. Avec autant d'argent dépensé en pure perte et gaspillage dans des vaccins surnuméraires, certainement que mes installations d'élevage seraient mieux développées ainsi que, justement, le "bien être" de mes animaux et leur sécurité bien mieux assurés ! Je prends donc tout ceci pour du mépris total face à nos conditions d'exercice, exécrables et périlleuses. Ce qui ne peut qu'être résolument et constamment dénoncé, dans l'espoir que ce soit enfin résolu. Alors je le fais, inlassablement depuis tant d'années ! Car j'apporte une importance primordiale à la préservation de la santé et de la productivité des mes rares reproducteurs sélectionnés, si difficiles à obtenir. Tout comme à la qualité sanitaire de mes productions que je peux proposer à la cession pour d'autres sélectionneurs de la même race, ce qui engage ma notoriété.
Pourtant, par l'usage des vaccinations dans les petits élevages sélectionneurs de races anciennes de volailles, si elles étaient enfin démocratisées et rendues possibles pratiquement en France, nous pourrions limiter grandement les risques de transmission de maladies contagieuses d'un élevage à l'autre. Avec les pertes catastrophiques que cela peut engendrer, développant ensuite reproches, réclamations, discorde. Déstructurant d'autant les échanges et les rapports entre éleveurs au sein de nos Clubs et finissant de nous faire disparaître, les races uniques que nous conservons avec. Vous pensez que j'exagère ? Tous les chiffres de la baisse constante de nos activités, l'extinction progressive des Clubs Avicoles, faute d'adhérents, l'attestent. Et parce que dans de telles conditions moyenâgeuses, tant d'éleveurs débutants passionnés au départ, jeunes ou moins jeunes, renoncent. Dès qu'ils enregistrent des pertes, et la relève ne se fait plus. Pour beaucoup de races pures anciennes de volailles françaises, emblématiques, maintenant on les trouve plus facilement dans des pays étrangers, hors de nos frontières. Misère ! Honte à nous !
Car il est maintenant tristement clair, que dans d'autres pays développés fonctionnant avec des économies libres, « à priori » comparables à la notre, on ne peut que piteusement constater qu'ils n'ont pas atteint de tels niveaux d'incongruité, d'anachronisme et de cécité ! J'ai cité l'Espagne, les USA, je suis certain qu'en fouillant bien nous aurions d'autres surprises. Dans les couloirs des Ministères, ici, depuis des années on nous fait passer le message « qu'ils ne pourraient rien faire ». La vérité ne serait-elle pas de dire plutôt « qu'ils ne veulent rien faire » ?
Comme Saint Thomas, je n'ai envie de croire que ce que je vois ou constate ! Ainsi, la France a signé la Convention de Rio le 13 juin 1992, les États Unis d'Amérique le 4 juin 1993. Convention dans laquelle les états signataires s'étaient engagés à mettre en place des mesures pratiques pour protéger les espèces et races domestiques rares ou à faibles effectifs. Je constate donc pour le coup, que les USA ont été exemplaires, en permettant aux petits sélectionneurs de volailles de races anciennes, patrimoine national visiblement reconnu chez eux, de pouvoir protéger facilement leurs petits cheptels par les vaccinations préventives avec des prix abordables adaptés à la taille de leurs troupes et à leur trésorerie.
A l'inverse, en France, quand on étudie donc la disproportion de prix et de disponibilité en taille de conditionnements pour des vaccins avicoles produits par les mêmes laboratoires, ce qui fatalement démontre quelque part au passage qu'ils sont loin d'être les seuls responsables dans l'existence de cet état de fait, cela nous amène invariablement à nous interroger encore sur les intentions réelles et l'efficacité de nos hautes administrations. Pour mettre fermement « de l'ordre » dans ce marché cacophonique s'apparentant à de la prédation.
Ici on nous soupçonne donc jusque dans la loi, en tant que petits éleveurs « particuliers », sans régler nos problèmes pratiques avec les vaccins, de n'être pas assez conscients de la nécessité d'assurer le « bien être » de nos animaux que nous soignons tous les jours ! Ce patrimoine en si grave danger d'extinction. Aux USA on fait confiance et on soutient sans restrictions les mêmes petits éleveurs. On les honore même, pour l'identique au notre travail fondamental qu'ils portent.
Ainsi, dans l'adaptation nécessaire au monde d'aujourd'hui, si concurrentiel et mouvementé, j'en arrive au final à considérer que ce ne sont certes pas les citoyens français, d'autant plus quand ils proposent constamment depuis tant d'années des solutions pour régler les problèmes et y trouver une issue favorable, productive, partagée, constructive et équilibrée, qui seraient des Gaulois Réfractaires à tout changement. Mais peut-être bien plutôt ceux qui dirigent, gouvernants et hautes administrations, penseurs politiques, corporations et gros donneurs d'ordre détenteurs des outils de production, qui faisant preuve du plus grand immobilisme et conservatisme sont réellement les premiers Gaulois Réfractaires. Ils oublient notamment, que pour protéger leurs avoirs, ce n'est pas juste l'ordre qui y pourvoira, mais l'ordre juste.
Liberté, Égalité, Fraternité
Pour le Collectif Ruralité – Vaccins Volailles, Philippe CARASSOU, éleveur amateur naisseur sélectionneur en race Marans, Champion de France et Double Champion d'Aquitaine, Animateur de la Pétition Vaccins Volailles, Président du Conservatoire Avicole du Bouaou.