Pour que l'état d'urgence sécuritaire soit déclaré à Mayotte

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Actuellement, notre pays et le reste du monde traversent une crise sanitaire et économique sans précédent suite à la propagation du Coronavirus (Covid-19). L’Île de Mayotte n’est pas épargnée, mais celle-ci présente la particularité de devoir faire face à une double vague épidémique.

En effet, l’île déjà durement touchée par une épidémie de Dengue (Depuis le début de l’année au 20 avril, on déplore 12 décès sur les 3 163 cas de dengue confirmés et diagnostiqués), voit le nombre de cas confirmés de coronavirus augmenter de jour en jour (739 cas au 05/05/20 et 9 décès). Les mesures annoncées par le Président de la République, Emmanuel MACRON, pour lutter contre le coronavirus, comme la fermeture des lieux recevant du public non indispensables et la limitation des déplacements, s'appliquent de plein droit à Mayotte, du moins en théorie.

Qu’en est-il en pratique ? Une minorité de la population s’applique à respecter ces mesures. Toutefois, un certain nombre de personnes refusent de respecter ces mesures sanitaires pour des raisons diverses (prières collectives, déplacements sans motifs valables...), et il reste que ces mesures sont difficilement applicables pour une autre partie de la population.

Il est de notoriété publique que 84 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, une grande partie vit dans des habitations informelles, insalubres, sans accès à l’eau courante, sans sanitaires, sans électricité et la forte densité de population ne permet pas de respecter une distanciation sociale. Pour cette partie de la population, la peur de la faim prévaut sur le coronavirus. La réponse inadaptée apportée à cette crise humanitaire a consisté en la distribution de colis alimentaires (quand d’autres collectivités ont fait le choix de la distribution de bon d’achat) en total méconnaissance des règles sanitaires et de distanciation sociale.

Le Président de la République a déclaré dans son allocution télévisée du 16 mars 2020 que « nous sommes en guerre sanitaire ». Force est de constater que depuis le début du ramadan, plusieurs combats de boxe sont organisés au vu et au su des autorités responsables du maintien de l’ordre (les combats sont diffusés en direct sur Facebook) et rassemblant une centaine de jeunes. Ces rassemblements n’arrangent rien à la situation sanitaire actuelle, et généralement, des scènes de violences urbaines et envers les forces de l’ordre venus les disperser s’en suivent, des scènes de pillage et de dégradations des biens publics et privés. Aujourd’hui, seul département ultramarin classé en rouge, Mayotte doit faire face à une crise sanitaire, humanitaire, économique, sociale, mais aussi SÉCURITAIRE.

Mayotte est confrontée à une crise sécuritaire majeure mêlant cambriolages, vols en bandes organisées, affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, routes barrées, trafics de migrants, violences urbaines et pillages... Cette insécurité persistante et grandissante constitue une source d’inquiétude aussi bien pour la population vivant sur l’île que pour les personnes vivant dans l’hexagone et qui ont leurs familles à Mayotte. On ne compte plus les manifestations contre les violences et l’insécurité qui gangrènent l’île depuis ces dix dernières années et visant à alerter le gouvernement sur la dégradation rapide de la situation. Les réponses apportées (quand il y en a eu) inadaptées aux spécificités de l’île n’ont jamais permis d’inverser la tendance.

Pour toutes ces raisons, nous demandons que l’état d’urgence sécuritaire soit déclaré à Mayotte conformément à l’article 1 de la Loi n° 55-385 du 3 avril 1955 relative à l'état d'urgence qui dispose que « L'état d'urgence peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain, des départements d'outre-mer [...] en cas de péril imminent résultant d'atteintes graves à l'ordre public [ ...] ».

Nous demandons le renforcement des mesures de luttes contre les violences urbaines, contre l’immigration clandestine qui constitue un facteur de déstabilisation du territoire, l’adaptation de l’arsenal judiciaire aux spécificités locales pour lutter contre la délinquance juvénile et le renforcement des effectifs permettant de garantir la sécurité des biens et des personnes en nombre suffisant afin de maintenir l'ordre public et garantir la sécurité publique.

Mayotte ne doit pas devenir une zone de non droit, un territoire liberticide où règne l’impunité totale.