

Bonjour à tous,
Depuis plusieurs mois, nous suivions les travaux d'évaluation des nouveaux vaccins grippe aviaire. Quelques vaccins candidats étaient à l'étude sur le terrain et les autorités scientifiques ont maintenant validé leur efficacité.
Les négociations entre états européens ayant permis par ailleurs à la France, d'engager cette étude scientifique en partenariat avec deux laboratoires pharmaceutiques, afin de trouver une solution viable pour les aviculteurs autre que les abattages sanitaires massifs et systématiques qui n'ont jamais arrêté l'épidémie.
Nous sommes maintenant au stade de l'homologation de ces candidats vaccins, les dossiers de demande d'autorisation de mise sur le marché (AMM) étant à l'étude au siège de l'ANSES-ANMV, l'Agence Nationale du Médicament Vétérinaire.
Des informations suffisamment étayées commencent donc à filtrer. Elles sont terribles sur bien des points, comme nous le pressentions et le craignions, la main-mise du lobby agro-industriel est toujours prépondérante pour orienter les décisions gouvernementales.
Ainsi, le seul vaccin qui pourrait être utilisable techniquement par les petites structures d'élevage en volailles, parce-que c'est un inactivé injectable conservable à 4 °C contrairement aux autres candidats stockables dans l'azote liquide ce qui nécessite beaucoup de matériel coûteux, devrait s'appeler commercialement VOLVAC BEST AI. Il est proposé par le laboratoire allemand Boehringer Ingelheim.
Or, malgré une lutte informative et revendicatrice ininterrompue depuis 10 années, la Pétition Vaccins Volailles ayant été lancée en 2013, malgré le soutien de tous les Parlementaires qui sont intervenus à plusieurs reprises pour dénoncer la politique commerciale abusive des firmes pharmaceutiques qui ne proposent les vaccins aviaires qu'en méga-conditionnements de 1.000, 10.000 ou 20.000 doses unitaires, rien n'y fait, rien ne change, c'est toujours la même musique, la même farce !
Le VOLVAC BEST AI ne serait proposé sur le dossier d'homologation en cours, qu'en flacon de 1.000 doses et son tarif pourrait osciller entre 500 € et 2000 €. Ce qui est, bien évidemment, totalement inabordable pour les petits éleveurs qui conservent l'ensemble de nos races pures anciennes de volailles en petits cheptels familiaux. Seuls les grands éleveurs professionnels y auront donc accès, pourront conserver leurs cheptels de milliers de bêtes en systèmes d'élevage intensifs. Ceci d'autant plus, que dans un premier temps c'est l'État français qui paiera la facture de ces vaccins aux dits éleveurs professionnels, considérant que cela coûtera de toute façon moins cher à la collectivité et au budget de la nation, que les indemnisations pour abattages massifs.
Les petits éleveurs qui conservent l'irremplaçable multitude en races anciennes de volailles sont donc à nouveau sciemment zappés et oubliés, pour eux en cas de risque déclaré grippe aviaire ils auront toujours droit de voir leur génétique unique totalement anéantie par des abattages, sans aucune indemnisations financières, bien entendu !
On ne pourra pas dire pourtant que les autorités de ce vertueux pays n'étaient pas au courant, depuis le temps que nous informons et déplaçons les montagnes pour que cesse enfin cet inadmissible et impensable scandale, cette hérésie de la politique commerciale abusive des laboratoires avec les vaccins pour volailles. Puisque, rappelons-le, nous sommes bien dans un pays ayant signé la Convention de Rio en 1992, il y a donc plus de 30 années, dans laquelle les états signataires s'engageaient à mettre en place des mesures permettant de préserver les races animales domestiques anciennes à faibles effectifs et en voie de disparition progressive ! Sans parler de toutes les lois sur le bien-être animal qui s'appliquent et qui font, qu'en tant que petits éleveurs, nous sommes responsables légalement notamment de la santé des sujets animaux que nous conservons, alors que rien n'a jamais été fait pratiquement en parallèle pour rendre les vaccins aviaires accessibles aux petits élevages.
Beaucoup de citoyens n'en peuvent plus de toutes ces incohérences et inepties politiques et sanitaires. On les comprend dans un tel contexte, puisque rien ne tient la route, à force de ne jamais écouter les recommandations des gens de terrain, des clubs avicoles associatifs et des fédérations impliqués depuis tant d'années pour sonner l'alerte.
Autre exemple de ce que cela donne, le manque d'écoute de la part des administrations qui administrent ce pays croulant sous les lois, les normes et les réglementations souvent inapplicables surtout lorsqu'elles se contredisent, avec le cas du Décret Prescription Délivrance. Il paraîtrait, pour justifier toutes ces âneries qui ne trompent que les imbéciles et mieux masquer l'influence de l'agriculture industrielle dans cette nouvelle affaire, alors que ces systèmes surproductifs sont difficilement tenables à court terme sur le plan environnemental et sur celui du développement durable, que si les candidats vaccins Grippe Aviaire ne peuvent être prévus à la fabrication en petits conditionnements et octroyés légalement aux petits éleveurs de races pures patrimoniales, ce serait parce-qu'il n'y aurait pas assez de vétérinaires sur le terrain pour contrôler l'application d'une prophylaxie vaccinale préventive contre cette maladie. Or, dans le cadre de l'application de ce Décret Prescription Délivrance, ils sont pourtant bien présents les vétérinaires pour réaliser une visite annuelle des petits élevages et produire un Bilan Sanitaire Annuel, obligatoire pour la délivrance de tous les médicaments vétérinaires soumis à ordonnance. Ce que nous finançons là aussi à nos frais en tant que petits éleveurs. Si des flacons en 50 et 100 doses étaient justement prévus dans les dossiers d'homologation en cours, puisqu'il faut pouvoir assurer la traçabilité des destinataires avec des lots de vaccin numérotés pendant que la division de gros flacons de 1.000 doses est interdite ( le fractionnement du conditionnement primaire est prohibé ), nous pourrions pourtant tout à fait envisager que le vétérinaire présent venant faire le Bilan Sanitaire Annuel de l'Élevage, applique ou contrôle l'application de la vaccination annuelle grippe aviaire de tous les reproducteurs présents.
Gouvernants, éthiquement sur le fond, vous aurez désormais, c'est dans l'air de ce temps tragique où pour rester debout sous nos contrées aussi le devoir de vérité s'impose, de moins en moins d'excuses pour continuer ainsi pétris d'impunité indéfiniment de ne pas agir. Résolument, afin de mieux réguler et contrôler les conditions désastreuses d'homologation des vaccins aviaires. Vous êtes depuis longtemps maintenant totalement informés mais ne servez toujours que les mêmes cuisines, des intérêts particuliers qui imposent comme une formalité, dévoyée, détournée, leurs règles. Alors que pourtant, vous allez financer toutes ces bavures sur deniers publics. Vous ne faites aucun effort pour préserver la biodiversité domestique en volailles, au contraire vous êtes en train de tirer un trait définitif dessus, salissant par ailleurs la signature de la France dans ses engagements internationaux. Très forts nous sommes dans les discours d'exemplarité adressés au monde entier, minables nous restons quand à leur application sur notre propre territoire. Il n'y a plus de mots assez forts pour embrasser et bien décrire tous les contours de cette duperie supplémentaire ! Vous vous moquez de nous et de nos petits élevages fondamentaux pour la préservation de nos patrimoines avicoles vivants. C'est une impasse pour l'avenir.
La survenue de ces épidémies successives de grippe aviaire ces dernières années et la production nouvelle de vaccins adaptés aurait pourtant été l'occasion présente en connaissance de cause de vous ressaisir, de vous racheter. En rappelant fermement à la raison les laboratoires pour qu'ils déposent des dossiers de demande de mise en marché des vaccins grippe aviaire prévoyant, pour les conditionnements disponibles, des tailles, et des tarifs adaptés, à celles de toutes les structures d'élevage avicoles existantes. D'autant plus que nous sommes donc ici dans le cadre d'une maladie soumise à contrôle légal obligatoire et que c'est l'État qui va financer .... Vous ne l'avez donc pas fait, nous ne vous demandons pas le pourquoi des raisons de ce choix injuste socialement et incohérent sur le plan sanitaire, nous ne le savons que trop. C'est une incurie !
Nous continuerons donc ce combat juste et majeur jusqu'à sa résolution effective. En premier lieu en informant à nouveau tous les élus de la nation, afin qu'ils nous aident encore à mieux contrôler et rectifier tous ces fonctionnements honteux, c'est fort heureusement, notamment, leur rôle primordial. Les laboratoires vétérinaires pharmaceutiques devraient de toute urgence revoir et refaire leur copie, pour les dossiers de demande de mise en marché actuellement étudiés par l'ANMV.
Liberté, Égalité, Fraternité
Pour le Collectif Ruralité – Vaccins Volailles, Philippe CARASSOU éleveur amateur naisseur sélectionneur en race Marans, Champion de France et Double Champion d'Aquitaine, Animateur de la Pétition Vaccins Volailles, Président du Conservatoire Avicole du Bouaou.