"Pas En Mon Nom" : Non à l'ingérence de la France pour maintenir un autocrate au Tchad !


"Pas En Mon Nom" : Non à l'ingérence de la France pour maintenir un autocrate au Tchad !
Le problème
Monsieur le Président de la République,
Je suis un citoyen franco-tchadien résidant en France. Je fais partie de ceux que vous avez appelés la "chance de la République".
À travers cette pétition, je saisis "ma chance" de vous interpeller au sujet de l'actualité extrêmement préoccupante que vit actuellement le Tchad, mon pays.
Je suis né au Tchad dans les années 70. Au sortir de la guerre civile de 1979 à 1981, j’ai rejoint la France en 1982 pour des raisons sanitaires. J’ai pu y trouver la sécurité et bénéficier d'avantages dont est toujours privé en 2021 l'ensemble des Tchadiens.
Vous avez dit dans l'un de vos discours que les français issus de l'immigration sont une chance pour la République. Cette "chance" aurait pu être sollicitée et impliquée devant de cette situation complexe au Tchad.
Cette "chance" aurait pu être saisie pour instaurer un réel dialogue inclusif au Tchad et accompagner les efforts soutenus des personnalités progressistes et membres de la société civile qui oeuvrent activement pour une solution pacifique.
Lors de votre discours du 17 avril 2018 à Epinal vous disiez : « J’appartiens à une génération qui n’a pas connu la guerre et qui est en train de s’offrir le luxe d’oublier ce que les prédécesseurs ont vécu ».
Source (Actu.fr) : A Épinal, Emmanuel Macron défend sa vision d'une Europe "souveraine"
Pour ma part, je connais malheureusement, comme de nombreux Tchadiens, l'horreur de la guerre, ses stigmates et ses effets à long terme. C'est pourquoi je ne peux qu'être très inquiet des risques courus par les Tchadiens dans un avenir proche.
Il parait donc nécessaire que les citoyens français puissent exprimer leur profond désaccord quant à l'ingérence militaire de la France au Tchad mais aussi à la décision de légitimer un pouvoir autocratique une nouvelle fois imposé par le clan des Deby.
Aujourd'hui, suite au décès du maréchal Idriss Deby Itno, je constate que l'information diffusée aux Français rend hommage à la perte d'un "ami de la France ", d'un grand héros de guerre sans aucune considération pour la souffrance et la misère des tchadiens depuis plus de 30 ans.
Car en effet, le maréchal Idriss Deby était un autocrate et non un démocrate tel que l'a été le capitaine Thomas Sankara que vous avez cité à de multiples reprises.
Je suis fier d'être tchadien, je suis fier d'être français mais quand mon pays d'adoption, la France, soutient militairement un Conseil Militaire de Transition illégitime au Tchad, je dis :
"Pas En Mon Nom".
Quand la France soutient une autocratie sans tenir compte des intérêts supérieurs de la nation tchadienne et des volontés du peuple à disposer librement de son avenir, je vous dis haut et fort :
"Pas En Mon Nom"
En 2022, se dérouleront les élections présidentielles en France. Soyez assuré que j'appellerai les Franco-tchadiens, comme moi, à se préparer pour aller voter afin que l'on ne bafoue plus jamais une constitution africaine :
"En leurs noms".
POURQUOI CETTE PÉTITION ?
Je me permets d'écrire ici en France ce que des Tchadiens ne sont pas autorisés à écrire au Tchad. J'ai conscience d'avoir la "chance" de vivre dans une démocratie où mon point de vue peut être écouté, ma parole défendue et mon combat soutenu.
Je ne souhaite pas voir devant moi se dérouler un drame et d'avoir à me demander plus tard : "Et moi qu'ai-je fait ?".
Le Tchad souffre d'un manque cruel de visibilité à international, c'est pourquoi nous avons besoin de votre soutien pour :
- faire connaître les réalités auxquelles sont confrontés les tchadiens,
- ouvrir une ère démocratique, où les dirigeants œuvrent avant tout pour le bien de la nation et non de leur famille,
- ne pas permettre à la France de s’ingérer dans les affaires tchadiennes sans consultation des citoyens français,
- demander le respect des droits du peuple tchadien à s’autodéterminer,
demander à la France d'être un partenaire, un architecte de la Paix en favorisant un dialogue inclusif avec des autorités tchadiennes légales et portées par l'ensemble du peuple tchadien, - permettre au Tchad de devenir le pays de croissance (éducation, santé, probité des administrations, etc...) qu’il est destiné à être, bénéficier du soutien diplomatique de la France au profit d'une concorde qui seule permettra une réconciliation nationale durable.
Les Tchadiennes et Tchadiens ont besoin de votre soutien et que vous disiez "Pas En Mon Nom" en signant cette pétition et/ou en la diffusant avec le Hashtag #PEMN.
RAPPEL HISTORIQUE :
Le Tchad est méconnu par les français, alors qu'il s'est toujours engagé militairement auprès de la France.
Les Tchadiens ont fait partie des premiers combattants de la 1ère guerre mondiale notamment lors de la Grande Guerre au Cameroun (occupé par les troupes allemands).
Source (Centenaire.org) : Le Tchad et la Force Noire de l'Armée Française
Source (RFI Savoirs) : Grande Guerre : Le Tchad et le Cameroun
Les Tchadiens sous l'impulsion du Guyanais Félix Éboué sont les premiers à répondre à l'appel du général de Gaulle et à apporter à la France Libre sa première victoire à Koufra le 02 mars 1941 , sous le commandement du colonel Leclerc qui deviendra plus tard maréchal.
Après cette victoire de la France le général de Gaulle adresse à Leclerc un télégramme de félicitations : « les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse ».
Sur place sera prononcé un serment de Koufra : " jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg." (toujours visible place Broglie à Strasbourg)
Il sera tenu de la libération de Paris, jusqu'à la libération de Strasbourg le 23 novembre 1944 par la 2e division blindée qui deviendra le Régiment de Marche du Tchad (RMT).
À ce jour, le RMT fait toujours la fierté de l'armée française.
Source (France Bleu) : Libération de Strasbourg : 70 ans après, le drapeau tricolore flotte sur la cathédrale
Le Régiment de Marche du Tchad
Focus: le régiment de marche du Tchad (Alsace)
[Régiment de Marche du Tchad] Commémoration de Koufra - Mars 2013
AUJOURD'HUI :
Les militaires tchadiens ont toujours été réputés pour leur combativité.
C'est cette combativité qui a fait la légende militaire du maréchal Idriss Deby Itno à l'international même s'il n'est pas le premier ni le dernier stratège militaire que connaitra le Tchad.
Il s'est présenté comme étant le défenseur, le rempart des pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Cameroun, Nigeria, Tchad) face à Boko Haram.
Les soldats qu'il a envoyé au combat sont des mercenaires monnayables à prix d'or auprès des institutions internationales alors qu'ils reçoivent des salaires de misère (5% du SMIC) et subissent nombre de brimades loin des médias.
Solidaires en Afrique pour la sécurisation du Sahel, les Tchadiens sont venus au secours du Mali en 2012 lorsque le pays était en proie au chaos le plus total. Aujourd'hui ce sont les fils et filles du Tchad qui ont besoin de votre soutien.
Idriss Deby Itno ne peut être célébré comme un héros d'une libération qui n'a pu se réaliser qu'avec le sang versé par les fils du Tchad eux-mêmes.
Comme l'a dit Thomas Sankara : "un militaire sans formation politique, idéologique est un criminel en puissance."
Source (ONU) : Les Casques bleus tchadiens sauvent des vies au Mali
Source (France 24) : L’intervention militaire au Mali fait la fierté des Tchadiens
Les militaires tchadiens sont également aux côtés des Nigériens, Nigérians et Camerounais, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram et défendent l'intégrité de leurs frontières communes.
L’ÉMERGENCE D'UN TCHAD LIBRE FACE AU TCHAD DES DEBY :
Le 02 décembre 1990, Idriss Deby Itno prend le pouvoir au Tchad avec une ambition selon ses dires d’apporter aux Tchadiens la liberté et la paix. L’espoir naît pour un temps éphémère... Et les malheurs s'enchainent pour trois décennies...
Ainsi, :
- Lorsque en 2005 la constitution tchadienne a été modifiée pour permettre une réélection à Idriss Deby Itno, les tchadiens lui ont dit : "Pas En Mon Nom"
- Lorsque qu'après 5 mandats, 30 ans de gouvernance, Idriss Deby Itno décide de modifier la constitution et se présente pour briguer un 6ème mandat, les Tchadiens lui disent : “Pas En Mon Nom”
- Lorsqu'en février 2021, un opposant politique se fait attaquer dans sa maison avec un char de combat et que des membres de sa famille se font tuer y compris sa mère, les Tchadiens disent : “Pas En Mon Nom”
- Lorsque les partis d’opposition appellent à des manifestations pacifiques et qu’ils se font gazer, intimider, torturer, sans accès aux médias publics pour assurer leur campagne. Les Tchadiens disent : ”Pas En Mon Nom”
- Lorsque le jeu politique est faussé et qu’aucune liberté d’expression n’est permise pour une véritable alternance politique. Les Tchadiens disent : “Pas En Mon Nom”
2021, QUEL A ÉTÉ LE RÔLE DE LA FRANCE DANS LES AFFAIRES TCHADIENNES ?
Le Tchad est une base stratégique pour la France depuis l’indépendance du Tchad en 1960.
Source (La Libre Afrique) : Armée française au Tchad: une présence quasi-permanente depuis 1960
La position de la France est actuellement ambiguë avec de possibles velléités d'intervention militaire pour maintenir un clan Deby Itno honni par la majorité des tchadiens.
Les solutions de concorde pour une réconciliation nationale ne sont pas l'option qui a été retenue pour une sortie de crise politique au Tchad.
Jusqu'à maintenant, la France a défendu sans réserve un régime autocratique et violent qui ne correspond en rien aux valeurs de respect du droit humain prôné par celle-ci auprès de ses propres concitoyens.
Il y a déjà eu des précédents d'interventionnisme militaire de la France au Tchad ? :
- Oui, en 2008, la France était intervenue sur le territoire tchadien en s'interposant contre les forces rebelles, en tuant des Tchadiens ouvrant pour un Tchad Libre face au Tchad de Deby. “Pas En Mon Nom”
- Oui, en 2019, la France est une nouvelle fois intervenue en bombardant et tuant les forces rebelles composées de Tchadiens œuvrant pour un Tchad Libre face au Tchad de Deby. “Pas En Mon Nom”
En 2021, une nouvelle fois éreintés et découragés par l'autisme dictatorial d'Idriss Deby Itno, des forces rebelles composées de Tchadiens combattent pour l'émergence d'un Tchad Libre face au Tchad imposé depuis 30 ans par le clan des Deby Itno.
Ces forces rebelles du FACT (Front pour l'alternance et la concorde au Tchad) composées d'éléments uniquement tchadiens (et non terroristes ou djihadistes) ont pris le maquis tout comme les Français l'ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont dirigés par Mahamat Mahadi, ancien membre du parti socialiste français qui est parti en rébellion pour libérer le Tchad qu'il considère confisqué par le clan Deby Itno.
Source (Libération) : Mahamat Mahadi Ali, la rose et le glaive
LES CONSTATS DE LA DICTATURE D'IDRISS DEBY
Le 20 avril 2021, il décède avec décret de deuil national au Tchad et plusieurs autres pays.
Mais 30 ans plus tard, le constat est sans appel :
-
non accès à la santé,
-
non accès à une eau potable,
-
très faible accès à l'électricité,
-
coût prohibitif de l'internet et coupures des réseaux internet dans le but de limiter la libre circulation de l’information,
-
système éducatif en berne,
-
promotion systémique de l'incompétence,
-
corruption institutionnalisée, biens mal acquis au détriment des intérêts de l'Etat tchadien,
-
détournements massifs de fonds publics,
-
défaut de paiement des fonctionnaires...
-
népotisme, promotion du tribalisme,
-
viols et exécutions sommaires,
-
intimidation et assassinats des opposants politiques,
Idriss Deby Itno avait pour surnom "septembre noir" suite aux nombreux crimes perpétrés contre les citoyens tchadiens au Sud du pays. Sa mort lui évite la CPI (Cours Pénal International) au grand damne des victimes dont leur deuil reste en suspens.
Source (Jeune Tchad) : Idriss Deby alias "Septembre Noir" : un "tueur invétéré" contre les ''Sudistes''
Source (Jeune Tchad) : Idriss Déby Itno : « Je ne suis ni un tueur ni un dictateur »
Les entorses aux droits humains et à l’intégrité de la nation sont légions. Les Tchadiens connaissent les exactions de Idriss Deby Itno, en témoigne le boycott massif des dernières élections du 11 avril 2021 avec seulement 7% de participation faisant de lui le président tchadien le plus "mal élu".
Mais cette réalité, ces insultes à la fierté tchadienne, cette mise en dépendance vis-à-vis des puissances étrangères, cette incapacité à permettre au Tchad de devenir ce qu’il est destiné à être, tout ce désastre est savamment occulté afin de dépeindre l’image d’un président héros de guerre.
Le peuple tchadien a déjà fait part de son rejet total du Président Idriss Deby Itno, par des manifestations pacifiques, seule alternative à l’absence d’opposition politique réelle.
UN PRINTEMPS TCHADIEN ? QUELLES PERSPECTIVES ?
Si personne ne célébrera sa mort, il n’en demeure pas moins que ce décès doit permettre de nouvelles perspectives politique hors du système des Deby Itno :
- un multipartisme effectif,
- la fin de la “présidence intégrale” et la réintroduction d’une fonction de premier ministre,
- la création du Sénat prévu par la constitution,
- le retour de la confiance des tchadiens en leurs représentants politiques,
- émergence d'un Tchad inclusif pour tous les citoyens,
Mais dans les faits, Mahamat "Kaka" Idriss Deby, fils du défunt président, vient de dissoudre l’Assemblée nationale et de s’accaparer le pouvoir ; il s’agit purement et simplement d’un nouveau coup d’État, éloignant à nouveau les Tchadiens de la promesse d'une paix durable et leur permettant de se rêver comme une nouvelle nation unie.
Plutôt que de négocier avec le FACT, soutenu par une immense partie des Tchadiens, les derniers soutiens des Deby Itno ont préféré se recroqueviller dans N’djamena, en prenant les habitants de la ville de N'djaména en otage d'une guerre sanglante qui s'annonce.
Cette décision est en contradiction avec l'article 76 de la constitution tchadien qui je cite :
- En cas de vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit ou d'empêchement définitif constaté par la Cour suprême saisie le Conseil constitutionnel saisi par le Gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, les attributions du président de la République, à l'exception des pouvoirs prévus aux article 79, 82, 83 et 87, sont provisoirement exercées par le président du Sénat de l'Assemblée nationale et, en cas d'empêchement de ce dernier, par le premier vice-président du même Sénat de ladite Assemblée.
[Révision 2005.] - Dans tous les cas, il est procédé à des nouvelles élections présidentielles quarante-cinq jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après l'ouverture de la vacance.
Source (Source Digithèque MJP) : Constitution du 14 avril 1996 (version de 2005)
Le clan Deby Itno doit lâcher le pouvoir, honorer la constitution (qui oblige à remettre le pouvoir de transition au Président de l'Assemblée Nationale Tchadienne) et laisser les tchadiens choisir leur leader, signe d’une ère nouvelle, une ère démocratique.
LA FRANCE ET LE TCHAD AUJOURD'HUI ?
Vous m'avez profondément étonné et choqué en publiant le 20 avril 2021 le communiqué de presse suivant :
- Le Tchad perd un grand soldat et un président qui a œuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies.
- La France perd un ami courageux.
- La France se tient aux côtés du peuple tchadien dans cette épreuve.
- Elle exprime son ferme attachement à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Tchad.
- Elle prend acte de l’annonce par les autorités tchadiennes de la mise en place d’un conseil militaire de transition, organe chargé de conduire une transition politique d’une durée limitée.
- Elle souligne l’importance que la transition se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile, et permette le retour rapide à une gouvernance inclusive s’appuyant sur les institutions civiles.
Communiqué de presse Élysée : Décès du Président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno.
Lorsque vous dites la France donc vous parlez aussi des concitoyens il me semble. Donc je vous demande :
- De quelle stabilité de la région faites-vous allusion lorsque l'on sait que les rébellions, se sont succédées pendant trois décennies au Tchad sous la bienveillance de notre pays, la France,
- Alors donc, notre pays perd un "ami" ? Le Tchad se souviendra d'exactions, de brimades, de corruption, de meurtres et de disparitions d'opposants imputables à ce même "ami" de notre pays, la France,
- Vous dites que la France se tient aux côtés du peuple tchadien dans l'épreuve du décès d'un président qui les a opprimé mais quand est-ce que la France s'est-elle tenue aux côtés du peuple tchadien dans toutes les épreuves d'injustices vécues ces dernières années ?
- De quelle stabilité et intégrité du territoire parlons-nous lorsque notre pays, la France est le premier à intervenir dans un territoire souverain en bombardant des citoyens de ce pays qui sont sur leur propre territoire ?
- Notre pays, la France prend donc acte de l'annonce par les autorités tchadiennes de la mise en place d'un conseil militaire de transition ? Ainsi notre pays est en encore avec la prise de pouvoir par le fils d'un président décédé ? Notre pays est en accord avec la dissolution de l'Assemblée nationale tchadienne dont son président doit assurer du assurer l'intérim ? Nous validons donc officiellement avec le sceau de l'Élysée la prise de pouvoir par une junte militaire alors qu'en Birmanie nous condamnons fermement ce genre de procédé ?
- Notre pays souligne donc l’importance que la transition se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile, et permette le retour rapide à une gouvernance inclusive s’appuyant sur les institutions civiles ? Ce nouveau conseil présidé par le fils d'Idriss Deby Itno va donc réussir l'exploit d'un dialogue inclusif que son défunt père, "l'ami" de notre pays la France n'a pas réussi à faire depuis trois décennies ?
Ce communiqué avec ces déclarations que vous avez m'exprimé est loin de l'image du président de tous les Français : Vous "parlez en Notre Nom" malgré nous.
Je ne peux m'empêcher de penser à votre discours émancipateur de Ouagadougou, il me paraît bien évanescent et lointain en 2021 : "Je suis d’une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, quelles sont les règles de l’État de droit mais où partout on encouragera celles et ceux qui en Afrique veulent prendre leurs responsabilités, veulent faire souffler le vent de la liberté et de l’émancipation comme vous l’avez fait ici."
Vous paraphiez également l'illustre Thomas Sankara en disant : « Cet avenir que vous osez inventer »
Pour la jeunesse tchadienne, quelle est selon vous la place pour un avenir à inventer dans leur pays en 2021 ?
Discours de Ouagadougou, Emmanuel Macron, le 28 novembre 2017
La France va-t-elle bombarder le Tchad et envoyer ses troupes se battre contre des troupes tchadiennes ?
Une décision d'intervention militaire de la France ferait écho à cette vision de la France-Afrique qui appartient à une autre époque selon vos dires.
Vous avez d'ailleurs le député de Haute-Garonne Sébastien Nadot qui vous appelle à rendre des comptes au Parlement français et vous rappelle que :
- selon les termes de l’article 35, alinéa 2, de la Constitution française, que « le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention » et qu’il « précise les objectifs poursuivis. »
- La mise à l’écart du Parlement en matière d’engagement de nos forces armées n’a que trop duré.
- Elle n’est pas digne d’un État de droit démocratique qui se respecte.
- Je demande au Gouvernement français de respecter les termes de la Constitution et, par conséquent, de venir devant le Parlement expliquer l’action militaire de la France au Tchad.
Il en va du respect des citoyens français comme de celui de nos Armées et, à travers elles, de nos militaires.
Source (Guinée Matin) : Tchad : le Gouvernement français doit s’expliquer devant le Parlement
Ainsi des représentants de l'État français, que vous incarnez, ont prévu de se rendre dans une cérémonie pour les obsèques du maréchal Idriss Deby Itno. Ce déplacement officiel va légitimer le coup d'état politique du Conseil Militaire de Transition présidé par Mahamat "Kaka" Idriss Deby, fils de l'ancien président.
Le Tchad n'est pas une monarchie (le pouvoir ne se transmet pas par filiation) et on ne peut comprendre que notre pays sans consulter les représentants officiels des citoyens français mette le pays dans une positions honteuse et inadmissible.
En tant que citoyen français, je prie les représentants de mon pays, la France, de veiller à éviter les décisions prises pour que le Tchad ne vive les extrêmes qu'ont connu le Rwanda et la Libye.
Cette voie sur laquelle s'engage la France sera lourde de conséquence en terme de vies humaines et doit faire l'objet d'une demande de compte par les citoyens français qui aspirent à faire de notre pays une grande démocratie respectueuse des droits humains en France et au delà.
Cette pétition a été transmise au Président de la République Française et 154 de nos représentants politiques français que nous prenons à témoin.
Ainsi, il ne s'agira pas de dire que l'on n'était pas informé. Tout comme le colibri, nous avons tous notre part à faire. Nous invitons donc nos responsables politiques à faire leur part pour éviter à mon pays le Tchad de sombrer dans le chaos.
Nous invitons les 154 représentants politiques à qui est adressée cette pétition à se demander : "Et moi qu'ai-je fait ?"
Le problème
Monsieur le Président de la République,
Je suis un citoyen franco-tchadien résidant en France. Je fais partie de ceux que vous avez appelés la "chance de la République".
À travers cette pétition, je saisis "ma chance" de vous interpeller au sujet de l'actualité extrêmement préoccupante que vit actuellement le Tchad, mon pays.
Je suis né au Tchad dans les années 70. Au sortir de la guerre civile de 1979 à 1981, j’ai rejoint la France en 1982 pour des raisons sanitaires. J’ai pu y trouver la sécurité et bénéficier d'avantages dont est toujours privé en 2021 l'ensemble des Tchadiens.
Vous avez dit dans l'un de vos discours que les français issus de l'immigration sont une chance pour la République. Cette "chance" aurait pu être sollicitée et impliquée devant de cette situation complexe au Tchad.
Cette "chance" aurait pu être saisie pour instaurer un réel dialogue inclusif au Tchad et accompagner les efforts soutenus des personnalités progressistes et membres de la société civile qui oeuvrent activement pour une solution pacifique.
Lors de votre discours du 17 avril 2018 à Epinal vous disiez : « J’appartiens à une génération qui n’a pas connu la guerre et qui est en train de s’offrir le luxe d’oublier ce que les prédécesseurs ont vécu ».
Source (Actu.fr) : A Épinal, Emmanuel Macron défend sa vision d'une Europe "souveraine"
Pour ma part, je connais malheureusement, comme de nombreux Tchadiens, l'horreur de la guerre, ses stigmates et ses effets à long terme. C'est pourquoi je ne peux qu'être très inquiet des risques courus par les Tchadiens dans un avenir proche.
Il parait donc nécessaire que les citoyens français puissent exprimer leur profond désaccord quant à l'ingérence militaire de la France au Tchad mais aussi à la décision de légitimer un pouvoir autocratique une nouvelle fois imposé par le clan des Deby.
Aujourd'hui, suite au décès du maréchal Idriss Deby Itno, je constate que l'information diffusée aux Français rend hommage à la perte d'un "ami de la France ", d'un grand héros de guerre sans aucune considération pour la souffrance et la misère des tchadiens depuis plus de 30 ans.
Car en effet, le maréchal Idriss Deby était un autocrate et non un démocrate tel que l'a été le capitaine Thomas Sankara que vous avez cité à de multiples reprises.
Je suis fier d'être tchadien, je suis fier d'être français mais quand mon pays d'adoption, la France, soutient militairement un Conseil Militaire de Transition illégitime au Tchad, je dis :
"Pas En Mon Nom".
Quand la France soutient une autocratie sans tenir compte des intérêts supérieurs de la nation tchadienne et des volontés du peuple à disposer librement de son avenir, je vous dis haut et fort :
"Pas En Mon Nom"
En 2022, se dérouleront les élections présidentielles en France. Soyez assuré que j'appellerai les Franco-tchadiens, comme moi, à se préparer pour aller voter afin que l'on ne bafoue plus jamais une constitution africaine :
"En leurs noms".
POURQUOI CETTE PÉTITION ?
Je me permets d'écrire ici en France ce que des Tchadiens ne sont pas autorisés à écrire au Tchad. J'ai conscience d'avoir la "chance" de vivre dans une démocratie où mon point de vue peut être écouté, ma parole défendue et mon combat soutenu.
Je ne souhaite pas voir devant moi se dérouler un drame et d'avoir à me demander plus tard : "Et moi qu'ai-je fait ?".
Le Tchad souffre d'un manque cruel de visibilité à international, c'est pourquoi nous avons besoin de votre soutien pour :
- faire connaître les réalités auxquelles sont confrontés les tchadiens,
- ouvrir une ère démocratique, où les dirigeants œuvrent avant tout pour le bien de la nation et non de leur famille,
- ne pas permettre à la France de s’ingérer dans les affaires tchadiennes sans consultation des citoyens français,
- demander le respect des droits du peuple tchadien à s’autodéterminer,
demander à la France d'être un partenaire, un architecte de la Paix en favorisant un dialogue inclusif avec des autorités tchadiennes légales et portées par l'ensemble du peuple tchadien, - permettre au Tchad de devenir le pays de croissance (éducation, santé, probité des administrations, etc...) qu’il est destiné à être, bénéficier du soutien diplomatique de la France au profit d'une concorde qui seule permettra une réconciliation nationale durable.
Les Tchadiennes et Tchadiens ont besoin de votre soutien et que vous disiez "Pas En Mon Nom" en signant cette pétition et/ou en la diffusant avec le Hashtag #PEMN.
RAPPEL HISTORIQUE :
Le Tchad est méconnu par les français, alors qu'il s'est toujours engagé militairement auprès de la France.
Les Tchadiens ont fait partie des premiers combattants de la 1ère guerre mondiale notamment lors de la Grande Guerre au Cameroun (occupé par les troupes allemands).
Source (Centenaire.org) : Le Tchad et la Force Noire de l'Armée Française
Source (RFI Savoirs) : Grande Guerre : Le Tchad et le Cameroun
Les Tchadiens sous l'impulsion du Guyanais Félix Éboué sont les premiers à répondre à l'appel du général de Gaulle et à apporter à la France Libre sa première victoire à Koufra le 02 mars 1941 , sous le commandement du colonel Leclerc qui deviendra plus tard maréchal.
Après cette victoire de la France le général de Gaulle adresse à Leclerc un télégramme de félicitations : « les glorieuses troupes du Tchad et leur chef sont sur la route de la victoire. Je vous embrasse ».
Sur place sera prononcé un serment de Koufra : " jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg." (toujours visible place Broglie à Strasbourg)
Il sera tenu de la libération de Paris, jusqu'à la libération de Strasbourg le 23 novembre 1944 par la 2e division blindée qui deviendra le Régiment de Marche du Tchad (RMT).
À ce jour, le RMT fait toujours la fierté de l'armée française.
Source (France Bleu) : Libération de Strasbourg : 70 ans après, le drapeau tricolore flotte sur la cathédrale
Le Régiment de Marche du Tchad
Focus: le régiment de marche du Tchad (Alsace)
[Régiment de Marche du Tchad] Commémoration de Koufra - Mars 2013
AUJOURD'HUI :
Les militaires tchadiens ont toujours été réputés pour leur combativité.
C'est cette combativité qui a fait la légende militaire du maréchal Idriss Deby Itno à l'international même s'il n'est pas le premier ni le dernier stratège militaire que connaitra le Tchad.
Il s'est présenté comme étant le défenseur, le rempart des pays du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Cameroun, Nigeria, Tchad) face à Boko Haram.
Les soldats qu'il a envoyé au combat sont des mercenaires monnayables à prix d'or auprès des institutions internationales alors qu'ils reçoivent des salaires de misère (5% du SMIC) et subissent nombre de brimades loin des médias.
Solidaires en Afrique pour la sécurisation du Sahel, les Tchadiens sont venus au secours du Mali en 2012 lorsque le pays était en proie au chaos le plus total. Aujourd'hui ce sont les fils et filles du Tchad qui ont besoin de votre soutien.
Idriss Deby Itno ne peut être célébré comme un héros d'une libération qui n'a pu se réaliser qu'avec le sang versé par les fils du Tchad eux-mêmes.
Comme l'a dit Thomas Sankara : "un militaire sans formation politique, idéologique est un criminel en puissance."
Source (ONU) : Les Casques bleus tchadiens sauvent des vies au Mali
Source (France 24) : L’intervention militaire au Mali fait la fierté des Tchadiens
Les militaires tchadiens sont également aux côtés des Nigériens, Nigérians et Camerounais, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram et défendent l'intégrité de leurs frontières communes.
L’ÉMERGENCE D'UN TCHAD LIBRE FACE AU TCHAD DES DEBY :
Le 02 décembre 1990, Idriss Deby Itno prend le pouvoir au Tchad avec une ambition selon ses dires d’apporter aux Tchadiens la liberté et la paix. L’espoir naît pour un temps éphémère... Et les malheurs s'enchainent pour trois décennies...
Ainsi, :
- Lorsque en 2005 la constitution tchadienne a été modifiée pour permettre une réélection à Idriss Deby Itno, les tchadiens lui ont dit : "Pas En Mon Nom"
- Lorsque qu'après 5 mandats, 30 ans de gouvernance, Idriss Deby Itno décide de modifier la constitution et se présente pour briguer un 6ème mandat, les Tchadiens lui disent : “Pas En Mon Nom”
- Lorsqu'en février 2021, un opposant politique se fait attaquer dans sa maison avec un char de combat et que des membres de sa famille se font tuer y compris sa mère, les Tchadiens disent : “Pas En Mon Nom”
- Lorsque les partis d’opposition appellent à des manifestations pacifiques et qu’ils se font gazer, intimider, torturer, sans accès aux médias publics pour assurer leur campagne. Les Tchadiens disent : ”Pas En Mon Nom”
- Lorsque le jeu politique est faussé et qu’aucune liberté d’expression n’est permise pour une véritable alternance politique. Les Tchadiens disent : “Pas En Mon Nom”
2021, QUEL A ÉTÉ LE RÔLE DE LA FRANCE DANS LES AFFAIRES TCHADIENNES ?
Le Tchad est une base stratégique pour la France depuis l’indépendance du Tchad en 1960.
Source (La Libre Afrique) : Armée française au Tchad: une présence quasi-permanente depuis 1960
La position de la France est actuellement ambiguë avec de possibles velléités d'intervention militaire pour maintenir un clan Deby Itno honni par la majorité des tchadiens.
Les solutions de concorde pour une réconciliation nationale ne sont pas l'option qui a été retenue pour une sortie de crise politique au Tchad.
Jusqu'à maintenant, la France a défendu sans réserve un régime autocratique et violent qui ne correspond en rien aux valeurs de respect du droit humain prôné par celle-ci auprès de ses propres concitoyens.
Il y a déjà eu des précédents d'interventionnisme militaire de la France au Tchad ? :
- Oui, en 2008, la France était intervenue sur le territoire tchadien en s'interposant contre les forces rebelles, en tuant des Tchadiens ouvrant pour un Tchad Libre face au Tchad de Deby. “Pas En Mon Nom”
- Oui, en 2019, la France est une nouvelle fois intervenue en bombardant et tuant les forces rebelles composées de Tchadiens œuvrant pour un Tchad Libre face au Tchad de Deby. “Pas En Mon Nom”
En 2021, une nouvelle fois éreintés et découragés par l'autisme dictatorial d'Idriss Deby Itno, des forces rebelles composées de Tchadiens combattent pour l'émergence d'un Tchad Libre face au Tchad imposé depuis 30 ans par le clan des Deby Itno.
Ces forces rebelles du FACT (Front pour l'alternance et la concorde au Tchad) composées d'éléments uniquement tchadiens (et non terroristes ou djihadistes) ont pris le maquis tout comme les Français l'ont fait pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils sont dirigés par Mahamat Mahadi, ancien membre du parti socialiste français qui est parti en rébellion pour libérer le Tchad qu'il considère confisqué par le clan Deby Itno.
Source (Libération) : Mahamat Mahadi Ali, la rose et le glaive
LES CONSTATS DE LA DICTATURE D'IDRISS DEBY
Le 20 avril 2021, il décède avec décret de deuil national au Tchad et plusieurs autres pays.
Mais 30 ans plus tard, le constat est sans appel :
-
non accès à la santé,
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non accès à une eau potable,
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très faible accès à l'électricité,
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coût prohibitif de l'internet et coupures des réseaux internet dans le but de limiter la libre circulation de l’information,
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système éducatif en berne,
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promotion systémique de l'incompétence,
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corruption institutionnalisée, biens mal acquis au détriment des intérêts de l'Etat tchadien,
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détournements massifs de fonds publics,
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défaut de paiement des fonctionnaires...
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népotisme, promotion du tribalisme,
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viols et exécutions sommaires,
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intimidation et assassinats des opposants politiques,
Idriss Deby Itno avait pour surnom "septembre noir" suite aux nombreux crimes perpétrés contre les citoyens tchadiens au Sud du pays. Sa mort lui évite la CPI (Cours Pénal International) au grand damne des victimes dont leur deuil reste en suspens.
Source (Jeune Tchad) : Idriss Deby alias "Septembre Noir" : un "tueur invétéré" contre les ''Sudistes''
Source (Jeune Tchad) : Idriss Déby Itno : « Je ne suis ni un tueur ni un dictateur »
Les entorses aux droits humains et à l’intégrité de la nation sont légions. Les Tchadiens connaissent les exactions de Idriss Deby Itno, en témoigne le boycott massif des dernières élections du 11 avril 2021 avec seulement 7% de participation faisant de lui le président tchadien le plus "mal élu".
Mais cette réalité, ces insultes à la fierté tchadienne, cette mise en dépendance vis-à-vis des puissances étrangères, cette incapacité à permettre au Tchad de devenir ce qu’il est destiné à être, tout ce désastre est savamment occulté afin de dépeindre l’image d’un président héros de guerre.
Le peuple tchadien a déjà fait part de son rejet total du Président Idriss Deby Itno, par des manifestations pacifiques, seule alternative à l’absence d’opposition politique réelle.
UN PRINTEMPS TCHADIEN ? QUELLES PERSPECTIVES ?
Si personne ne célébrera sa mort, il n’en demeure pas moins que ce décès doit permettre de nouvelles perspectives politique hors du système des Deby Itno :
- un multipartisme effectif,
- la fin de la “présidence intégrale” et la réintroduction d’une fonction de premier ministre,
- la création du Sénat prévu par la constitution,
- le retour de la confiance des tchadiens en leurs représentants politiques,
- émergence d'un Tchad inclusif pour tous les citoyens,
Mais dans les faits, Mahamat "Kaka" Idriss Deby, fils du défunt président, vient de dissoudre l’Assemblée nationale et de s’accaparer le pouvoir ; il s’agit purement et simplement d’un nouveau coup d’État, éloignant à nouveau les Tchadiens de la promesse d'une paix durable et leur permettant de se rêver comme une nouvelle nation unie.
Plutôt que de négocier avec le FACT, soutenu par une immense partie des Tchadiens, les derniers soutiens des Deby Itno ont préféré se recroqueviller dans N’djamena, en prenant les habitants de la ville de N'djaména en otage d'une guerre sanglante qui s'annonce.
Cette décision est en contradiction avec l'article 76 de la constitution tchadien qui je cite :
- En cas de vacance de la présidence de la République pour quelque cause que ce soit ou d'empêchement définitif constaté par la Cour suprême saisie le Conseil constitutionnel saisi par le Gouvernement et statuant à la majorité absolue de ses membres, les attributions du président de la République, à l'exception des pouvoirs prévus aux article 79, 82, 83 et 87, sont provisoirement exercées par le président du Sénat de l'Assemblée nationale et, en cas d'empêchement de ce dernier, par le premier vice-président du même Sénat de ladite Assemblée.
[Révision 2005.] - Dans tous les cas, il est procédé à des nouvelles élections présidentielles quarante-cinq jours au moins et quatre-vingt-dix jours au plus après l'ouverture de la vacance.
Source (Source Digithèque MJP) : Constitution du 14 avril 1996 (version de 2005)
Le clan Deby Itno doit lâcher le pouvoir, honorer la constitution (qui oblige à remettre le pouvoir de transition au Président de l'Assemblée Nationale Tchadienne) et laisser les tchadiens choisir leur leader, signe d’une ère nouvelle, une ère démocratique.
LA FRANCE ET LE TCHAD AUJOURD'HUI ?
Vous m'avez profondément étonné et choqué en publiant le 20 avril 2021 le communiqué de presse suivant :
- Le Tchad perd un grand soldat et un président qui a œuvré sans relâche pour la sécurité du pays et la stabilité de la région durant trois décennies.
- La France perd un ami courageux.
- La France se tient aux côtés du peuple tchadien dans cette épreuve.
- Elle exprime son ferme attachement à la stabilité et à l’intégrité territoriale du Tchad.
- Elle prend acte de l’annonce par les autorités tchadiennes de la mise en place d’un conseil militaire de transition, organe chargé de conduire une transition politique d’une durée limitée.
- Elle souligne l’importance que la transition se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile, et permette le retour rapide à une gouvernance inclusive s’appuyant sur les institutions civiles.
Communiqué de presse Élysée : Décès du Président de la République du Tchad, Idriss Déby Itno.
Lorsque vous dites la France donc vous parlez aussi des concitoyens il me semble. Donc je vous demande :
- De quelle stabilité de la région faites-vous allusion lorsque l'on sait que les rébellions, se sont succédées pendant trois décennies au Tchad sous la bienveillance de notre pays, la France,
- Alors donc, notre pays perd un "ami" ? Le Tchad se souviendra d'exactions, de brimades, de corruption, de meurtres et de disparitions d'opposants imputables à ce même "ami" de notre pays, la France,
- Vous dites que la France se tient aux côtés du peuple tchadien dans l'épreuve du décès d'un président qui les a opprimé mais quand est-ce que la France s'est-elle tenue aux côtés du peuple tchadien dans toutes les épreuves d'injustices vécues ces dernières années ?
- De quelle stabilité et intégrité du territoire parlons-nous lorsque notre pays, la France est le premier à intervenir dans un territoire souverain en bombardant des citoyens de ce pays qui sont sur leur propre territoire ?
- Notre pays, la France prend donc acte de l'annonce par les autorités tchadiennes de la mise en place d'un conseil militaire de transition ? Ainsi notre pays est en encore avec la prise de pouvoir par le fils d'un président décédé ? Notre pays est en accord avec la dissolution de l'Assemblée nationale tchadienne dont son président doit assurer du assurer l'intérim ? Nous validons donc officiellement avec le sceau de l'Élysée la prise de pouvoir par une junte militaire alors qu'en Birmanie nous condamnons fermement ce genre de procédé ?
- Notre pays souligne donc l’importance que la transition se déroule dans des conditions pacifiques, dans un esprit de dialogue avec tous les acteurs politiques et de la société civile, et permette le retour rapide à une gouvernance inclusive s’appuyant sur les institutions civiles ? Ce nouveau conseil présidé par le fils d'Idriss Deby Itno va donc réussir l'exploit d'un dialogue inclusif que son défunt père, "l'ami" de notre pays la France n'a pas réussi à faire depuis trois décennies ?
Ce communiqué avec ces déclarations que vous avez m'exprimé est loin de l'image du président de tous les Français : Vous "parlez en Notre Nom" malgré nous.
Je ne peux m'empêcher de penser à votre discours émancipateur de Ouagadougou, il me paraît bien évanescent et lointain en 2021 : "Je suis d’une génération où on ne vient pas dire à l’Afrique ce qu’elle doit faire, quelles sont les règles de l’État de droit mais où partout on encouragera celles et ceux qui en Afrique veulent prendre leurs responsabilités, veulent faire souffler le vent de la liberté et de l’émancipation comme vous l’avez fait ici."
Vous paraphiez également l'illustre Thomas Sankara en disant : « Cet avenir que vous osez inventer »
Pour la jeunesse tchadienne, quelle est selon vous la place pour un avenir à inventer dans leur pays en 2021 ?
Discours de Ouagadougou, Emmanuel Macron, le 28 novembre 2017
La France va-t-elle bombarder le Tchad et envoyer ses troupes se battre contre des troupes tchadiennes ?
Une décision d'intervention militaire de la France ferait écho à cette vision de la France-Afrique qui appartient à une autre époque selon vos dires.
Vous avez d'ailleurs le député de Haute-Garonne Sébastien Nadot qui vous appelle à rendre des comptes au Parlement français et vous rappelle que :
- selon les termes de l’article 35, alinéa 2, de la Constitution française, que « le Gouvernement informe le Parlement de sa décision de faire intervenir les forces armées à l'étranger, au plus tard trois jours après le début de l'intervention » et qu’il « précise les objectifs poursuivis. »
- La mise à l’écart du Parlement en matière d’engagement de nos forces armées n’a que trop duré.
- Elle n’est pas digne d’un État de droit démocratique qui se respecte.
- Je demande au Gouvernement français de respecter les termes de la Constitution et, par conséquent, de venir devant le Parlement expliquer l’action militaire de la France au Tchad.
Il en va du respect des citoyens français comme de celui de nos Armées et, à travers elles, de nos militaires.
Source (Guinée Matin) : Tchad : le Gouvernement français doit s’expliquer devant le Parlement
Ainsi des représentants de l'État français, que vous incarnez, ont prévu de se rendre dans une cérémonie pour les obsèques du maréchal Idriss Deby Itno. Ce déplacement officiel va légitimer le coup d'état politique du Conseil Militaire de Transition présidé par Mahamat "Kaka" Idriss Deby, fils de l'ancien président.
Le Tchad n'est pas une monarchie (le pouvoir ne se transmet pas par filiation) et on ne peut comprendre que notre pays sans consulter les représentants officiels des citoyens français mette le pays dans une positions honteuse et inadmissible.
En tant que citoyen français, je prie les représentants de mon pays, la France, de veiller à éviter les décisions prises pour que le Tchad ne vive les extrêmes qu'ont connu le Rwanda et la Libye.
Cette voie sur laquelle s'engage la France sera lourde de conséquence en terme de vies humaines et doit faire l'objet d'une demande de compte par les citoyens français qui aspirent à faire de notre pays une grande démocratie respectueuse des droits humains en France et au delà.
Cette pétition a été transmise au Président de la République Française et 154 de nos représentants politiques français que nous prenons à témoin.
Ainsi, il ne s'agira pas de dire que l'on n'était pas informé. Tout comme le colibri, nous avons tous notre part à faire. Nous invitons donc nos responsables politiques à faire leur part pour éviter à mon pays le Tchad de sombrer dans le chaos.
Nous invitons les 154 représentants politiques à qui est adressée cette pétition à se demander : "Et moi qu'ai-je fait ?"
Pétition fermée
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Pétition lancée le 19 avril 2021